Band 
Tome quatorzième.
Seite
473
JPEG-Download
 

F T C?

faction deSressorts qu’elles renferment, re-çoivent d’eux leurs formes 8t leurs mouve-mens ; ce qui nous fait naturellement remon-ter aux lumières anatomiques , qui doiventéclairer les artistes.

C’est fans doute ici la place d’insister furla néceíïìté dont l'anatomie est à la peinture.Comment imiter avec précision, dans tousfes mouvemens combinés, une figure mo-bile , fans avoir une idée juste des ressortsqui la font agir ? est ce par l’inípection réi-térée de fes parties extérieures ? Il faut doncsupposer la possibilité d'avoir continuelle-ment fous les yeux cette figure , dans quel-que attitude qulon la dessine. Cette supposi-tion n’est-elle pas absurde ? Mais je supposequ’elle ne le soit pas. Ne fera-ce pas encoreen tâtonnant 8c par hasard , qu’on imiteracette correspondance précise des mouvemensde tous les membres 8c de toutes les partiesde ces membres, qui varie aumoindre chan-gement des attitudes de l’homme ? Quelaveuglement de préférer cette route incer-taine à la connoiflance aisée des parties del’anatomie qui ont rapport aux objets limi-tation dans lesquelles fe renferme la pein-ture ! Que ceux à qui la paresse , le manquede courage , ou le peu de connoiflance deletendtie de leur art, font regarder l’anato-mie comme peu nécessaire , restent doncdans l’aveuglement dont les frappe leur igno-rance ; & que ceux qui ambitionnent lesuccès, aspirent non - feulement â réussir ,mais à savoir pourquoi 8c comment ils ontréussi.

Non-íeulement il est inutile, mais il feroitmême ridicule à l’artiste qui veut posséderson art, de chercher par l’étude de l’anato-mie à découvrir ces premiers agens imper-ceptibles , qui forment la correspondancedes parties matérielles avec les spirituelles.Ce n’est pas non plus à acquérir i’adreífe 8cl’habitude de démêler , le scalpel à la main,toutes les différentes substances dont noussommes composés , qu’il doit employer untemps précieux. Une connoiflance abrégéede la structure du squelette dc l’homme : uneétude un peu plus approfondie fur les mus-cles qui couvrent les os , & qui obligent lapeau qu’ils soutiennent à fléchir , à fe gon-fler , ou à s’étendre : voila ce que l’anatomieoffre de nécessaire aux artistes pour guiderTome XI F.

F 1 G 47?

leurs travaux; Est-ce de quoi les rebutes ; &quelques semaines d’étude, quelques instansde réflexion , feront-ellés acheter trop-cherdes connoissances nécessaires ;

La figure , après avoir dévoilé au peintreles principes de fa conformation intérieurepar la démonstration des os Z après lui avoirdécouvert les ressorts qui opèrent fes mou-vemens , a le droit d’exiger de l’artiste qu’ildérobe aux yeux des spectateurs dans les ou-vrages qu’il compose , une partie des secretsqui viennent de lui être révélés. Une mem-brane souple 8c sensible quqvoile 8c défendnos ressorts , est l’enveloppe , tout à la foisnécessaire & agréable , qui adoucir l’effetdes muscles, 8c d’où naissent les grâces desmouvemens. Plus le sculpteur 8c le peintreauront profondément étudié l’intérieur dela figure , plus ils doivent d’attcntion à nepas fe parer indiscrètement de leurs connoiC-fonces •, plus ils doivent de soin à imiter l’a-dresse'que la nature emploie à cacher ssonméchanifme. L'extérieur de b. figure est unobjet d’étudé d’autant plus essentiel à l’ar-tiste , que c’est par cetté voie principalementqu’il prétend aUx succès ; contours nobles &mâles , fans être grossiers ou exagérés , quenotre imagination exige dans l’image deshéros ; ensemble doux , flexible 8c plein degrâces, qui nous plaît 8c nous touche dansles femmes ; incertitude de formes dont l’im-perfection fait les agrémens de l’enfance ;caractère délicat & svelte , qui , dans lajeunesse de l’un 8c de l’autre sexe , rend lesarticulations à peu près semblables. Voilàles apparences charmantes fous lesquelles lanature aussi agréable qu'elle est savante, ca-che ces os dont l’idée nous rappelle l’imagede notre destruction , 8c ces muscles dontles développemens 8c la complication vien-nent peut-être d’effrayer le lecteur.

Les attitudes que font prendre à la figurehumaine fes besoins, fes sensations , ses pas-sions & les mouvemens -involontaires quil’agitent, diminuent ou augmentent les grâ-ces dont fa construction la rend susceptible.J’aurois pu ajouter la mode, car elle établiedes conventions d’attitudês, de parures 8cde formes, qui contrediíent souvent la na-ture , 8c qui en la déguisant, égarent lesartistes, dont le but est de l’imiter : maisces réflexions que j’indique me conduiroient

O o o