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Tome quatorzième.
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mens de tout bois& de toute, matière. Enfinles mêmes flûtes avoient différens noms chezdivers peuples. Par exemple , la flûte courbede Phrygie étoit la même que le tityrion desGrecs d’ítalie , ou que le pheution des Egyp-tiens , qu’on appelloit auílî monaule.

Les flûtes courbes font au rang des plusanciennes ; telles font celles de la table d'Iíis :la gyngrine lugubre ou la phénicienne ,longue d’une palme mesurée dans toute sonétendue , étoient encore de ce genre. Parmiles flûtes moyennes , Aristide le musicienmet la pythique Sc ïes flûtes de chœur. Pau-fanias parle des/?nresargiennes& béotiennes.Il est encore fait mention dans quelquesauteurs de h. flûte hermiope , qu’Anacréonappelle tendre ; de la lysiade > de la cythanf-trie ; des flûtes précentoriennes , coryn-thiennes, égyptiennes, virginales, milvines,Sc de tant d’autres dont nous ne pouvonsnous former d’idée juste , Sc qu il faudroitavoir vues pour en parler pertinemment.On fait que M. le Fevre désespérant d’y riendébrouiller, couronna fes veilles péniblesfur cette matière , par foire des vers latinspour louer Minerve de ce qu’elle avoir jetéla. flûte dans l’eau, Sc pour maudire ceux quil’en avoir retirée.

Mais loin d'imiter M. le Fevre, je croisqu’on doit au moins tâcher d'expliquer ceque les anciens enrendoient par les flûteségales Sc inégales, \es flûtes droites Sc gau-ches , les flûtes fortunes , ' phrygiennes , ly-diennes , tibice pares fl impares , tibice dextreefl finijìrœ , tibice farranœ , phrygice, lydicte ,ôcc. dont il est souvent foit mention dans lescomiques, parce que la connaissance de cepoint de littérature est nécessaire pour enten-dre les titres des pieces dramatiques qui fejouoient à Rome. Voici donc ce qu’on a ditpeut-être de plus vraisemblable Sc de plusingénieux pour éclaircir ce point d’antiquité.

Dans les comédies romaines qu’on repré-sentoit fur le théâtre public, les joueurs deflûte jouoient toujours de deux flûtes à la fois.Celle qu’ils touchaient de la main droite ,étoit appellée droite par cette raison ; Sc cellequ’ils to.uchoient de la gauche, étoit appelléegauche par conséquent. La premiere n’avoitque peu de trous , Sc rendait un son grave ;la gauche en a voie plusieurs , Sc r en doit un

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son plus clair & plus aigu. Quand les musi-ciens jouoient de ces deux flûtes de différentson, on difoitque la piece avoir été jouéetibiis imparibus -, avec \es flûtes inégales ; ou: tibiis dextris fl Jìnijlris, avec les flûtes droites& gauches : & quand ils jouoient de deuxflûtes de même son , de deux droites ou dedeux gauches comme cela arrivoit souvent,on diloit que la piece avoir été jouée tibiisparibus dextris , avec des flûtes égales droites,si c’étoit avec celles du son grave ; ou tibiisparibus jìnijlris , avec des flûtes égales gau-ches , lì c’étoit avec des flûtes de son aigu.

Une même piece n’étoitpas toujours jouéeavec les mêmes flûtes , ni avec les mêmesmodes ; cela changeoit fort souvent. Il arri-voit peut-être aussi que ce changement fefoisoit quelquefois dans la même représenta-tion , & qu’à chaque intermède on chan-geoit de flûte ; qu’à l’un on prenoit \ei flûtesdroites , Sc à l’autre les gauches successive-ment. Donat prétend que quand le sujet dela piece étoit grave Sc sérieux , on ne se fer-voit que des flûtes égales droites , que l’onappelloit aussi lydiennes , & qui avoient leson grave ; que quand le sujet étoit fort en-joué , on ne fe fervoit que des flûtes égalesgauches , qui étoient appellées tyriennes onfarranes , qui avoient le son aigu , Sc parconséquent plus propre à la joie ; enfin quequand le sujet étoit mêlé de l’en joué Sc duferieux , on prenoit ìtsflûtes inégales, c’est-à-dire la droite Sc la gauche , qu’on nom-moit phrygiennes.

Madame Dacier est au contraire persuadéeque ce n’écoit point du tout le sujet despieces qui régloit la musique dans i’occasionoù elles étoient représentées. En effet, ilauroit été impertinent qu’une piece faite pourhonorer des funérailles, eut eu une musiqueenjouée ; c'est pourquoi quand les Adelphesde Térence furent joués la premiere fois, ilsle furent tibiis lydiis , avec les flûtes lydien-nes , c’est-à-dire avec deux flûtes droites ; Scquand ils furent joués pour des occasions dejoie Sc de divertissement, ce for tibiis far -ranis , avec les deux flûtes gauches. Ainsiquand une piece étoir jouée pendant lesgrandes fêtes, comme la joie Sc la religions’y trouvoient mêlées , c’étoit ordinairementavec les flûtes inégales ; ou une fois avec

deux