Band 
Tome quatorzième.
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deux droites, & ensuite avec deux gauches,ou bien en les prenant alternativement àchaque intermède.

Au reste , ceux qui jouoient de k flûtepour le théâtre se mtttoient autour de kbouche une espece de ligature ou bandagecomposé de plulìeurs courroies qu ils lioientderritre la tête asin que leurs joues ne pa-russent pas enflées , & qu'ils puflent mieuxgouverner leur haleine , Sc la rendre plusdouce. C’est cette ligature que les Grecsappelaient -x-L-i-k ; Sophocle en parle ,quand il dit :

$v<rx yxp J, <rfj.tytpOí<rtv ctv'hlcx.oiç tri,

*AâX* ccypîxtç (pvjxttri Çcpoíix; oirzp .

« Il ne souffle plus dans de petites flûtes ,mais dans des soufflets épouvantables 3 &/ans bandage». Ce que Cicéron appliqueheureusement à Pompée , pour marquerqu’il ne gardoit plus de mesures, 8c qu’il neíongeoit plus à modérer soir ambition. Il estparlé du bandage (pof&ix , autrement appelé■ziptïïtxKv dans Plutarque, dans le schoíiasted’Aristophane & ailleurs ; & l'on en volt lafigure fur quelques anciens monumens.

La flûte n’étoit pas bornée au seul théâtre,elle entroit dans la plupart des autres spec-tacles , & des cérémonies publiques greques&c romaines ; dans celles des noces , desexpiations , des sacrifices & sur-tout danscelles des funérailles. Accoutumée de touttemps aux sanglots de ces femmes gagéesqui possédaient sart de pleurer fans afflic-tion , elle ne pouvoit manquer de former laprincipale musique des pompes funèbres. Acelle du jeune Archémore fils de Lycurgue,c est la flûte qui donne le signal, Sc ce tondes lamentations. Dans les fêtes d'Adonison se servoit aussi de la flûte , & l’on yajoutoit ces mots lugubres, «ì, «ì tsv ;hélas j hélas , Adonis / mots qui convenoientparfaitement à la tristesse de ces fêtes.

Les romains, en vertu d’une loi très-ancienne , Sc que Cicéron nous a conser-vée , employèrent la flûte au même usage.Elle se faisoic entendre dans les pompes funè-bres des empereurs, des grands, 5c des par-ticuliers de quelque âge 5c de quelque qua-lité qu’ils sussent ; car dans toutes leurs funé-railles^ on chantait de ces chants lugubresappelés noemas , qui demandoient néces-

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sûrement l’accompagnement des flûtes ;c’est encore par la même raison qu’on disoiten proverbe , jam licet ad tibicines mittas ,envoyez chercher les joueurs de flûte, pourmarquer qu’un malade étoit désespéré, Scqu’il n’avoit plus qu’un moment à vivre ;expression proverbiale , que Circé emploieastez plaisamment dans les reproches qu’ellefait à Polyenos fur son impuissance.

Puisque la flûte servoit à des cérémoniesde différente nature, il falloir bien qu’oneût trouvé l’art d’en ajuster les sons à cesdiverses cérémonies, 8c cet art fut imaginéde très-bonne heure. Nous lisons dans Plu-tarque que Clouas est le premier auteur desnomes ou des airs de flûte « Les principauxqu’il inventa , & qui furent extrêmementperfectionnés après lui, font l’apothétos, leíchoénion , le trimeiès , l’élégiaque , le co-marchios , le cépionien , 5c le déios. Expli-quons tous ces mots énigmatiques, oisontrouve si souvent dans les anciens auteurs.

L’air apothétos étoit un air majestueux ,réservé pour les grandes fêtes & les cérémo-nies d éclat.

L’air fchoénìon , dont Pollux & Hésychiusparlent beaucoup, devoit ce nom au carac-tère de musique & de poésie , dans lequel ilétoit composé ; caractère qui, selon Casau-bon , avoir quelque chose de mou , de fle-xible , & pour ainsi dire d’efféminé.

L’air trimeiès étoit partagé en trois stro-phes ou couplets : la premiere strophe fejouoit fur le mode dorien ; la seconde furle phrygien ; la troisième fur le lydien, Scc’est de ces trois changemens de modes quecet air droit son nom, comme qui d.roitair à trois modes : c'est à quoi répondrokprécisément dans notre musique un air àtrois couplets, dont le premier seroit com-posé en c fol ut , le second en d la ré, letroisième en e fi mi.

L’air élégiaque ou plaintif s’entend astez.

L’air comarchios ou bacchique avoir le pre-miers rang parmi ceux que l’on jouoit dansles festins 5c dans les assemblées de débau-ches , auxquellcs présidait le dieu Cornus.

L’air cépion empruntait son nom de sonauteur , éleve de Terpandre , qui s’étoitsignalé d-ins les airs pour la flûte Sc pour kcithare ; mais on ignore quel étoit le carac-tère ái&inctif de l’air cépionien.

Pppp