Band 
Tome quatorzième.
Seite
692
JPEG-Download
 

692 F L U

“Si la terre ceíloit, dic-it, d’attirer ses 1„ eaux vers ellc-mème, toutes celles de j,, l’Ocean s’éléveroient vers la lune ; car íj, la sphere de l’attraction de la lune s’é- <„ tend vers notre terre, & en attire les >„ eaux

C’est ainíî que penfoit ce grand astrono-me dans son introd. ad theor. marit. Sc cesoupçon , car ce n’étoit alors rien de plus,se trouve aujourd'hui vérifié Sc démontré ;par la théorie suivante, déduite des prin-cipes de Newton.

Théorie des marées. La surface de la ter-re Sc de la mer est sphérique , ou dumoins étant à-peu-près sphérique, peutêtre ici regardée comme telle. Cela posé ;si Ion imagine que la lune A ( Planchegéographique , Jig. 6. ) est au-delsus de quel-que partie de la surface de la mer , com-me E , il est évident que seau E étantle plus près de la lune, pèsera vers elleplus que ne sisit aucune autre partie de laterre & de la mer, dans tout l’hémisphe-re F EH.

Par conséquent seau en E doit s’éleververs la lune, Sc la mer doit s’enfler en E.

Par la même raison; Peau en G étantla plus éloignée de la lune, doit peser moinsvers cette planète que ne fait aucune autrepartie de la terre ou de la mer dans l’hé-misphere FG H.

Par conséquent Peau de cet endroit doitmoins Rapprocher de la lune que touteautre partie du globe terrestre ; c’est-à-direqu’elle doit s’élever du coté opposé com-me étant plus légére, Sc par conséquentelle doit s’enfler en G.

Par ces moyens , la surface de l’oceandoit prendre neceilairement une figure ova-le dont le plus long diamètre est £ G, Scle plus court E H ; de forte que la lune ve-nant à changer fa position dans son mou-vement diurne autour de la terre, cettefigure ovale de Peau doit changer avecelle, Sc c’est-là ce qui produit ces deuxflux ù reflux que l’on remarque toutes lesvingt-cinq heures.

Telle est d’abord en général, & pourainsi dire en gros, l’explication du flux ùreflux. Mais pour faire entendre fans figu-re , par le seul raisonnement, Sc d unemaniéré encore plus précise, la cause de

F L U

l’élévation des eaux en G Sc en E, ima-ginons que la lune soit en repos , & quela terre soit un globe solide en repos,couvert jusqu’à telle hauteur qu’on vou-dra d’un fluide homogène, rare, & sansressort, dont la surface soit sphérique; sup-posons de plus que les parties de ce fluidepèsent ( commes elles font en eflet ) vers!e centre du globe, tandis qu’elles fontattirées par le soleil Sc par la lune ; il estcertain que si toutes les parties du fluide& du globe qu’il couvre , étoient attiréesavec une force égaie & suivant des directionsparalelles , Paótion des deux astres n’auroitd’autre eflet que de mouvoir ou de dé-placer toute la masse du globe Sc du flui-de , sans causer d’ailleurs aucun dérange-ment dans la situation respective de leursparties. Mais suivant les loix de l’attraction,les parties de l’hémilphere supérieur, c’est-à-dire celui qui est le plus près de l’astre,font attirées avec plus de force que le cen-tre du globe; Sc au contraire les partiesde l’hémisphere intérieur sont attirées avecmoins de force: d’où il s’ensuit que le cen-tre du globe étant mù par faction du so-leil ou de la lune, le fluide qui couvrel’hémisphere supérieur, & qui est attiré plusfortement, doit tendre à se mouvoir plus vîteque le centre , & par conséquent s’éleveravec une force égale à l’excès de la forcequi l’actire fur celle qui attire le centre ; aucontraire le fluide de l’hémisphere inférieurétant moins attiré que le centre du globe,doit se mouvoir moins vîte : il doit doncfuir le centre pour ainsi dire , & s’en éloi-gner avec une force à-peu-près égale à cel-le de 1 hémisphère supérieur. Ainsi le flui-de s’élévera aux deux points opposés quifont dans la ligne par où paflè le soleil oula lune: toutes ses parties accourront,si l’onpeut s’exprimer ainsi, pour s’approcher deces points, avecd’autant plus de vitesse, qu’el-les en seront plus proches.

On explique par-là avec la derniere évi-i dence, comment l’élevation Sc l’abaiste-ment des eaux de la mer se fait aux mê-

■ mes instants dans les points opposés d’un• même méridien. Quoique ce phénomène

■ soit une conséquence nécessaire du systè-: me de M. Newton > Sc que ce grand géo-; métré l’ait même expressément remarqué,