Band 
Tome quatorzième.
Seite
726
JPEG-Download
 

726 F L U

les différences , ou plutôt, le' rapport desdifférences , comme la limite du rapportdes différences finies, ainsi qu'il a été ex-pliqué au mot Différentiel. Introduireici le mouvement, c est: y introduire uneidée étrangère , & qui n est point nécessaireà la démonstration : d’ailieurs on n'a pasd’idée bien nette de ce que c'est que la vi-tesse d un corps à chaque instant, lorsquecette vîtesté est variable. La vîteílé n’estrien de réel, voyeç Vitesse; c'est le rap-port de l’espace au temps, lorsque la vî-tesiè est uniforme : sur quoi voye^ VarticleEquation , à la fin. Mais lorsque le mou-vement est variable, ce n'est plus le rapportde l’espace au temps, c'est le rapport de ladifférentielle de l'espace à celle du temps ;rapport dont on ne peut donner d’idéenette, que par celle des limites. Ainsi il fautnécessairement en revenir à cette derniereidée , pour donner une idée nette des flu-xions. Au reste, le calcul des fluxions estabsolument le même que le calcul diffé-rentiel; voye\_ donc le mot Différentiel ,où les opérations & la métaphysique de cecalcul sont expliquées de la maniéré la plussimple & la plus claire. ( O )

Fluxion, ( Médecine. ) ce terme est em-ployé le plus communément dans les écritsdes anciens , pour exprimer la même choseque celui de catarrhe ; par conséquent ony trouve la signification de l'un & de l'autreégalement vague.

En effet, Hippocrate regardoit la têtecomme la source d'une infinité de maladies ;parce que, félon lui, c'est dans fa cavitéque se forment les matières des catarrhes,qui peuvent se jeter de-là sur distérens or-ganes , tant éloignés que voisins : il n'en estpresque aucun qui soit exempt de leursinfluences. Ce vénérable auteur entendoitdonc par catarrhe ou fluxion , une chuted’humeurs excrémentitielles, mais princi-palement pituiteuses, de la partie supérieuredu corps vers les inférieures : .austì, selonlui ( h h. de princip. ), la tête est-elle le prin-cipal réservoir de la pituite , pituites metro-polis : il employoit donc dans ce sens le motfluxion , comme un mot générique.

Galien ne l'adopte pas sous une acceptionauílì étendue : on trouve dans la définitionqu'il en a donnée, que cette lésion de fonc-

F L U

tion n'est autre chose-qu’un écoulement dedifférentes sortes d'humeurs qui tombentdu cerveau par les narines & par les ou-vertures du palais, & font un certain bruiten se mêlant avec l'air qui sort des pou-mons ; il attribuoit cette sorte de catarrheàl'intempérie froide & humide du cerveau,& à toutes les humeurs qui remplissentla tête. <

Selon Sennert, il y a deux termes prin-cipaux pour désigner les mouvemens extra-ordinaires les plus sensibles de nos humeurs :>lorsque ces mouvemens consistent dans unpastage, un flux d'humeur , de quelque na-ture quelle soit, d’une partie telle quellepuisse être austi dans une autre indifférem-ment ; il dit que ce transport est appelépiiyM & pévy.'xna/j.ç; ; que cette sorte demouvement est la plus générale : êc il at-tribue la signification reçue de son temps,du mot wtx'ppuç , aux seules fluxions d hu-meurs portées du cerveau vers un autreorgane quelconque de la tête ou de touteautre partie voisine, seulement vers le go-sier , par exemple, ou vers les mâchoiresou les poumons : encore distingue-t-il lecatarrhe ainsi conçu , en trois différentesespeces, fous distérens noms.

Ainsi il dit, que le catarrhe qui a sonsiège dans la partie antérieure de la tête,vers la racine du nez , avec un sentimentde pesanteur sur les yeux , est appelé grave -do: c'est cequ'on nomme vulgairement rhû-me de cerveau : c'est une fluxion qui a sonsiège dans la membrane pituitaire, dont undes principaux symptômes est l’enchifrené-ment, voye £ Enchifrenement. Si l'hu-meur fe jette fur la gorge, il forme , seloncet auteur í'espece de catarrhe nommé Bpcey-%h > rancedo ; c'est la maladie qu'on nommeenrouement , voye{ Enrouement. Si l’hu-meur engorge les poumons, la fluxion re-tient le nom de catarrhe proprement dit,voye^ Catarrhe. Ces trois distinctionssont très-bien exprimées dans un dystiquefort connu, qui trouve tout naturellementía place ici :

Si f luit ad peílus , dicatur rheuma catarrhus;

Ad sauces branchus , ad nares efio coryfa.

‘ Mais il paroît par ce dystique même,