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la traduction , viennent, selon les lexico-graphes , de arcíta , persuadeo. D'après cet-te étymologie , mrhç , fides , foi dans lesens le plus général, sont synonymes depersuasion ; en effet les dispositions de l’espritque ces mots expriment dans les usagesdiffèrens qu’òn en fait dans ces trois lan-gues, renferment toujours une persuasion.
Or cette persuasion peut avoir diffèrensobjets: de-là les significations différentesde ces mêmes mots.
i°. Je trouve dans les écritures les motscrldhç Sc 'aídhm exprimant une dispositionffesprit qui a particulièrement Dieu pourobjet, c'est-à-dire une persuasion de Ionpouvoir, de sa véracité dans ses promesses : crédit Abraham Deo & reputatum efi'\ei ad jujfitiam. Gen. xv. 6. Qui crédit in‘Domino mísericordiam diligit. Prov. xjv. >
Dans ces exemples on volt bien que soiest synonyme de confiance.
On verra par la suite de cet article,les rapports que cet emploi des mots soiSc croire peuvent avoir avec les sons qu'onleur donne en Théologie : mais on peutconcevoir dès-à-présent que ces mots, poury prendre l’énergie qu on leur donne, sesont un peu écartés de cette signification ;& c'est Tidée de persuasion commune aux’diffèrens emplois qu on en fait, qui a fa-cilité le passage de cette acception à plu-sieurs autres.
i°. Ces mêmes mots font employés dansle nouveau Testament , rélativement à Je-sus-Christ ; creditis in Deum , dit Jesus-Christ à ses disciples, 6’ in me crédité. Joari.xjv. 1. His qui credunt in nomine ejus.Ibid. j. I %. Dicebat ergo ad eos qui credi-àerunt ei , Judceos. viij. J i. Mais dans cetusage leur lignification varie en plusieursmaniérés. Suivons ces gradations, ces al-térations successives.
Je trouve que ces mors foi Sc croire sontemployés rélativement à la personne deJesus-Christ, pour signifier i°. la disposi-tion d'eiprit des malades qui s'approchoientde lui pour obtenir leur guérison , & celledes apôtres & des disciples dans les pre-miers momens qu'ils s’attachoient à lui ;celle des Gentils ou des Juifs qui se con-vertisioient après une simple prédicationsort courte Sc fort sommaire, &c. x°. Celle
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des Apôtres Sc des disciples de J. C. aprèsqu'ils avoient entendu pendant quelquetemps sts instructions ; Sc celle des pre-miers chrétiens , déjà instruits en partiedes mystères du royaume de Dieu. Lafoi des mêmes apôtres vers les dernierstemps des prédications de Jesus-Christ,loríqu'il leur difoit , jam non dicam vos fer.vos , fed arnicas , quia quoecumque audivi àpâtre meo nota seci vobis , après la résur-rection Sc après qu'ils eurent été éclairésde Teíprit de Dieu, le jour de la Pente-côte ; Sc celle des chrétiens instruits à fondpar les apôtres, Sc dont il est dit qu'ilsetoient persévérantes in doclrinâ apoflolorum.
On se convaincra de la nécessité de dis-tinguer ces différentes époques dans la si-gnification du mot foi , par les réflexionssuivantes.
Quand il est dit des apôtres instruitsdepuis quelque temps à l'école de Jesus-Christ , Sc des malades qui s’approchoientde lui pour la premiere fois, que les unsSc les autres croyoient en lui, assurémentcette expression a un sens plus étendu dansle premier cas que dans le second. La foien général doit être proportionnée au de-gré d'instructions reçues. Les apôtres fontici supposés instruits déjà par Jesus-Christ,Sc ces malades dont nous parlons ne le con-noiffent encore que fur le bruit de fa ré-putation ; ils ne connoiíîent pas fa doctri-ne ; ils ne peuvent donc pas avoir la mê-me foi que les apôtres instruits déjà parJesus-Christ. Ceux-ci avoient fans doutela foi de la doctrine Sc de la morale queJesus-Christ leur enseignoit, & les autreslien avoient pas même l’idée.
On peut dire la même chose de ces hom-mes que les apôtres convertistbient, dansles premiers momens de leur conversion.Ces trois mille hommes ( au ij. chap. desactes ) Sc ces cinq mille ( au jv. ) , que lesdiscours de S. Pierre engagerent à se fairebaptiser , regardoient bien Jesus-Christcomme le Messie , Sc croyoient en lui com-me le Cananéen, ou comme le lépreux,ou comme le centenier ;• mais ils n'avoientaucune idée de là doctrine & de fa mo-rale, que les apôtres leur enseignèrent dansla fuite.
Les apôtres eux.-mêraes, avant les der-nieres