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Tome quatorzième.
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FOI

riieres instructions que leur donna Jefus-Christ, n’avoient point la même foi, quantà 1 etendue de son objet, qu’ils eurent de-puis. C’est ce que prouvent les paroles deJ. C. que nous avons citées plus haut,jam non dicam vos servos , ÔCc. car ellesfont clairement entendre que J. C. leuravoit enseigné beaucoup d’autres chosesque cette íimple proposition , je fuis leMessie ôc même beaucoup de choies queíes disciples moins familiers & moins as-sidus ignoroient encore ; puisque sans cesconnoiííances plus détaillées, ses apôtresn’auroient pas été distingués à cet égarddes malades qui l’approchoient, ôc de beau-coup de gens dans la Judée qui le regar-doient comme le Messie, du peuple quile suivoit, & du commun de íes auditeursqui avoient entendu & qui connoiííbientune partie de fa doctrine.

D’où nous concluons que dans le nou-veau Testament ces expressions croire en Jé-sus-Christ , avoir la foi en Jefus-Chrift , re-cevoient différentes significations, qu onpeut réduire aux trois principales dontnous avons fait mention.

Nous ferons à ce sujet une remarqueimportante : c’est saute d’avoir distingué.les trois sens différons de l’expression croireen Jefus-Chrift, que M. Locke dans l’ouvra-ge qui a pour titre , le Christianisme raison-nable , a prétendu réduire la foi chrétien-ne , quant â ses articles fondamentaux &nécessaires au salut, à cette seule proposi-tion , Jefus-Chrift est le Messie , car il appuieprincipalement cette opinion sur plusieurspassages du nouveau Testament , où l’onappelle soi en Jefus-Chrift cette feule per-suasion de sa mission, où les prosélytesfont dits croire en Jefus-Chrift , quoiqu’ilsne soient instruits encore que de ce íèulpoint, & où les apôtres en annonçant l’E-vangile, ne prêchent autre chose que cemême article.

Il me semble qu’un théologien catholi-que , en distinguant ces trois époques dif-férentes de la signification des mots foi& croire , attaquera avec avantage l'opi-nion de cet homme célébré.

Des trois significations des mots foi ôccroire , employés rélatiy ement à Jesus-Christ,Tome XIV.

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la derniere est celle fur laquelle nous de-vons nous arrêter davantage.

Le mot foi signifie assez souvent la doc-trine même de Jesus-Christ, le corps desprincipes de la religion chrétienne. Le voi-sinage de ces deux notions a autorisé lesécrivains ecclésiastiques à se servir de la mê-me expression pour l’une & pour l’autrejmais ce n’est pas ici le lieu de traiter dela foi dans cette signification. Voye[ Ré-vélation, Religion, Christianisme.

Nous prendrons donc généralement lemot foi dans tout cet article, pour la dis-position d’esprit de ceux qui reconnoislènrla divinité de la mission de Jesus-Christôc la vérité de toute sa doctrine. Je nedonne pas ceci pour une définition exactede la foi ; parce que nous n’en avons pasencore la notion complette qui doit êtrele résultat de tout cet article : mais cetteidée générale va nous guider dans la fuitede cette question.

On voit dans les Ecritures, ôc cela íeconçoit clairement, que cette dispositiond’esprit que nous présente le mot foi , ren-. ferme une persuasion. D'un autre côté c’estun dogme catholique que cette disposi-tion est une grâce ôc une vertu. Ces troiscaractères me fourniront une division très-naturelie. Je considérerai la foi comme unepersuasion, comme une grâce, ôc com-me une vertu.

De la foi considérée comme persuasion ,ou plutôt de la persuasion que renferme làfoi , de fes motifs ; de ft analyse de la foi ,de son objet , de son obscurité , -de fa com-paraison avec la persuasion des vérités natu-relles , de Ja nécessité , & en même tempsde son insuffisance fans les œuvres , Ôcc.

La foi considérée comme persuasion apour objet certaines vérités qui appartien-nent à la religion chrétienne. Différentesfortes de vérités appartiennent à la religionchrétienne ; celles qui fervent de fonde-ment à tout le christianisme, ôc en géné-ral à toute religion ; celles qui constater-:l’authenticité de la révélation apportée parJesus-Christ ; celles enfin que cette révé-lation reconnue pour authentique consacreôc enseigne aux hommes.

A quoi il faut ajouter une vérité capi-tale , l’autorité infaillible de l’Eglise établieD d dd d