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Tome quatorzième.
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77° FOI

gros l’histoìre de la religion , de la vie &de la mort de Jesus-Christ , des miraclesqui ont servi à íbn établiííèment, &c. ceschoses font connues dans la société danslaquelle il vit ; on les raconte lans que per-sonne réclamé ; on cite les endroits de l’E-criture qui les contiennent ; le sens qu onleur donne est simple & naturel. Voilà unecertitude dans le genre moral, d après la-quelle l’homme grossier réglé prudemmentía croyance.

En ester, entendre citer l’Ecriture par tantde gens qui la lisent & qui l’ont lue, c estexactement comme si on la liíoit soi-même.Remarque importante , à laquelle je priequ on fasse attention. Je dis à-peu-près lamême chose de la croyance de l’infâillibilitéde l’église.

Si je ne m’étois pas déja beaucoup étendufur cette matière, je ferois remarquer lesavantages que peut donner la méthode queje propose dans nos controverses avec lesprotestans. Si Ion veut faire fur cela quelquesréflexions, on se convaincra facilement quecette maniéré d 1 analyser la foi ne laisse plusaucun lieu aux difficultés qusils ont oppo-sées aux théologiens catholiques ; difficul-tés tirées de l’embarras qu’on éprouve àfaire concourir ensemble, comme motifs dela soi , l'autorité de l’église Sc celle de l’Ecri-ture, de la dignité Sc de la suffisance del’Ecriture , &c.

Nous terminerons cette question en rap-portant les analyses de la foi que proposentles protestans, & en les comparant à la nôtre.

On conçoit d’abord que 1 autorité de l’E-gliíe n’entre pour rien dans leurs métho-des ; & c’est ce qui les distingue de celles queles catholiques adoptent. Nous avons vu quedans l’analyse de la foi il faut expliquer com-ment le fidele est certain de ces deux vé-rités, l’Ecriture ejl la parole de Dieu , Sc ceque je crois ejl contenu dans l’Ecriture ;en excluant l'autorité infaillible de l’é-glise , ils ont été embarrassés fur l'un Sc furl’autre point.

Pour le premier article,le plus grand nom-bre des docteurs protestans ont dit que l'E -criture avoit des caractères qui prouvent íàdivinité à celui qui la lit, par la voie du ju-gement particulier.

Ce jugement particulier, selon eux, suffit

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au fidele pour lui faire distinguer sûrementles livres canoniques de ceux qui ne le fontpas, même alors que tous les chrétiens neles reçoivent pas, Sc pour juger aussi del'authenticité des textes courts : d'où l’onvoit qu'il ne faut pas confondre ce jugementparticulier , avec le jugement général qu’onporte de la divinité du corps des écritu-res , Sc qu'on fonde fur les motifs de cré-dibilité qui appuient la divinité de la religionchrétienne.

Il faut distinguer encore ce juvement par-ticulier de 1 enthousiasme & de l’inspirationimmédiate qu'ont admis quelques fanati-ques , comme Robert Barclay, & ne pas re-procher aux docteurs protestans une opi-nion qu’ils rejettent expressément.

Ce jugement particulier n'est pas mêmeadmis uniquement par tous les théologiensprotestans pour juger de la divinité des écri-tures. La ? facette ministre très- estimé, mortá Utrecht en 1718, s'est rapproché en cepoint des théologiens catholiques, dans untraité de la foi divine. Il soutient d'aprèsGrégoire de Valence & d’autres théologienscatholiques, que la divinité des écriturespeut être appuyée dans l'esprit du fidele Scdans l’analyíè de la foi , immédiatement furla divinité de la religion chrétienne : c’estce que nous avons dit, mais avec des restric-tions que ce ministre ne peut pas apporter,Sc au défaut desquelles íbn analyse est dé-fectueuse. En effet, dans nos principes, ladivinité des deutéro-canoniques des textescourts, &c. n’étant pas liée intimément& évidemment avec cette vérité, la reli-gion chrétienne efl émanée de Dieu , il estnécessaire de recourir à l’autorité suprêmede l’église, pour recevoir d’elle ces livresSc ces textes comme divins Sc inspirés »d’où il fuit que le protestant qui a secouéle joug de l’église, ne peut plus appuyersolidement le jugement qu’il porte de leurauthenticité.

Quant au íens des écritures, tous les pro-testans ont dit que l’esprit privé, ou le juge-ment particulier , en étoit juge ; Sc ils ontfondé cette assertion fur ce que l’Ecriture estclaire , Sc qu’une médiocre attention suffitpour en découvrir le sens naturel. Ils ontajouté , qu’en supposant même qu’elle eutquelque obscurité pour les sideles simples