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grofïìers , ce qui manqueroít, non pasà l’évidence de l’objet, mais à la disposi-tion du sujet, pouvoit être suppléé par Dieuau moyen d’un secours qui ouvre l’esprit dessimples, Sc qui les rend capables de saisir Scde comprendre les vérités nécessaires a croirepour le salut.
La Placette manie cette idée avec beau-coup d’adresle ; il s’appuye de l’autorité denos controversistes qui ont reconnu unsemblable secours ; Sc il forme cette ana-lyse de la foi , que je raporterai en entier,parce qu’on peut dire que c’eft ce qu’il ya de mieux écrit sur cet article dans la théo-logie protestante.
i°. La religion chrétienne est émanée deDieu ; x°. si elle est véritable & émanée deDieu l’Ecriture-sainte est la parole de Dieu ;3°. si l’Ecriture est la parole de Dieu , onpeut Sc son doit croire de foi divine toutce quelle contient; 4 0 . on ne manque pasde moyens pour s’arturer que certaines cho-ses font dans l’Ecriture; j°. il y a diver-ses choses dans l’Ecriture qu’on peut s’aífú-rer qui y íont contenues, en le servant deces moyens.
Nous avons déja remarqué le défaut decette analyse , quant à la deuxieme propo-sition ; elle est encore défectueuse dans latroisième & dans la quatrième. Il y a beau-coup de choses qu’on ne peut pas s’arturer 'être contenues dans l’Ecriture , fans le se-cours d’une autorité dépositaire Sc interprètedu sens des partages qui les renferment. L’E-criture en beaucoup d’endroits est obscureSc difficile , même pour les personnes unpeu instruites. On avance gratuitement queDieu donne ce secours extraordinaire quesupposent les protestans ; & il est bien plussimple qu’il ait donné aux apôtres Sc à leurssuccesseurs, le droit suprême d’expliquerl’Ecriture dans les endroits difficiles, &.de décider en dernier ressort les contesta-tions qui pourroient naître, &c. Nos théo-logiens ont établi tous ces principes. Voye^Ecriture, Eglise, Infaillibilité. Aureste on ne doit regarder ce que j’ai ditfur l’analise de la foi , que comme une mé-thode que je propose, Sc hon commeune assertion.
De l’objet de la foi. Nous avons parlé plushaut de l’objet de la foi d’une maniéré aster
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générale en prenant la foi pour la persuasionde toutes les vérités qui appartiennent à k.religion chrétienne. Nous en avons distin-gué de quatre eípeces. Mais c’est particuliè-rement à la persuasion des vérités du qua-trième ordre que les théologiens donnentle nom de foi , ou pour mieux dire , c’està cette persuasion que convient ce qu’ilsdisent de l’objet de la foi , de sa certitude,de son obscurité, &c. c’est pourquoi dansla fuite de cet article nous prendrons ordi-nairement le mot foi pour la persuasion desvérités de ce quatrième ordre.
Ces vérités ont deux qualités ; elles fontcontenues dans la révélation , Sc l’église lespropose aux fideles comme contenues dansla révélation & comme l’objet d’une persua-sion que Dieu exige : de-là deux questionsdont la solution renfermera à-peu-près toutce que les théologiens disent d’importantsur l’objet de h foi.
Premiere question. De quelle maniéré undogme doit-il être contenu dans la révéla-tion pour être actuellement l’objet de notrefoi , & pour être au nombre des vérités duquatrième ordre, car nous ne parlons plusdes autres î
Seconde question. De quelle maniéré undogme doit-il être contenu dans la révéla-tion pour devenir l’objet d’une persuasionque Dieu exige de nous par une nouvelledéfinition de l’église?
Pour répondre à la premiere question,je remarque d’abord qu’un dogme quelcon-que pour être l’objet de la foi , doit êtrecontenu dans la révélation certainement , Scque cette certitude doit exclure route efpecede doute, la raison en est sensible ; c’estque la foi qu’on en auroit ne pourroit pas ex-clure tout doute si la certitude qu’on doitavoir qu’il est révélé n’étoit pas elle-mêmeabsolue & parfaite en son genre. Le défautde ce haut dégré de certitude qui constate laréalité de la révélation , exclut du nombredes objets de la foi un grand nombre de con-séquences théologiques qui ne font pas évi-demment liées avec les propositions révéléesdont on s’effbrce de les déduire. Car sui-vant la rémarque du judicieux Holdende resolutione fidei , lib. II. cap. ij. » Plu-sieurs théologiens en combattant les héré-tiques avec plus de zèle que de discerne-