FOI
& la prémiste naturelle n’est jamais que lemoyen par lequel on connoît que la consé-quence est liée avec la prémiste révélée, &non pas le motif de croire cette même consé-quence. Cest ce que les théologiens saventbien dire en dsoitres occasions.
Au reste , je ne regarde ici le raisonne-ment comme formé de trois propositions ,que pour me conformer au langage de l’é-cole ; car si je voulois la rappeler à fa formenaturelle qui est l’entymême, je pourroistirer beaucoup d avantage de cette maniéréde l’envisager.
Une troisième raison, est qu'u ne consé-quence de cette espece participe del’obsou-rité qui caractérisé la soi ; elle rient du prin-cipe a où elle émane , de la proposition ré-vélée» toute l’obscurité qui enveloppe celle-ci. Laliailon du sujet Sc de l’attribut y estinévidente , Sc pourroit être niée si la pro-position révélée, de laquelle on la conclut,ne l’empêchoit ; Sc comme, t ien qu’obscureSc inévidente, elle est très-certaine , il fautde nécessité qu’elle soit de foi.
Enfin j’ajoûte qu’il est impossible de ci-ter une seule conséquence de cette espece,qui ne soit vraiment de foi , Sc qu’on neregarde dans l’Eglise comme telle. Par exem-ple , dans ce raisonnement : il y a en Jesus-Christ deux natures raisonnables parfaites ,toute nature raisonnable Sc parfaite a unevolonté, donc il y a en Jesus-Christdeuxvolontés. Cette conséquence étoit crue detous les Chrétiens, Sc étoit de foi , mêmeavant la définition du sixième concile con-tre lés Monothéistes, Sc précisément envertu de la doctrine reçûe de toute l’Eglise;c’est pourquoi je crois qu’on doit distinguerdeux sortes de définitions de l’Eglise, cellesqui ne font que constater une anciennecroyance, connue de tous les fideles , gé-néralement reçûe, Sc enseignée expressémentdans toute l’Eglise, Sc celles qui fixentla foi des fideles sor des objets moins fa-miliers & moins bien connus. Il faut biendire que la définition de la consobstan-tialité du Verbe au concile de Nicée, é-toit une décision de la premiere sorte, au-trement il faudroit convenir que le pointde doctrine qu’on y décida avant ce remps-là n étoit pas un dogme de foi expresse Sc
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1 explicite, aveu qu’aucun théologien catho-lique ne peut faire.
1 ll nous reste à parler des propositionscontenues dans la révélation, comme con-séquences des deux prémisses, dont l’uneest révélée, Sc l’autre connue par la raison,mais dépourvue d’évidence Sc susceptiblede quelque espece de doute & d’incerti-tude : celles-là ne sont point de foi , in-dépendamment d’une nouvelle décision del’Eglise, Sc elles le deviennent aulsi-tôt quecette décision a lieu. Voilà la réponse àla seconde question.
La premiere partie de cette assertion n’apas besoin de preuves. Par l’hypotheíe onpeut douter raisonnablement si ces propo-sitions sont contenues dans la révélation,à consulter la lumière naturelle ; doncjusqu’à ce que la décision de l’Eglise aitlevé ce doute, elles ne saur oient être de foi.
Mais la définition de l’Eglise peut pré-senter aux fideles cette même conséquencecomme contenue dans la révélation, cequ’elle peut faire de plusieurs maniérés,ou en décidant ( absolument & fans rap-port à la prémiste révélée dont elle peutêtre tirée ) que cette proposition est con-tenue dans certains passages de l’écriture,dont le sons n'avoit pas encore été éclairci,quoique les premiers pasteurs en fuslentinstruits ; ou en recueillant la tradition é-parso dans les églises particulières, Sc laprésentant aux fideles ; ou en puisant cettemême tradition dans les écrits des peresSc des écrivains ecclésiastiques, ou mêmeen décidant que cette conséquence est vrai-ment liée avec la prémiste révélée, Sc endissipant par-là l’incertitude que les lumiè-res de la raison laiísoient encore sor cettemême liaison.
Je regarde aussi les propositions de cettederniere dalle comme i’objet propre Sc par-ticulier de la Théologie , toutes les autresappartenant véritablement à la foi. Et jedéfinis une conclusion théologique la con-séquence de deux prémisiès, dont l’uneest révélée , Sc l’autre connue par les lumiè-res de la raison, mais susceptible encorede quelque espece d’incertitude. Ceci estune question de bien petite importance,Sc à laquelle je ne veux pas m arrêter. Maisil me semble clair qu une conclusion vrai-