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aité de Dieu , lui étoient opposées dans'plusieurs’ autres non moins nécessaires àcroire.
Il y a beaucoup de choses nécessaires ausalut d'une nécessité cle moyen : le baptême ;la soi infuse ; la soi explicite en Dieu ,comme auteur de la nature ; la foi expli-cite en Dieu , comme auteur de la grâce ;la soi explicite des mystères de la trinité &de l’incarnation ; & par conséquent la soiexplicite en J. C. la justification ; la grâcecn général, ùc.
De toutes ces choses, celle qui est depremiere nécessité, est la grâce de la jus-tification , à laquelle toutes les autres ion tsubordonnées. Le baptême est le seul mo-yen que Dieu ait établi pour acquérir lajustification, 6c pour effacer la tache ori-ginelle : c’est par-là que le baptême est né-cessaire d'une nécessité de moyen ; on doitdire la même chose de la soi. Ce n’est queparce que , sans la persuasion explicite decertains dogmes , Dieu n’accorde point lajustification aux adultes, que cette foi estnécessaire. La foi infuse , selon les théolo-giens, accompagne toujours la justification;êc réciproquement.
Pour déterminer avec précision commentla soi est nécessaire au salut , faisons unehypothèse. Supposons qu’un enfant baptisé,6c par conséquent justifié, est élevé parmi despayens ou des sauvages ; & que cet enfant,parvenu à l’âge de raison 6c adulte, vîtquelques jours en observant fidèlement laloi naturelle , & meurt sans s’être renducoupable d’aucun péché mortel : il n’y aaucun théologien qui osât dire que cet en-fant justifié en J. C., dans lequel il n’y aplus de damnation selon la parole de l’a-potre , nihil damnationis efl in iis qui suritin Chrijìo Jesu , & qui n’a point perdu lagrâce de la justification , n’obtient pas lesalut éternel : cependant il est adulte ; iln a pas la soi explicite : la foi explicite n’estdonc nécessaire qu’à cause de la justificationavec laquelle elle est toujours liée. En effet,si l'adulte étoit encore coupable du péchéoriginel, il n obtiendrait pas le salut éter-nel , mais ce ne seroit pas précisément &uniquement à cause du défaut de soi explicite, mais parce qu'il ne seroit pas jus-tifié. On ne s’expiique donc pas avec assezTome XIV,
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de netteté, loríqu’on dit que la foi expli-cite est nécessaire aux adultes d’une néces-sité de moyen. Voici comment cela doits’entendre. L’enfant baptisé & manquantde la soi explicite , parvenant à l’âge deraison , & péchant mortellement, perd lajustice habituelle. Or, pour être justifié denouveau , la soi explicite lui est nécessaire ;parce que la soi explicite est nécessaire 6cpréalable à la réception de la grâce de lajustification dans les adultes.
On doit dire la même choie , à plusforte raison, de l’enfant coupable du pé-ché originel, parvenant à l’âge de raison& mourant après avoir péché mortellement,j Quant à celui qui meurt adulte & encorecoupable du péché originel , même fansavoir péché mortellement , comme selon,1a doctrine chrétienne, la justification quirenferme la soi infuse ne peut lui être ac-cordée , qu’au préalable il n’ait la soi ex-plicite; cette soi est aussi pour lui néces-saire d’une nécessité de moyen , mais tou-jours à raison de la justification.
Quelques dogmes, dans la doctrine chré-tienne, semblent augmenter la dureté appa-rente de celui-là ; Ôc d’autres la tempèrent :voici les premiers. La foi est une grâce queDieu ne doit à personne , même à celuiqui sait tout ce qui est en lui pour l'ob-tenir. Hors de l’église point de salut. Lesseconds font que Dieu ne peut pas com-mander l’impoílible ; que la soi n’est pas lapremiere grâce ; que Dieu donne à tous leshommes des moyens suffi sans pour le salut.
On peut remarquer qu’on regarde com-me de soi en théologie les dogmes rigou-reux de la nécessité absolue de la soi ; aulieu qu’on traite de sentimens pieux les prin-cipes qui peuvent lui servir de correctif.C’est ainsi qu’on dit modestement que lavolonté de Dieu de sauver tous les hom-mes , & la concession des moyens suffi-sans pour le salut, sont des sentimens pieux& qui approchent de la foi. J’avoue quecette différence m’a toujours fait quelquepeine. Il est au moins aussi certain queDieu donne à tous les hommes des moyensfuffifans pour arriver à la fui , qu’il est cer-tain qu’il exige qu’ils aient la soi. L’un &l’autre dogme me semblent entrer essen-tiellement dans l’économie de la religion,
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