Band 
Tome quatorzième.
Seite
795
JPEG-Download
 

F O I

fort communs. Plus une nation est polie,plus elle est susceptible des faibles qui vien-nent du cœur, i°. parcs que faire des fuiteslans le lavoir , ce n "est pas être ignorant ;i°. parcs que, à mesure que 1 esprit acquiertplus de lumières, le cœur acquiert plus desensibilité. Les lemmes font plus 1 u sce p ci-bles des faibles de 1 esprit, parce que leuréducation est plus négligée, & qu’on leurlaisse plus de préjugés ; elles ícmt auíïì plussusceptibles des faibles du cœur , parce queJeur ame est plus sensible. La dureté & l'in-sensibilité font les excès contraires aux/oi-bles du cœur, comme l’esprit fort est l’ex-cès opposé au xfoibles de I'eíprit. Il y a en-core cette différence entre les faibles & lafaiblesse , q u'u n faible est un penchant quipeut être indifférent, au lieu que \z faiblesseest toujours répréhensible. Voy. Foiblesse.

Foible, dans le Commerce , se prend en,disférens sens, qui tous font entendre qu’unemarchandise, une denrée, ou toute autrechose qui entre dans le négoce, a quelquedéfaut, ou n’a pas la qualité requise.

Ainsi Fon dit du vin faible, un chevalfoible , de la monnoie/rié/e , un drap faible.

Dans la balance romaine on nomme lefoible le côté le vlus éloigné du centre dela balance, qui sert à peser les marchandisesles moins pesantes ; il y a un des membresde cette balance que Ion appelle la garde-foib'e. Voye £ Balance. On dit qu’un poidsest trop foible , lorsqu’il riest pas juste &qu il pèse moins qu il ne doit.

Lorsqu’on dit qu’une marchandise a étévendue le fort portant 1 a foible , cela signifiequelle a été vendue toute sur un mêmepié , sans que l’on ait f.tit distinction decelle qui est supérieure d’avec celle qui estinférieure en bonté cu en qualité. Diclionn.de commerce , de Trévoux , & Chambers. \G) >

Foible ,■ ( Ecriture.) se dit d’un tuyaudéplumé, qui plie sous les doigts ; ces for-tes de tuyaux ne font pas bons. pour écrire,fi ce n’est fur du papier verni, encore seut-il qu’ils soient maniés par une main extrême-ment iégére.

• Foible, ( Jardinage . ) se dit d’un arbretrop foible pour être replanté ou greffé, &qui ne donne pendant une année que desjets Xïts-foibles. (K)

FOIBLESSE ,s. f. ( Morale. ) disposition

FOI 797

habituelle ou passagère de notre ame, quinous fût manquer malgré nous soit aux lu-mières de la raison , soit aux principes dcla vertu. On appelle auíïi faiblesses les effetsde cette disposition.

La foiblesse que j’appelle habituelle est à-la-fois dans le cœur & dans l’esprit ; la fai-blesse que j’appelle passagère , vient plus or-dinairement du cœur. La premiers consti-tue le caractère de l’homme foible, la se-conde est une exception dans le caractèrede 1 homme qui a des foiblejses. Quand jeparle ici de l’homme , on entend bien queje veux parler des deux sexes, puifqu’il estquestion d t faiblesses. Personne n’est exemptde foiblejses , mais tout le monde n’est pashomme fible , lans savoir pourquoi , &parce qu’il n’est pas en foi d etre autrement ;on est homme foible , ou parce que l’espritn’a point assez de lumières pour se déci-der , ou parce qu’il n’est pas assez fur desprincipes qui le déterminent pour s’y tenirfortement attaché ; on est homme foible partimidité, par paresse , par la mollesse & lalangueur aune ame qui craint d’agir, Scpour qui le moindre effort est un tourment.Au contraire on a des foiblejses ou parcequ’on est séduit par un sentiment louable,mais trop écouté , ou parce qu’on est en-traîné par une passion. L’homm t foible dé-pourvu d’imagi nation , n’a pas même iaforce qu’il faut pour avoir des passions ;l’autre n’auroit point d e. foiblejses fi son amen’étoit sensible, ou son cœur passionné. Leshabitudes ont fur l’un tout le pouvoir queles passions on: fur l’autre. On abuse de lafacilité du premier, sans lui savoir gré dece qu’on lui fait faire , parce qu’on voirbien qu’il le fait par faiblesse ; on lait gré àl’autre des foib ’ejses qu’il a pour nous, parcequ’elles font des sacrifices. Tous deux ontcela de commun , qu’iis sentent leur état,& qu’ils se le reprochent ; car s’ils ne lesentoient pas, il y auroit d’un côtélité, & de i'autre jolie ; mais par ce senti-ment i’homme faible devient une créaturemalin urtuse, au lieu que l’état de l’autrea les plaisirs comme (es peines. L’hommefoible ie sera toute fa vie ; toutes les tenta-tives qu’il fera pour sortir de se foiblesse neferont que l’y plonger plus avant. L’hom-i me qui a des faiblisses sortira d’un état ouiH h h h h z