Band 
Tome quatorzième.
Seite
810
JPEG-Download
 

8io FOI

destiné qu’à séparer du sang l’humeur qu’onappelle bile , & cette fonction paroît li im-portante pour l’économie animale, que cen’est pas la rendre trop bornée, non-obs-tant le grand volume de ce viscère ; si l'on aégard à ce que la sécrétion qui s'y fait estd une abondance excessive selon le calcul deBorelli, mais proportionnée selon les ex-érknces de Muckius , de Bercnhorst ,qui portent que par comparaison de cequ'il coule de bile dans les boyaux d’unchien avec ce qu'il doit couler , tout étantégal , dans l'homme, la quantité de ce ré-crément doit aller dans l’típace de vingt -quatre heures, a une livre environ ) ; quel.'humeur qui en résulte n'est pas seulementdestinée à servir à la digestion , à la prépa-ration du chyle , quelle est d'un usage aulsicontinuel que son flux , au-moins par rap-port à fa plus grande partie, c'est-à-direcelle qui est versee sans interruption dans lesintestins, ensuite repompée par les mêmesvaisseaux qui reçoivent & portent le chyle,& quelle est ainsi reprise & mêlée dans lamasse des humeurs, fans doute pour y agirpar fa propriété dissolvante contre la ten-dance qu'elles ont à prendre trop de con-sistance à s'épaissir, à perdre la fluidité qu'el-les n'on t pour la plupart que par accident.

Cette idée générale qui vient detre don-née de l'ofììce du f lie , de íà production , &des estets de celle-ci, est le résultat de l'ex-position des causes méchaniques Sc physi-ques , dans îes solides & dans les fluides quiconcourent à la sécrétion qui se fait dansce viícere de la nature de l'humeur sépa-rée , & de ce qu'elle devient après son écou-lement dans les intestins. Cette exposition aété faite dans l'article Bile ; il en sèra en-core fuit mention dans celui de Sécrétionen général : ainsi voye ^ Bile , Sécrétion.On ne peur placer ici que ce qu'il y a d’es-sentiel à observer concernant le foie , ce quiest propre à ce viscère dont il n’a pas ététraité dans le premier de ces articles, & quin'est pas du ressort de l’autre.

i p . Pour bien juger de l'importance desfonctions du scie , il est à-propos de re-marquer qu'il n’est aucune sécrétion quisoit préparée avec autant d’appareil quecelle qui se frit dans ce viscère ; que lesang qui y est porté pour en fournir la

F O I

matière, se rend de presque tous les viscè-res du bas-ventre d ms la veine-porte , Scqu’ainsi ces viscères dans lesquels le sang aéprouvé différentes altérations , concourenttous, chacun à fa maniéré , à établir la dis-position avec laquelle le sang entre dans lasubstance du fie ; qu’il est par conséquentnécessaire que les différentes especes de sangfournies par les veines de la rate , de l’épi-ploon, de l’estomac, du pancréas , desboyaux , & du mésentère, soient réuniesdans un seul vaisseau, tel que le sinus dela veine-porte, pour que la distributionqui se fait ensuite de ce mélange, puissefournir à chaque partie du foie un fluidecomposé de la combinaison des mêmesprincipes d’où résultent les mêmes maté-riaux pour la formation de la bile; autre-ment chaque veine d'un différent viíceredu bas-ventre implantée dans une partiedu f ie qui lui fut propre, n’auroit fournià cette partie qu'un sang par exemple hui-leux. , comme celui de l’épiploon , ouaqueux comme celui de la rate. Il n'auroitpas pû de cette différence s'ensuivre la sé-crétion d’un fluide de même nature danstoutes les parties du viscère , parce que cefluide qui est la bile , doit les qualités quila caractérisent à la réunion des qualités detous les diftérens sangs dans les ramifica-tions de la veine-porte, d'où passe la matièrede la bile dans ses vaisseaux secrétoires.

i°. Quoiqu'iLait été suffisamment établidans l ‘art. Bile , que c’eít du sang de laveine-porte qu’est séparé ce fluide crémen-titiel, & non pas du sang del'artere hépati-que ; il reste à ajouter ici quelques réflexions-à ce sujet. Il n’y a point de vraisemblancequ'un vaisseau si peu considérai;le que.cette artère , porte au fie une quantité desang suffisante pour une sécrétion opéréedans toute l’étendue d’un viícere aussigrand volume que l’est le fie. si n effet, ilest aisé de démontrer que sa proportionavec cette artere, la seule qu’il reçoive dansla substance, est plus grande que celle d au-cun autre viscère comparé avec les artèresqui lui font propres ; excepté les seuls testi-cules. Ainsi l’artere hépatique paroît avoirété donnée au foie , seulement pour l’usâgeauquel est destinée l’artere bronchique à.l’égard des poumons, c eít-à-dire pour fer-