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méthode qui satisfasse à toutes les condi-tions , que pour les plantes & les animaux,qui venant de semences, d’œufs ou d’un êtresemblable, sont aussi dans chaque classe ,genre ou eípece, toujours essentiellementsemblables ; au lieu que le mélange des prin-cipes des fossiles forme une íî prodigieusequantité de combinaisons diverses , qu’iln’est pas aisé de trouver seulement deuxindividus qui soient essentiellement pareilsou semblables. II faut donc ici s’en teniraux genres , fans descendre trop minutieu-sement dans le détail des especes.
Quelqu’imparfaites cependant que puis-sent être les distributions méthodiques desfofslesy aussi bien que celles des plantes &des animaux, il vaut mieux les avoir & s’enservir, que de n’en avoir point du tout.C’est le défaut de méthode qui a borné silong-tems l’histoire naturelle des anciens.Tout étoít confondu & restoit dans l’obseu-rité. Les méthodes soulagent la mémoire ,aident lescommençans, mettent de l’ordredans les collections & les cabinets , instrui-sent en annonçant les propriétés générales,& les qualités communes ; & quoique nousne puissions pas nous flatter d’avoir saisi lefil de la nature, ces systèmes peuvent unjour ou un autre nous conduire à le décou-vrir. Comment fans méthode reconnoître,par exemple , vingt mille plantes diverses,que l’on a distinguées, en y comprenant desvariétés constantes, ou seulement huitmille, auxquelles les ont réduites ceux quine comptent pas ces variétés ? Inobserva-tion distingue les caractères ; le raisonne-ment fixe les rapports ; la méthode rappro-che les objets semblables , ou sépare ceuxqui diffèrent : de là naissent des divisions,des subdivisions, que l’esprit saisit, Lç quise gravent aisément dans la mémoire. Desrapports multipliés, permanens, sensibles,ont formé des divisions naturelles, tiréesde la progression même de la nature. Maisles chaînons n’en étant pas toujours con-nus , fur-tout dans les fojjìles , on a eu re-cours à des méthodes artificielles, fondéesfur des qualités moins sensibles, mais plusgénérales, plus simples, & tirées de l’expé-rience, parles distolutions, les menstrues ,le feu , les analyses & les décompositions.La méthode la plus íure est de réunir, au-
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tant qu’il est possible, ces deux voies. Mais,malgré tous ces efforts, la distribution mé-thodique des fojjìles fera toujours plus va-riable , moins précise que celle des plantesou des animaux. Chaque jour, chaque pays,chaque expérience y apportera fans cessedes variations , à cause de la variété descombinaisons. Mettra-t-on , par exemple,les ardoises dans la classe des pierres argil-1eu lès qui fe durcissent au feu ? Bientôt desexpériences feront connoítre des ardoisescalcaires, & d’autres vitrescibles. Placera-t-on les spaths ‘dans Tordre des pierres cal-caires ? Bientôt on en trouvera qui fontfusibles , & d’autres qui sont gypfeux. C’estla matière principale qui doit donc fixer laplace des fossiles , & les autres qualités doi-vent être regardées comme des accidentLorsque Tournefort imagina de considérerla corolle & le fruit des plantes, pour lesclasser, il avoir déjà des points fixes. Maislorsque le chevalier de Linné, plus heu-reux , inventa son système sexuel, tiré dela considération des parties mâles & femel-les des plantes, savoir, les étamines partiesmâles, & les pistils parties femelles, il fixad’une maniéré plus sure les classés, les gen-res, les especes. On n’a rien pu saisir jus-qu’ici de pareil dans les fojjìles , ni riend’invariable, de constant, d’essentiel, quien puisse tenir la place. Mais en attendantquelque découverte heureuse , qui fixemieux les caractères àesfojjìles , d’une ma-niéré irrévocable , scrvons-nous des mé-thodes les plus simples & les plus sûres quifont établies.
Le célébré Linné est dans des idées diffé-rentes de celles de Pott & de Henckelfur Torigine des fojjìles. M. de Buffon sup-pose que notre globe a essuyé une confla-gration, dont les corps terrestres offrent en-core les traces. Au contraire, le philosopheSuédois prétend que notre globe est sortides eaux, que la mer est la inere de la terre,que Peau a été le commencement de touteschoses. Moyfe, Thaïes, Séneque ont eu,selon lui, la même idée fur Torigine dumonde, qui, couvert d’abord & envelopped’eau , s’est insensiblement desséché, d’ousont sortis peu à peu les continens. Ce sa-vant naturaliste n’a pu, dit-il, découvrirdans la croûte de la terre les effets d’un dé-luge