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Tome XV.
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liege attachées à la barre avec des fils delin , pour juger par l’attraction ou la répul-sion de ces boules & du bâton de cire ou dutube de verre, de quelle espece est l’élec-tricité des nuages, qui fera positive si lebâton de cire frotté attire les boules, &négative s’il les repousse ; le contraire alieu quand on fe sert du tube de verre.Enfin ce pere employa beaucoup de mondepour observer en même tems dans lesdifferens lieux où il avoir de ces machines.Mais avant que de donner le résultat deses expériences, il rapporte d’abord lesobservations qu’il a faites fur la formationdes nuages orageux. Nous le suivrons doncaussi dans la route qu’il a tenue, en com-mençant par ses observations.

La premiere apparence d’un orage quiarrive ordinairement lorsqu’il fait peu oupoint de vent, est un nuage dense , ouplusieurs, qui augmentent promptementen grosseur, & s’élèvent dans les plus hau-tes régions de l’athmofphere. La lìzrfacela plus bastè est noire Lc à peu près de ni-,veau ; mais la supérieure est parfaitementbien voûtée, & bien terminée. Souventplusieurs de ces nuages semblent entasses lesuns fur les autres, tous voûtés de la mêmemaniéré ; mais ensuite ils s’unîssènt, ferenflent & étendent leurs voûtes.

Pendant que ce nuage s’éleve , l’athmos-phere est communément remplie d ’un grandnombre de nuages séparés, immobiles , &de figures singulières & grotesques. A Rap-proche de la nuée orageuse, tous ces nuagesvont s’y joindre, & prennent une figureplus uniforme à mesure qu’ils en appro-chent, jusqu’à cequ’étant arrivés fort prèsdu nuage orageux , leurs parties s’étendentréciproquement les unes fur les autres ; ilsfe réunissent aufsi-tôt, & ne forment bien-tôt tous ensemble qu’une seule masse uni-forme. Us les appellent nuages étrangers,parce qu’ils viennent pour augmenter lagrandeur du nuage orageux. Mais quelque-fois le nuage orageux fe gonfle & fe grossitfort vîte, fans qu’il s’y joigne aucun de cesnuages, parce que les vapeurs qu’il y adans l’athmosphere se forment eiles-mêmesen nuages par-tout où passe le nuage ora-geux. Quelques-uns de ces nuages étran-gers par vissent comme des franges blan-

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ches, fur les bords du nuage orageux ouau-dessous ; mais ils continuent à devenirde plus en plus sombres à mesure qu’ilsapprochent pour s’unir à lui.

Quand le nuage orageux est devenu d’unegrosseur considérable, fa surface inférieureest souvent déchirée, certaines parties pen-dant vers la terre fans en être entière-ment séparées. Quelquefois cette surface legonfle en diverses grosses protubérances,qui tendent uniformément vers la terre ;d’autres fois tout un côté de nuage est in-cliné vers la terre, à laquelle son extrémitétouche presque. Quand l’œil est au-destonsd’un nuage orageux, après qu’il est devenugrand & bien formé, on le voit s’abaisler& devenir prodigieusement obscur : dansle même tems l’on voit plusieurs petitsnuages étrangers, dont on ne peut jamaisappercevoirl’origine, dans un mouvementrapide , & étant poussés en-bas, suivant desdirections tout-à-fait indéterminées. Tan-dis que ces nuages font agités du mouve-ment le plus rapide, c’est alors que la pluietombe ordinairement avec le plus d’abon-dance ; & si l’agitation est excessivementgrande , il grêle pour l’ordinaire.

Pendant que le nuage orageux le gonfle &étend ses branches fur une grande étenduede pays, les éclairs s’éiancent visiblementd’une partie de ce nuage à l’autre, & sou-vent toute sa maííè en est éclairée. Quandle nuage a acquis une étendue suffisante,la foudre frappe entre le nuage & la terre,en deux endroits opposés, laissant aper-cevoir fa trace à travers tout le corps dunuage & de ses branches. Plus ces éclairsdurent long-tems, plus le nuage devientrare & moins obscur, jusqu’à ce qu’enfiail se creve en différons endroits , & laissevoir au travers un ciel serein. Quand bnuage orageux est ainsi dispersé , les partiesqui occupent les régions supérieures del’athmosphere , font uniformément éten-dues & fort minces ; & celles qui fortau-dessous font noires, mais aussi minces,& elles se dissipent peu à peu, sans êtreemportées par aucun vent.

Après avoir vu ce que ce physicien 1observé en plein air, votons ce qu’il aobservé ensuite chez lui à son appareil;Jamais il n’a manqué d’être ékclrifo J