ÎO0
rapproche d'un nuage orageux ou de quel*qu’une de ses branches ; & le courant defeu qui en partoit, étoit d’ordinaire con-tinuel , tant que le nuage étoit directementau-dessus de f appareil. II découvrit ausside son côté, que les nuages orageux étoienttantôt dans un état positif, tantôt dansun état négatif d’électricité, & il éprouvaces changemens dans un même nuage quipaííà fur son observatoire. L’électricitédemeuroit plus ou moins de tems de lamême espece, à proportion que la direc-tion du mouvement de la nuée orageuseétoit simple & uniforme. Mais quand fo-rage changeoit de place , il arrivoit com-munément un changement'dans l’électri-cité de son appareil. Elle changeoit subi-tement après un violent éclat de tonnerre ;mais le changement étoit graduel lors-que le tonnerre étoit modéré, & que leprogrès de la nuée orageuse étoit lent.M. Canton dit que ce changement a eulieu six fois dans son appareil en moinsde demi - heure. Le même physicien aobservé que du 28 juin au 23 août 1754,son appareil avoit été électrisé positivementtrente-une fois, qui prises ensemble ontduré trois heures trente-cinq minutes ; &négativement quarante - cinq fois , donttoute la durée fut de dix heures trente-neuf minutes.
On voit par tontes ces observations, tantde forage en-dehors que de f appareil en-dedans de la maison , que dans un orageordinaire il y aune quantité de fluide élec-trique presque inconcevable ; puisqu’unnombre fort grand de corps pointus ,comme les arbres, les clochers , &c. entirent continuellement, & qu’il s’en dé-charge úne quantité prodigieuse sur la terreou de la terre.
Après avoir donné le précis de ce quele pere Beccaria dit des apparences, nousprésenterons aussi de même la maniérédont ce célébré physicien les explique ,ainsi que quelques autres phénomènesprincipaux & bien connus de la même es-pece d’orages.
En considérant f immense quantité defeu électrique qui paroît dans les plus pe-tits orages , il juge impossible qu’aucunnuage ou même un grand nombre de nuages
FOU rzr
puiflent la contenir toute, ni suffire pourla décharger ou pour la recevoir, bail-leurs , durant le progrès & faccroissementde la tempête, quoique la foudre frappâtfréquemment la terre , les mêmes nuagesétoient prêts, le moment suivant, à faireune décharge encore plus grande, & sonappareil continuoit à être aussi électriqueque jamais. Les nuages doivent par con-séquent recevoir d’un côté , au même ins-tant qu’il se fait une décharge de l’autre.Dans bien des cas , f électricité de sonappareil, & conséquemment celle des nua-ges , changeoit tout d’un coup d’une es-pece en f autre ; effet qui ne peut s’ex-pliquer par aucune décharge ou répara-tion simple. L’un & f autre doivent venirde ce que ces deux especes se succèdentfort vite.
L’étendue des nuages ne diminue pascette difficulté ; car quelque grande qu’ellesoit , la quantité doit être diminuée parchaque décharge. D’ailîeurs , les pointespar où se font les décharges insensibles ,font en proportion de f étendue des nuages.Ce n’est pas non plus enlever la difficulté,que de supposer que de nouveaux nuagesviennent remplacer ceux qui se sont dé-chargés ; car outre que les nuages ne fontpas propres à former forage , jusqu’à ceque tous ceux qui font à une grande dis-tance se soient réunis & aient formé unemasse uniforme , ces réparations ne peu-vent pas avoir de proportion avec la dé-charge ; & quelque quantité qu’il s’en trou-vât , ils seroient bientôt épuisés.
C’est pourquoi, dit le P. Beccaria , lamatière électrique doit s’élancer continuel-lement des nuages dans un endroit, dansle même tems qu’elle se décharge de laterre dans un autre. On doit nécessairementconclure de tout cela , que les nuages fer-vent de conducteur, pour voiturer le fiu;deélectrique des endroits de la terre qui enfont surchargés, à ceux qui en font épuisés.II propose même une expérience à ce sujet ;c’est d’avoir deux observatoires fort éloi-gnés l’un de f autre, mais dans la routeque tiennent les nuages orageux , & d’exa-miner si f appareil dans un endroit n’est passouvent positif, tandis qu’il est négatif dansl’autre.
R ij