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Tome XV.
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électricue, de quelque part qu’elîe fc r s,attire à elle, & enleve dans les plus hautesrégions de l’air, les particules aqueuses , quisont dispersées dans Pathmolphere. Cettematière monte aux plus hautes régions deï’athmosphere,parce qu’elle y trouve moinsde résistance que dans la masse communede la terre, qui dans ces tems-là est ordi-nairement fort seche, & conséquemmentfortement électrique. L’uniformité aveclaquelle les nuages orageux s’étendent & segonflent en voûtes, doit venir de ce qu’ilssont affectés par quelque cause qui, commela matière électrique, se répand uniformé-ment par-tout où elle agit ; & austì de larésistance qu’ils rencontrent en montantau travers de l’air. Pour preuve de cela,la vapeur qui s’éleve d’un éolipyle élec-trisé, se répand avec la même uniformité,forme des routes semblables, & s’étendvers toute substance propre à lui servir deconducteur.

La même cause, qui d’abord a formé unnuage des vapeurs dispersées dans l’athmos-phere , y attire ceux qui sont déj à formés ,& continue à en former de nouveaux, jus-qu’à ce que toute la mastè rassemblée s’é-tende assez loin pour atteindre à une par-tie de la terre, où il y ait un manque defluide électrique. Là, ces nuages remplisd’électricité seront fortement attirés, &la matière électrique s’y déchargera d’elle-même fur la terre. Un canal de commu-nication étant ainsi établi, il s’élevera dela partie surchargée un nouveau renfort dematière électrique , qui continuera d’êtrecharriée par le moyen des nuages, jusqu’àce que l’équilibre du fluide électrique soitrétabli entre les deux endroits de la terre.Quand les nuages sont attirés dans leur pas-sage par les parties de la terre où il y a undéfaut du fluide , il se forme ces fragmensdétachés, ainsi que ces protubérances uni-formes pendantes, que le P. Beccaria croitêtre, en certains cas, la cause des trombes& des ouragans. Mais nous devons faireobserver à l’égard des fragmens dont onvient de parler, qu’on en voit aussi qui ontla même figure, à des nuages électrisés né-gativement, lorsqu’ils sont attirés par laterre électrisée positivement.

Avant qu’on eût reconnu Tétât des nuages

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orageux LU moyen des barres, & que l’oneût appris que ces nuages étoientle plus sou-vent électrisés négativement, on ne pouvoitpas se persuader que la foudre pût partir deterre pour frapper les nuages, com me le mar-quis Maffei assuroit T avoir observé ; maiscomme les apparences sont à peu de choieprès les mêmes dans Tun & l’autre cas, ex-cepté quelques circonstances particulièresqui ont pu favoriser un observateur atten-tif, ainsi que l’observation que nous avonsrapportée de M. Wilcke k prouve, il devoirtoujours paroître aux yeux, que la foudrepartoit des nuages. Le P. Beccaria nous ditaussi la même chose ; il nous astùre qu’on avu sortir la foudre des cavités souterreines,des puits. On a vu , dit-il, des puits se rem-plir plus promptement dans les orages quedans tout autre tems, & d’autres dont T eause trouble constamment à Tapproche dutonnerre : tout cela, joint aux trous pro-fonds que la foudre a faits en beaucoupd’endroits qu’elle a frappés, semble indi-quer que la matière électrique sort delieux bien au-dessous de la surface de laterre, & qu’elle y pénétré de même. Maistoutes ces observations ne changent rien àla méthode de préserver les bâtimens àl’aide des verges pointues ; elles montrentseulement qu’il convient d’enfoncer laverge de fer qui est au bout du fil de fer,un peu profondément dans la terre, sur-tout jusqu’à ce qu’on atteigne une couchede terre humide, parce qu’on sera plus sûralors de diriger le coup qui viendroit dedessous terre, par la verge, d’où il passeraaux nuées, ou insensiblement, ou tout d’uncoup avec éclat.

La plus grande difficulté que l’on trouvedans cette théorie de Porigine des orages,regarde l’assemblage & l’isolation de lamatière électrique dans le corps de la terre.Par rapport au premier, le P. Beccaria n’arien de particulier à dire. II y a certaine-ment quelques opérations dans la nature ,qui sont accompagnées d’une perte d’équi-libre dans le fluide électrique ; mais per-sonne , dit ce pere , n’a encore assigné unecause plus probable de la surabondance de lamatière électrique, qui en effet abonde sou-vent dans les nuages, que ce qu’on peut sup-poser avoir lieu dans ses eauailsesce la terre ;