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Tome XV.
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& en supposant paisible la pertede l’équìU-bre, la même cause qui l’a produite, empê-cheroit son rétablissement ; de sorte quecette matière trouvant des obstacles pours’ouvrir un passage aisé à travers le corpsde la terre, elle sortiroit avec le vent le plusfavorable, comme étant le meilleur moyenpour se rendre dans les hautes régions deî’athmosphere. Souvent pendant de violenstonnerres, l’appareil électrique du P. Bec-caria donnoit des étincelles visibles, quoi-qu’il communiquât avec la terre.

On a encore observé que quand l’apparejlélectrique estélectrisé positivement, il y'aalors au-dessus un petit nuage noir assezbas. Quelquefois auísi toutes les nuées ora-geuses font dans un état négatif, d'autresfois dans un état positif, quoiqu’il pleuvebeaucoup dans l’un & l’autre cas.

Le bruit que la fondre fait en partant,est fans doute causé par l’air qu’elle trouvefur son passage , qu’elle déplace avec beau-coup de violence, & auquel elle imprimecertaines vibrations. Le P. Beccaria croitqu’une des principales raisons pourquoices longs éclairs, entr’autres, font suivisd’un bruit qui dure si long-tems, est lagrande étendue du vuide qu’occasionne,en passant, la matière électrique. Car quoi-que l’air s’affaistè le moment d’après que lafoudre a pafie, & que la vibration, d’oùdépend le son , commence au méme instantdans toute la longueur du trajet ; cepen-dant si la traînée étoit dirigée vers la per-sonne qui entend le bruit, les vibrationsexcitées au bout du trajet le plus proched’elle, atteindroient à son oreille bienplus tôt que celles qui font excitées à l’extrê-mité la plus éloignée ; & le son continue-roit sans aucune répercussion ou écho, juf-qu’à ce que toutes ces vibrations lui fussentsuccessivement parvenues.

Nous terminerons ici ce que nous avonsà rapporter du système de cet ingénieuxphysicien sur la formation du tonnerre.Ce n’est pas que nous ne puissions en tirerencore plusieurs autres choses curieuses quele lecteur ne trouveroit pas indignes de sonattention, mais il faudroit pour cela trans-crire ici ses Lettres en entier : d’ailleurs ilnous paroît que ce que nous venons dedire fur cette matière, est assez étendu

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pour satisfaire nos lecteurs ; s’ils en veulentsavoir davantage, il ne leur sera pas dif-ficile de recourir aux sources où nous avonspuisé.

Après tout ce que nous venons de direfur la nature de la foudre , il fera facile derendre raison de quelques effets qu’elleproduit tant fur les bâtimens que fur les au-tres corps qu’elle frappe. M. Franklin dit,par exemple, que la foudre tomba fur leclocher de la ville de Nesvburg dans lanouvelle Angleterre , qui étoit terminé parune haute pyramide de bois : celle-ci futmise en pieces par la foudre, & les éclatsenvoyés très-loin tout autour fur la placeoùl’église étoit bâtie, & la cloche resta àdécouvert. Elle rencontra ensuite un fil defer qui alloit du marteau qui étoit près dela cloche pour frapper les heures , jufqu’àl’horloge ; elle le suivit sans nuire nullepart, quoique ce fil de fer passât à traversdeux planchers & fur un mur de plâtre jus-qu’à l’horloge, où le métal venant à luimanquer, elle descendit à terre par le mur,mais en recommençant ses ravages, qui nefurent pas auísi grands que dans la pyrami-de ; cependant elle en arracha des pierres,méme de celles des fondemens, qui furentlancées à vingt ou trente pieds.

Pour expliquer ces phénomènes , il fautse rappeller que le bois en général est unassez mauvais conducteur de la matière élec-trique , & qu’il ne la conduit pas du toutcjuand il est bien sec ; outre cela on saitqu’une décharge d’une batterie électriquepeut bien se frayer un passage à travers unverre mince, mais c’est en le mettant enpieces. On trouve ici le même cas ; h fou-dre tomba d’abord fur le coq de fer quiterminoit la pyramide , & qui la conduisitjusqu’à la poutre qui le portoit ; celle-ciétoit fans doute seche, & par conséquentun mauvais conducteur ; ensorte qu e h fou-dre ne put la traverser sans la mettre enpieces, de même que d’autres qui yetoientattenantes, auxquellesla matière électriques’attacha à cause de sa quantité : elle trouvaensuite un bon conducteur, savoir, un njde fer, qui fut capable de la conduire auf»loin qu’il s’étendoit fans qu’elle nuisît nullepart. II est vrai que ce fil de fer fût fond»,parce qu’il se trouva trop mince pour relu'