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Tome XV.
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ter à faction d’une íì prodigieuse quantité de Imatière électrique en mouvement ; mais lependule de l’horloge,qui étoit plus épais,ayant la grosseur d’une plume d’oie, la con-duisit très-bien fans être endommagé : &cette circonstance est remarquable en cequ’elle nous fait voir qu’il ne faut pas un feraussi épais qu’on le croiroít d’abord, pourconduire une grande quantité de matièreélectrique fans en souffrir ; car il devoir y enavoir immensément, attendu l’effet terri-ble qu’elle produisit fur la pyramide & lereste de la tour. Mais tout cela nous mon-tre que les maux que la foudre cause, nerésultent que de l’imperfection des con-ducteurs qu’elle rencontre ; soit que de leurnature ils ne soient pas propres du tout àla conduire, ou qu’étant trop petits pouren conduire une certaine quantité, elleles détruise & nuise encore aux corps voi-sins qu’eìle n’auroit pas attaqués, si le pre-mier conducteur avoir été suffisant pour lacontenir.

Si la foudre ne met pas toujours le feuaux corps qu’elle frappe , c’est qu’ils nefont pas tous également combustibles ; ainsiil est rare qu’elle embrase des bâtimenshabités ; ce fera plutôt des granges pleinesde foin ou de paille, ou des magasins rem-plis de chanvre ou d’autres matières très-combustibles, auxquelles elle mettra lefeu. Cependant il arrive quelquefois que lamatière électrique qui forme la foudre esten si grande quantité, & qu’elle est pousséeavec tant de violence, qu’elle embrase tousles bois qu’elle trouve fur son passage. Carnous savons que la rapidité du mouvementde cette matière est la cause de la chaleurqu’elle produit dans les corps , & de leurembrasement.

Ce que nous avons dit jufqu’ici, sert àexpliquer d’autres phénomènes qu’on re-marque fur les corps humains frappés dela foudre. Le pere Beccaria raconte d’unhomme qui avoit été ainsi tué en Italie ,que la foudre l’avoit d’abord atteint parune veine du col , & l’avoit suivie danstoutes ses ramifications ( comme étant lemeilleur conducteur ) , de forte qu’on envoyoit la figure à travers la peau,mieux des-sinée qu’aucun pinceau n’auroit pu le faire :mais ce qu’il y a eu ici de singulier, c’est

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que le cadavre devint extrêmement roided’abord après avoir été frappé. 11 est diffi-cile de rendre raison de ce cas particu-lier , puifqu’on a vu d’autres personnes quiavoient eu le même fort,être beaucoup plussouples après avoir été frappées , que ne lefont ordinairement les morts. On remar-que aussi quelquefois, que la peau de cespersonnes a été brûlée ; c’est par la mêmeraison que l’on a rapportée ci-destùs, quifait que le bois est brûlé. Mais on a trouvédes gens tués après un coup de foudre ,fur lesquels on n’a pu découvrir aucunemarque qu’ils aient, été touchés ni exté-rieurement ni intérieurement. II y a desfavans qui attribuent leur mort à la frayeurque leur a causé le coup qui a frappé si prèsd’eux, & ils citent des exemples de per-sonnes qui font revenues à elles insensi-blement , & ont repris leurs esprits parlessecours de la médecine. D’autres croientque ces perfbnnes-là ont été suffoquées parles esprits sulfureux que l’on sent toujourspar-rout où la foudre a pasté, & que l’onfait être un poison très-prompt pour lesanimaux. Enfin le pere Beccaria croit quela foudre peut occasionner un tel vuideautour des personnes près dtsquelles elletombe ; que l’air sortant des poumons pourle remplir , ils restent flasques & vu id esau point de ne pas pouvoir reprendre leurjeu : & il est vrai qu’on a trouvé les pou-mons de quelques personnes tuées par lafoudre , dans cet état. Mais l’étendue quenous avons déjà donnée à cet article, nenous permet pas de pousser plus loin cesdétails. Les curieux trouveront dans Y His-toire de Vélectricité, part. X, sect. xo, unerelation exacte de la mort de M. Rich-man , premier martyr de I’électricité , quifut tué par un coup qui partit de son ap-pareil.

Le tonnerre agit singulièrement sur quel-ques liqueurs : par exemple , le lait cjuel’on tire des vaches & que l’on garde dansles chalets des montagnes de la Suisse,pour en faire du fromage îorsqu’on en aassez ramassé, s’aigrit toujours après deviolons tonnerres. Il y a, dit-on, des li-queurs qui commencent à fermenter dansde pareils orages , d’autres qui ceslènt*Mais à l’égard du lait, le fait est certain ;