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chute, oumème la formation du tonnerre,est toujours accompagnée. Leur existenceest fort douteuse. M. Lémery croit pour-tant qu’il n’est pas absolument impossibleque les ouragans , en montant rapidementjusqu’aux nues, n’enlevent avec eux desmatières pierreuses & minérales, qui s’a-moiîissint & s’unissant par la chaleur, for-ment ce qu’on appelle pierre de foudre. Sicette idée de M. Lémery n’est pas unevision, il ne s’en manque guere.
Ce qu’on a pris pour une pierre de fou-dre , est une matière minérale, fondue& formée par Faction du tonnerre, oupeut-être même quelque substance, telleque la terre en renferme beaucoup dans lesendroits où elle a été fouillée par des vol-cans qui fe font éteints.
Le tonnerre étant venu à tomber dansces endroits, & le peuple y ayant ensuiterencontré ces substances qui portent exté-rieurement des empreintes évidentes deFaction du feu, il les aura prises pour cequ’il appelle des pierres de foudre.
Foudre. (Me de c . & anatom. ) Lesmédecins recherchent très-curieusementquelle peut être la cause de la mort deshommes & des animaux qui périssent d’uncoup de foudre , fans qu’on leur trouveaucun mal, ni aucune trace de ce qui peutleur avoir ôté la vie. Meurent-ils par lafrayeur que leur fait le fracas horrible dutonnerre, &: le grand feu dont ils se voientenvironnés? Sont-ils étouffés par la vapeurdu soufre allumé, qui est le poison le plusprompt pour tous les animaux ? Ou bien nepourroit-on pas croire aussi que, lorsque lafoudre éclate, & qu’elie chasse I’air deJ’endroit où elle agit, en lui faisant perdreen même tems son élasticité, les animauxfe trouvent alors comme dans un vuideparfait, & meurent de la même maniéréque ceux que l’on enferme sous le récipientd’une pompe pneumatique ? II est a fiezvraisemblable que ces trois causes séparé-ment ou conjointement, produisent la des-truction de la machine.
Scheuchzer raconte qu’une femme quiportoit son enfant fur ses bras, fut touchéed’un coup d q foudre dont elle mourut, fan?que l’enfant en reçût le moindre mal: onvoit par cet exemple, que la frayeur seuleTqpxe XV.
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peut avoir procuré la mort de cette fem-me , puisque les deux autres causes ne pa-roissent point avoir eu lieu dans cette oc-casion.
Lover & Willis ayant ouvert un jeunehomme qui avoir été frappé de la foudre ,lui trouvèrent le cœur sain & les poumonstrès-gonflés ; ce jeune homme n’étoit doncpas mort par la troisième cause , mais parl’une des deux premîeres.
O’autres cas nous apprennent que leshommes peuvent mourir de frayeur, oiique la terreur peut les réduire à î’extrêmité.Deux exemples suffiront pour le prouver.Le tonnerre étant tombé en 1717 sur latour de S. Pierre à Hambourg , un jeunegarçon de quinze ans qui dormoit sur unechaise, en fut tellement saisi , qu’il demeuraquelque tems sans mouvement & fans sen-timent. La tour de ville d’Epéries , dans lahaute Hongrie, ayant été frappée de lafoudre la même année 1717, un étudiantqui se tenoit près d’une fenêtre, tombapar terre presque mort, fie ne reprit sesesprits que par les secours de la médecine.
On dit que MM. du Verney , Pitcarn,& autres, ayant ouvert plusieurs personnesqui avoient été frappées de la foudre , leurtrouvèrent les poumons affaisses, commeceux des animaux qu’on fait mourir dans levuide. La cause de la mort de ces personnesfera donc ici la troisième de celles que nousavons exposées.
Enfin quelquefois la foudre opéré fur lecorps de ceux qu’elle fait périr, plusieursphénomènes fort étranges ; & les mémoiresde l’académie de Pétersbourg m’en four-nissent un exemple trop curieux pour lep aster sous silence. Ces mémoires rappor-tent , tome VI, page 383 , que dans la dis-section du cadavre d’un homme tué d’uncoup de foudre à Pétersbourg, le bas-ven-tre & la verge forent trouvés prodigieu-sement enflés. La peau , du côté gauche,ressetnbloit â du cuir brûlé ; touteslês au-tres parties du corps avoient une couleurde pourpre, excepté le cou qui étoit rougecomme de l’écarlate : on appercevoit lesmarques d’une petite hémorrhagie à l’o-reille droite : fur le dessus de la tête sevoyoit une légere blessure, comme si lepéricrâne avoir été déchiré; & se crâne