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tondes au dieu Summanus ; &: si \zfoudregrondoit entre le jour & la nuit, ils l’appel-ìoïentfulgur provarsum & l’attribuoientconjointement a Jupiter & à Summanus.
Non contens de cette distinction géné-rale , ils tiroient toutes sortes de présagésde la foudre. Quand, par exemple, elleétoit partie de l’orient, & que n’ayant faitqu’effleurer quelqu’un , elle retournoit dumème côté, c’étoit le signe d’un bonheurparfait , fummee felicitatis preefagium ,comme Pline le raconte à Poccanon deSilla. Les foudres qui faifoient plus de bruitque de mal, ou celles qui ne signifioientrien , étoient nommées vana & bruta ful-mina ; celles qui promettoient du bien &du mal s’appelloient/ariAaz fulmina. ; &Iaplupart des foudres áo cette espece étoientprises pour une marque de la colere desdieux : telle sut \z foudre qui tomba dans le-camp de Crassus ; elle fut regardée commeun avant-coureur de fa défaite ; & telle en-core , selon Ammien Marcellin, fut cellequi précéda la mort de Pempereur Valenti-nien. De ces foudres de mauvais augure,il y en avoit dont on ne pouvoit éviter leprésage par aucune expiation , inexpiabilefulmeti ; tk d’autres, dont le malheur pou-voit être détourné par des cérémonies reli-gieuses , piabile fulmen.
La langue latine s’enrichit de la sotteconfiance qu’on donnoit aux augures tirésde la foudre. On appella conciliaria ful-mina celles qui arrivoient lorsqu’on déli-bérois de queiqu’assaire publique ; auclora-tiva fulmina , celles qui tomboient aprèsles délibérations prises, comme pour les au-toriser ; monitoriafulmina , celles qui aver-tissoient de ce qu il falloit éviter ; depre-c aria fulmina , celles qui avoient apparencede danger, fans qu’il y en eût pourtant ef-fectivement ; pojlulatoria fulmina , cellesqui demandoient le rétablissement des sa-crifices interrompus ; familiaría fulmina ,celles qui préfageoient le mal qui devoir ar-river à quelque famille ; publica fulmina ,celles dont on tirait des prédictions géné-rales pour trois cents ans ; & privata ful-mina , celles dont les prédictions particu-lières ne s’étendoient qu’au terme de dixannées.
Ainsi les Romains porterent au p’u ; haut
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comble d’extravagance ces solies;ils vinrentjufqu’à croire que le tonnerre étoit un bonaugure quand on l’entendoitdu côté droit,& qu’il étoit au contraire un signe fatal,quand on l’cntendoit du côté gauche; iln’étoit pas même permis, suivant le rap-portée Cicéron, de tenir les assemblées pu-bliques lorsqu’il tonnoit. J ove tonalité ful-gurante , cornitia populi habere nefas.
Les endroits frappés de la foudre étoientréputés sacrés ; & comme li Jupiter eûtvoulu se les approprier , il n’étoit plus per-mis d’en faire des usages profanes. On y éle-vois des autels au dieu tonnant, avec cetteinscription, Deofulminatori. Les arufpicespurifioient tout lieu fans exception, fur le-quel la foudre étoit tombée , & le consa-craient par le sacrifice d’une brebis appelléebidens , c’est-à-dire, à qui les dents avoientpousse en-haut & en-bas ; ce lieu séparé detout autre, s’appeììoit bidental, du nom dela brebis qu’on avoit immolée, & on regar-doit pour impies & pour sacrilèges ceux quile profanoient ou en remuoient les bornes;c’est là ce qu’Horace appelle quelque partmovere bidental.
Tout ce qui avoit été brûlé ou noirci patla foudre , étoit placé fous un autel couvert,& les augures étoient chargés de ce soin.On employeur en particulier certains prêtresnommés par Festus flrufertarii , pour pu-rifier les arbres foudroyés. 11s faifoient àce sujet un sacrifice avec de la pâte cuitesons la cendre , comme nous l’apprendl’infcription tirée d’une table de bronzeantique trouvée à Rome, & citée par nosantiquaires.
Avant cette purification, les arbres frap-pés de \zfoudre passoient pour être funestes,& personne n’oíòit en approcher. Aussi dansle Trinummus de Fiante , acte II, sc. IV,un esclave voulant conserver à son maîtrele seul champ qui lui restoít & qu’il traitobligé de donner pour la dot de sa sœur, faitune fausse confidence au pore de l’amantde cette sœur ; & pour le détourner d'ac-cepter ce champ, il lui dit, gardez-vous-en bien ; car les arbres y ont été frappés dela foudre ; les pourceaux y meurent ; lesbrebis y deviennent galeuses, & perdentleur toison.
Pline rapporte qu’il n’étoit pas permis deS ij