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Nous la nommerons donc une fianteépiphyllosperme , c’est-à-dire , portantses graines fur le dos des feuilles renfer-mées dans de petites vésicules, qui, lorsde leur maturité, s ’ouvrent en-travers parune elpece de ressort. Sa feuille cotonneuseest composée d’autres feuilles attachées àune côte, de maniéré qu’il y a des loges del’un & de l’autre côté. Ses lobes font dé-coupés , & la découpure pénétré jufqu’á lacôte principale ; on n’a point encore dé-couvert ses fleurs.
Parmi la quantité de fougères que nousprésentent l’un & l’autre monde , il y en atrois principales, d’usage dans les bouti-ques ; savoir, la fougere mâle , la fougerefemelle , & la fougere fleurie.
La fougere mâle s’appelle chez nos bo-tanistes , filix , fiiix mas , &c. Sa racineest épaisse , branchue , fibreuse, noirâtreen-dehors, pâle en-dedans, garnie de plu-sieurs appendices, d’une laveur d’aborddouçâtre , ensuite un peu amere , un peuastringente, sans odeur. Elle jette au prin-tems plusieurs jeunes pousses, recourbéesd’abord, couvertes d’un duvet blanc, les-quelles se changent dans la fuite en autantde feuilles larges, hautes de deux coudées,droites, castàntes, d’un verd-gai, qui fontcomposées de plusieurs autres petites feuil-les placées alternativement fur une côtegarnie de duvet brun ; chaque petite feuilleest découpée en plusieurs lobes ou crêtes ,larges à leur base , obtuses & denteléestout autour. II régné une ligne noire dansle milieu des feuilles, chaque lobe est mar-qué en-dessus de petites veines , & en-deíîòus de deux rangs de petits points decouleur de rouille de fer. Ces points fontfa graine, qui croît en petits globes fur lerevers de la feuille. Cette plante paroîtn’avoir point de fleurs ; ou si elle en a,on ne les a pas encore découvertes. Ellecroît à I’ombre des haies, dans les sen-tiers étroits , dans les forêts, & , commedit Horace » dans les champs incultes :
Neglellis urenda filix jam nafcitur agris.
La fougere commune ou la fougere fe-melle a dans nos auteurs les noms de filixfcemma , filix fcemina vulgaris , filixnon ramofa , thilypteris. Dilleu , &c. Sa
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racine est quelquefois de la grosseur dudoigt, noirâtre en-dehors , blanche en-dedans , rampante de tous côtés dans laterre, d’une odeur forte, d’une saveuramere , empreinte d’un suc gluant ; &étant coupée à sa partie supérieure , ellereprésente une espece d’aigle à deux têtes.
Sa tige, ou plutôt son pédicule est hautde trois ou quatre coudées, roide, bran-chue , solide j liste, & un peu anguleuse.Sesfeuille$sont'découpées en ailes; & cesailes font partagées en petites feuilles étroi-tes , oblongues , pointues , dentelées quel-quefois légèrement, d autres fois entíeres,vertes en-dessus, blanches en-dessous. Sesfruits ou ses vésicules font ovales commecelles de la fougere mâle , mais placées unpeu différemment fur le dos des feuilles ,comme nous l’avons dit ci-dessus, d’aprèsles observations de Tournefort.
Elle vient presque par-tout, principale-ment dans les bruyères, dans les lieux in-cultes Lt stériles. Sa racine est la feule par-tie dont on se serve en Médecine. Elle estd’une odeur forte , différente de celle de lafougere mâle , &ne rougit point le papierbleu. .11 y a apparence qu’elle contient unsel analogue , ou sel de corail, embarrassédans un suc glaireux que le fruit détruit,& qui suivant, Tournefort, est un mélangede phlegme , d’acide, & de terre.
íafougerefleurie s’appelle plus commu-nément ofmonde ; voye\-en L’article fousce nom ; & pour ce qui regarde les fougèresexpotiques voye\ le F. Plumier , de filici-bus americanis ; l’ Hïft. de la Jamaïque duchevalier Hans Sloane ; Petiver , Ptery-graphia americana continens plufquam400 filicesparias } &c. Lond. 1 6<qï,infol.fig. Ce sont trois ouvrages magnifiques ála gloire des fougères. II n’y a point deplantes à qui l’on ait fait tant d’honneur.(D. J.)
Fougere. ( Agriculture.) La fougerefemelle commune est pour les laboureursune mauvaise herbe , qui leur nuit beau-coup, & qui est très-difficile à détruirequand elle a trouvé un terrein favorablepour s’y enraciner : cjr souvent elle péné-tré par ses racines jusqu’à huit pieds de pro-fondeur ; & traçant au long & au large, elles’éleve ensuite sur la surface de la terre , &■
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