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Tome XV.
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FOlí

cesle qui abuse du nom sacré de l’amitié,pour trahir ceux qu’elle a dessein de per-dre. De tous les caractères vicieux , lefourbe est fans contredit celui qui méritele plus notre exécration. Les autres carac-tères s’annoncent ordinairement pour cequ’ils font, ils nous avertissent eux-mêmesde nous tenir fur nos gardes ; au lieu quele fourbe nous conduit dans le piege , lorsmême qu'il prétexte de nous en garantir.C.’est un hypocrite qui ourdit la trame deses noirceurs avec ce que les hommes res-pectent le plus ( + )

FOURBIR , v. act. nettoyer, rendrepoli & luisant. Ce mot fe dit plus particu-lièrement des armes -.fourbir une cuirasse ,lin casque , & encore plutôt des épées.

FOURBISSEUR , f. m. celui qui four-bit ; il ne fe dit plus que de l’artisan quifourbit & éclaircit les épées, qui les monte& qui les vend. Voye\ Fourbir.

Les outils & instrumens dont fe ferventles maîtres sourbijjeurs , font divers mar-teaux , toutes fortes de limes, des tenaillesde fer, des cisailles, des râpes, des bigor-nes , des étaux, soit à main , soit à établi ;un tas, des grateaux, des bruniílòirs, desforets avec la palette & leur archet, quan-tité de dissérens mandrins, comme ceuxqu’ils nomment mandrin de plaque , man-drin de garde , mandrin de corps , man-drin de branche , & mandrin de bout j unepointe, des pinces rondes, quarrées & poin-tues ; une chastb-poignée, une boule auchasse-pommeau ; des filières à tirer I’or,I’argent, le cuivre ; grand nombre de oise-lets , entr’autres, des gouges, des feuilles,des rosettes, des perloirs, des frifoirs , desmasques , des matoirs , des pointes , desgrattoirs, des couteaux à refendre , desfilières, & quelques autres qui fervent àdamasquiner & ciseler en relief les gardes,plaques, & pommeaux d’épée ; enfin diversburins & instrumens de bois fans nom,pour soutenir le corps de la garde en lamontant.

Les maîtres de cette communauté fontqualifiés, maîtres jurés sourbijjeurs & gar-nijseurs d’épées Ù autres bâtons au faitd’armes , de la ville de Paris.

Ils ont droit de fourbir, monter , garnir,& vendre des épées, des lances, des dagues,

FOU ifs

des hallebardes, des épieux , des malles^des pertuifannes, des haches, & les armesqu’on a inventées de nouveau , & dont onfe sert en la place des anciennes.

Quatre jurés, dont deux font élus tousles ans, veillent à Pobfervation c'es régle-mens, & doivent faire les vif tes deux loisle mois; ils donnent le chef-d'œuvre auxafpirans à la maîtrise , & appellent quatrebacheliers de ceux qui font les dernierssortis de jurande, pour juger fi le chet-d’œuvre est recevable.

Pour être reçu au chef-d’œuvre , il fautavoir fait apprentissage de cinq ans chezles maîtres de Paris. Les apprentifs des au-tres villes y peuvent néanmoins être reçus,en justifiant de trois années de leur appren-tissage , & en le continuant encore troisautres à Paris.

Les fils de maîtres , même des maîtresde lettres, ne font point tenus au chef-d’œuvre.

Les veuves jouissent de tous les privi-lèges de leurs maris, à la réserve du droitde faire des apprentifs: elles peuvent cepen-dant achever celui qui est commencé.

Aucune marchandise foraine ne peut êtreachetée par les maîtres, qu’elle n’ait été•visitée des jurés ; Lc même après la visite,elle est sujette au lottislage.

Les maîtres fourbijseurs peuvent seulsdorer, argenter & ciseler les montures& garnitures d’épées & autres armes ,comme aussi y faire & mettre des four-reaux.

Le bois qui sert à la monture des four-reaux fe tire de Villers-Cotterets ; on n’yemploie guere que du hêtre qu’on acheteen feuilles de quatre pouces de large, &de deux ou trois lignes d’épaisseur , &qu’après avoir dressé avec des râpes, oncoupe le long d’une réglé avec un cou-teau , pour les réduire & partager en unelargeur convenable à la lame qui doit yêtre enfermée : ces feuilles de hêtre fe ven-dent ordinairement au cent.

On réemploie point d’autre moule pourfaire ces fourreaux, que la lame même del’épée , fur laquelle on place d’abord lebois, qu’on couvre ensuite de toile , &enfin d’un cuir bien passé, qu’on coud par-dessus , après avoir collé le tout ensembles,