FOU
Pespece ordinaire ; Fauteur n’a pas pu re-connoître si c’étoit une femelle ou uneouvrièremais cette fourmi n’avoit pointd’ailes comme les mâles, qui étoient aussiun peu plus grands : elle avoir une couleurrougeâtre. Ce qu’il y a de plus singulierdans les fourmis de cette efpece, c’estqueles nymphes font renfermées dans des co-cues tiíîùes de fils, comme une forte detoile ; ces coques étoient beaucoup plusgrosses que les fourmis ouvrières qui lestranfportoient.
Les fourmis de la troisième efpeceétoient plus petites que les fourmis ordi-naires, plus noires & plus luisantes: Fau-teur les trouva fur des saules.
Celles de la quatrième efpece étoientencore plus petites, mais plus épaisses , &de couleur roufsâtre.
Les fourmis de la cinquième efpeceavoient le corps plus mince & plus alongéque celles de la quatrième. L’auteur a vules mâles : ils avoient des ailes ; mais il n’apoint apperçu de mâles parmi les fourmisde la troisième & de la quatrième efpece.
Celles de la sixième étoient très-peti-fes : Fauteur n’a point vu les mâles ; il afait graver une ouvrière dont la figure n’aqu’environ une ligne de longueur ; cesfourmis étoient de couleur brune, &ref-fembloient aux autres par la figure ducorps. On ne les voyoit que vers le milieudu mois de juillet ; il en venoit tous lesans dans ce tems quelques centaines qui ferépandoient fur le pain & fur le fromage ;passé le mois d’octobre il n’en restoit au-cune. Ces fourmis fortoient de la cave :mais l’eau y ayant séjourné pendant quel-ques mois, elles ne reparurent plus dansla fuite.
_ Swammerdam ne doute pas qu’il n’y aitbien d’autres elpeces de fourmis il endonne pour exemple, i°. desblan-ches qu’on lui a dit être dans les Indesorientales : elles font plus petites que lesfourmis ordinaires, & elles gâtent les pro-visions de bouche & les marchandises : z°.des fourmis rouges à pieds noirs, qu’on luiavoit envoyées de File de Ternatej ellesétoient un peu plus petites que celles de laseconde efpece, dont il a été fait mention.On lui a dit encore que Fou avoit vu dans
FOU i§s
les grandes Indes des fourmis longues com-me la premiere phalange du pouce ; queleurs fourmillieres avoient six pieds de tour jcju’elles étoient divisées au-dedans en plu-sieurs cellules , & qu’elles paroissoientquelquefois en partie hors de terre , &étoient d’autres fois entièrement enfouies.Biblia natures , pag. Z 66 & í'uiv.
Le P. du Tertre a vu dans les Antillesquatre fortes àefourmis : elles font^dit-il,d es provisions dans le tems de la récolte,quoiqu’il n’y ait point d’hiver dans ce cli-mat ; souvent elles causent un grand dom-mage, en enlevant les graines du tabac, oud’autres plantes, en une feule nuit, aussi-tôt qu’elles font semées. Les fourmis quiemportent ainsi les semences , font peti-tes , noires , assez semblables à celles quel’on voit le plus communément en Euro-pe ; elles font en si grand nombre qu’ellesinfectent les provisions de bouche, tellesque les confitures , les viandes , les grais-ses , les huiles , les fruits, &c. Quelque-fois elles couvrent les tables , de façonqu’on est obligé de les abandonner lanspouvoir manger de ce qui a été servi ; onest aussi contraint de sortir de son lit lorsiqu’elles y arrivent. II y a deux fortes defourmis rouges , très-petites, qui ne sontpas si communes que les autres ; ìesfour-mis de I’une de ces efpeces ne mordentpas, mais elles entrent dans les coffres quirenferment du linge , en si grand nombrequ’elles le tachent & le gâtent entière-ment ; les autres restent dans les bois ,fur les feuilles des arbres ; lorfcju’il entombe fur la chair , elles causent une dé-mangeaison très-vive.
Les fourmis les plus dangereuses fontcelles que l’on appelle chiens , à cause deleur morsure qui est plus douloureuse quecelle des scorpions ; mais la douleur ne durequ’une heure au plus ; ces fourmis fontlongues comme un grain d’avoine, & deuxfois aussi grosses. On en trouve par-toutdans les îles ; mais elles ne font pas en figrand nombre que les autres. Hifl. nat.des Antilles , tome II, pag. 343.
II y a au Sénégal des fourmis blanchesde la grosseur d’un grain d’avoine ; leursfourmillieres font élevées en forme depyramide, unies & cimentées au-dehors ;