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elles n’ont qn’une feule ouverture qui setrouve vers le tiers de leur hauteut, d’oùles fourmis descendent sous terre par unerampe circulaire. Hijl. gen. des voyagestome II.
A Bataviales fourmis font leurs nids oufourmillieres sur des cannes , pour éviterles inondations ; elles les construisent avecune terre grasse, & y forment des cellu-les. On voit fur la côte d’Or en Guinée ,des fourmillieres au milieu des champs, quifont de la hauteur d'un homme. 11 y en aaulíì de grandes fur des arbres fort éle-vés. Les fourmis sortent souvent de cesnids en si grand nombre , qu’il n’y a pointd’animal qui puisse leur résister ; elles dé-vorent des moutons & des chevres, enune feule nuit il n’en reste que les os. En- une heure ou deux elles mangent un pou-let. Les rafs ne peuvent pas les éviter; dèsqu’une fourmi a atteint un de ces animaux,il s’en trouve plusieurs autres qui fe ré-pandent fur son corps tandis qu’il s’arrétepour fe débarrasser de la premiere ; enfinelles l’accablentpar le nombre , & l’entraî-nent où elles veulent ; on a remarqué queces fourmis ont assez d’instinct pour allerchercher du secours dans la fourmillierelorfqu’elles ne peuvent pas emporter leurproie : les unes la gardent pendant que lesautres vont à la fourmilliere, & bientôtil en fort une multitude.
On trouve à Madagascar des fourmisvolantes qui restèmblent à celles de l’Eu-rope ; elles laissent fur les buiíîòns épineuxune humeur gluante, ou gomme blanche,qui sert de colle & de mastic aux habi-tansdu pays, & qui est astringeante. Voye\Laque.
On appelle en Amérique fourmis devisite , celles qui marchent en grandestroupes , qui exterminent les rats , lessouris , & d’autres animaux nuisibles ;Joríqu’on voit paraître ces fourmis , onouvre les maisons , les coffres, & les ar-moires , afin qu’elles puíílênt trouver lesrats & les infectes ; elles ne viennent pasaustì souvent qu’on le voudrait, car il fepastè quelquefois trois ans fans qu’il en ar-rive. Lorsque les hommes les irritent, ellesfe jettent fur leurs souliers & leurs bas•qu’elles mettent en pieces. Voye\ l’jr-
F O U
ticle Insecte. ( 1 )
Selon le rapport de personnes dignes defoi, il y a une efpece de fourmi dans les In-des orientales , qui ne marchent jamais àdécouvert, mais qui fe font toujours deschemins en galerie pour parvenir où ellesveulent être. Lorfqu’occupées à ce travailelles rencontrent quelque corps solide quin’est pas pour elles d’une dureté impéné-trable , elles le percent , & fe font jour autravers. Elles font plus : par exemple ,pour monter en hautd’un pilier, elles necourent pas le long de la superficie exté-rieure; elles y font un trou par le bas,entrent dans le pilier même, & le creu-sent jusqu'à ce qu’elles soient parvenues auhaut. Quand la matière au travers de la-quelle il faudrait fe faire jour est trop dure,comme le feroit une muraille, un pavéde marbre, &c. elles s’y prennent d’uneautre maniéré ; elles fe fraient le long decette muraille, ou de ce pavé, un cheminvoûté , composé de terre liée par le moyend’une humeur visqueuse , & ce chemin les• conduit où elles veulent fe rendre. La cho-se est plus difficile lorfqu’il s’agít de pastèrfur un amas de corps détachés ; un cheminqui ne feroit que voûté par-dessus, laisse-rait par-dessous trop d’intervalles ouverts,& formerait une route trop raboteuse :cela ne les accommoderait pas ; aussi ypourvoient-elles, mais c’est par un plusgrand travail ; elles fe construisent alors uneefpece de tube ou un conduit en forme detuyau, qui les fait passer par - dessus cetamas , en les couvrant de toutes parts.
Une personne qui a confirmé tous cesfaits à M. Lyonnet, a dit avoir vu quedes fourmis de cette efpece ayant pénétrédans un magasin de la compagnie des Indesorientales, au bas duquel il y avoir un tasde clous de girofle quialloit jufqu’au plan-cher, elles s’étoient fait un chemin creux &couvert, qui les avoir conduites par-dessusce tas fans le toucher , au second étage, oùelles avoient percé le plancher, & g£téen peu d’heures pour une somme consi-dérable d’étoffes des Indes , au travers def-quelles elles s’étoient fait jour.
Des chemins d’une construction si pé-nible , semblent devoir coûter un temsexcessif aux jouimií qui les !ònt; il leur