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Tome XV.
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tzir, qui aimoit mieux vuider ses trésorsque de céder ses provinces , ne restituaqu’une partie du duché de Finlande, &promit de payer au roi de Suede deuxmillions d’écus. Ce traité fut conclu en.1721 , & dès 1722 les traces de la guerrefurent presqu’entiérement effacées par lesfoins de Frédéric. Le commerce reprit favigueur premiere, la licence du soldat netroubla plus l’exercice du pouvoir législatif,& f état recouvra son antique splendeur.Le czar demandoit le titre de majesté im-périale ; le duc de Holstein Gottorp, celuid’altesse royale. Frédéric , qui savoit queles titres n’ajoutent & n’ôtent rien à la puis-sance ou au mérite des hommes, engageales états à leur accorder cet honneur. Fré-déric cherchoit ltii-rnême à rendre la Suederedoutable par des moyens plus furs , ilfaifoit fortifier les villes frontières, éta-blistòit dans les troupes une nouvelle dis-cipline, veilloit à ^exploitation des mines ;il s’unistbit à la France & à l’Angleterrepour la défense commune , & ratifioit letraité conclu à Hanover l’an 1727. LaRustie armoit depuis quelques annees , laPologne murmurait ; de légeres étincellesauraient allumé un grand incendie , st lesage Frédéric n’eut, par des négociationsadroites , étouffe ces troubles dans leurnaiílànce. Charles son pere , prince deHesse-Cassel, étoit mort : le roi prit pos-session de ses états, & forma un conseil derégence, dont son frété Guillaume fut lechef. Mais afin de veiller par lui-même aubonheur de fes premiers sujets, Frédéricappella près de lui quelques ministres Hes-sois. En même tems il favorifoit rétablis-sement d’une compagnie pour le commercefies Indes ; & pour encourager cette entre-prise , il augmentoit sa marine , & faifoitde nouvelles levées. II fut tranquille specta-teur des troubles de la Pologne , où quel-ques partis rappelloient le roi Stanislas, &renouvella l’alliance de la Suede avec laRussie, dont les mouvemens lui donnoientde I’ombrage, & sembloient tendre à unerupture. Cependant un nouveau palais ,orné avec goût, mais fans faste, s’élevoitStockholm, & les plus habiles artistesaccouraient du fond de l’Italie pour l’em-bellir.

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Frédéric estimoit les François : lorsquee marquis d’Antin qui avoit passé quel-ques jours avec son escadre dans le portde Stockholm , a'Joit mettre à la voile , leroi lui fit présent de son épée. « J’espere,

» dit-il, que vous vous en servirez pour» nous si nous sommes attaqués , comme„ nous pour Louis XV, si on lui suscite» quelque guerre ». Frédéric conclut en1740 un traité d’alliance avec la Porte, sansdoute pour intimider la cour de Russie quiparoisiòit chercher à réveiller les anciensdifférends. Ce prince aimoit mieux con-tenir les Russes, par unè sage politique ,que par la force de ses armes. Mais la na-tion plus impétueuse que lui, résolut laguerre dans une assemblée des états, tenuele 22 décembre 1740.

Le roi fut donc forcé d’applaudir lui-même au cri général du peuple : il voulut,malgré le poids des années, prendre le com-mandement de fes troupes ; mais on s’op-posa à cette résolution. Le comte de Lewen-haupt partit à la tête d’une armée, & lepacifique Frédéric dépêcha aussi-tôt lecomte de Nolken pour entamer une négo-ciation qui ne réussit pas. Cependant Fré-déric , occupé du bonheur de son peuple& de la splendeur de Yétat , faifoit creuserdes canaux, applanir des montagnes, éleverdes manufactures. La guerre fut malheu-reuse , & les généraux Lewenhaupt & Bu-denbroek payerent de leur tête les fautesSont la fortune étoit peut-être responsable.Enfin la paix fut conclue en 1743 ; il fallutl’acheter encore par des cessions considé-rables, & la cour de Russie ne fit que defoibles restitutions.

Cependant la succession à la couronnescmbloit devoir allumer dans l’intérieurde la Suede des troubles plus funestes queceux qu’elle avoit éprouvés fur ses fron-tières. Après bien des débats on élut Adol-phe Frédéric II, duc de Holstein-Eutin ,évêque de Lubec , & administrateur duduché de Holstein-Gottorp. C’étoit unesage précaution de désigner l’béritier dutrône du vivant de Frédéric I. Celui - cïaccéda à la ligue de Francfort , l’an 1744 ;mais de peur de déplaire aux états, il nefit cette démarche qu’en qualité de land-grave de Hesse ; l’alliance des cours de