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Tome XV.
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morceau de poésie, d’éloquence, de mu-sique , un tableau même, est froid , quandon attend dans ces ouvrages une expres-sion animée qu'on n’y trouve pas. Lesautres arts ne font pas si susceptibles dece défaut. Ainsi Parchitecture , la géomé-trie , la logique, la métaphysique , toutce qui a pour unique mérite la justesse,ne peut être ni échauffé ni refroidi. Letableau de la famille de Darius, peint parMignard , est très- froid , en comparai-son du tableau de Lebrun , parce qu’onne trouve point dans les personnages deMignard, cette même affliction que Le-brun a fi vivement exprimée fur le visage& dans les attitudes des princesses Persa-nes. Une statue même peut être froide.On doit voir la crainte & Phorreur dans lestraits d’une Andromede, l’effort de tousles muscles & une colere mêlée d’audacedans l’attitude & fur le front d’un Herculequi soulevé Anthée.

Dans la poésie , dans P éloquence , lesgrands mouvemens des pallions devien-nent froids quand ils font exprimés entermes trop communs, & dénués d’ima-ginatíon. C’est ce qui fait que Pamour quiest si vif dans Racine , est languissent dansCampistron son imitateur.

Les sentimens qui échappent aune amequi veut les cacher , demandent au con-traire les expressions les plus simples. Rienn’est si vif , si animé que ces vers d u Cid,va , je ne te hais point .... tu le dois....je ne puis. Ce sentiment deviendroityku'í/s’il étoit relevé par des termes étudiés.

C’est par cette raison que rien n’est sifroid que le style ampoulé. Un héros dansune tragédie dit qu’il a essuyé une tempête,qu’il a vu périr son ami dans cet orage. IItouche , il intéresse , s’il parle avec douleurde fa perte, s’il est plus occupé de son amique de tout le reste. II ne touche point, ildevient froid, s’il fait une description dela tempête , s’il parle de source de feu bouil-lonnant sur les eaux , & de la foudre quigronde & qui frappe à filions redoublesla terre & l’onde. Ainsi le fí.y\e froid vienttantôt de la stérilité , tantôt de l’intempé-rance des idées ; souvent d’une diction tropcommune, quelquefois d’une diction troprecherchée.

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L’auteur qui n’est froid que parce qu’ilest vif à contre-tems , peut corriger ce dé-faut d’une imagination trop abondante.Mais celui qui est froid parce qu’il man-que d’ame, n’a pas de quoi se corriger.On peut modérér son feu ; on ne sauroiten acquérir. Article de M. de Vol-taire.

Froid , ( Jurifpr. 'j en termes de droit ,frigidus , est la qualité que l’on donne à unhomme qui est atteint du vice de frigidité.Voye\ Frigidité. (A)

FROIDES, ( Semences ) Matièremédicale ; voyez Semences.

FROIDE ( allure). Manege. Sil’ons’enrapporte à certains auteurs de vocabulaires,& même à quelques-uns de ceux qui ontécrit fur notre art, on se persuadera quel’on doit entendre par allure froide , celledu cheval qui ne releve point en marchant,& qui rase le tapis ; mais si l’on cherche levéritable sens de cette expression, on fepersuadera qu’elle ne doit être mi se en usageque relativement au cheval dont la marchen’a rien de marqué ni d’animé , dont fac-tion des membres ne présente rien de re-marquable & de soutenu, qui chemine, enun mot, pour cheminer, & qui, convena-ble à des personnes d’un certain âge, ouà des personnes du sexe, parce qu’il a dela sagesse & que son allure n’est point fa-tigante , ne doit point être confondu avecdes chevaux naturellement foibles ou usés,& toujours peu sûrs. ( e )

Froide ( épaule ). Manege. VoyezEpaule.

FROISSER , v. act, ( Gramm. ) II sedit proprement de toutes les substancesflexibles, minces, & dont la surface estunie ; ainsi on froisse du papier, une étoffe,en y faisant des plis par le maniement. IIse prend cependant pour une action beau-coup plus forte , & alors ce pourroit bienêtre une espece de métaphore empruntéede la premiere action : lorsqu’on dit, il s’estfroissé tous les membres en tombant, celasignifie peut-être que fa chute a été si rudeque le corps en a été froissé comme unefeuille de papier.

FROLE ou CHAM Ai CE RAS US ,( Jardinage. ) arbrisseau dont il y a plu-sieurs especes qui, n’ayant toutes ni agré-Nnn