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Tome XV.
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ture , Engrais , Labour , &c.

On donne aux terres depuis trois jufqu’àcinq labours, selon leur qualité, & quel-quefois selon le hasard du terris. Lorsqu’onn’en veut donner que trois, on ne fait lepremier qu’après les semailles de mars ; maisíi vous en exceptez les glaises, que souventon ne peut labourer que trois fois, à causede la difficulté de saisir le moment conve-nable , il est toujours beaucoup plus avanta-geux de donner quatre labours aux terrespendant Tannée de jachère- Dans ce cas,le premier labour fe doit faire après les se-mailles des bleds, c’est-à-dire, pendant lemois de novembre ; & on laisse la terre engroslès mottes, exposée à Faction des ge-lées, qui fervent beaucoup à la façonner:lorsqu’au printems elle est devenue faine,on donne le second labour ; & il est essen-tiel que ce soit par un tems sec , sur-toutdans les terres un peu fortes. 11 est très-utile de herser la terre quelques jours aprèsce labour & les suivans ; elle en est mieuxdivisée, & les herbes qui auroient reprisracine font arrachées de nouveau : mais ilne faut herser que par un beau tems, &lorsque la terre est saine. Le troisième la-bour devient nécestàire vers le commence-ment de juillet ; & à la sin d’août on com-mence à donner celui qui doit être le der-nier, & qu’on appelle proprement labourà bled. II est estentiel que ce labour soit faitau moins quinze jours avant de semer lefroment , lorfqu’on doit le couvrir avec laherse. La nielle est plus à craindre, quandon seme sur un labour frais. Pendant cetteannée de jachère, on choisit un intervalleentre deux labours, pour engraisser la terre.Le degré de putréfaction du fumier qu’onVeut y répandre, & la facilité des charrois,règlent ce tems ; la nature & les besoins dela terre doivent décider de la qualité & dela quantité du fumier. Voye\ Engrais.

On promene auífi pendant tout le prin-tems & la plus grande partie de Tété, lestroupeaux fur les jachères ; elles leur fonttrès-utiles, parce que les prairies étant oc-cupées par le foin , il ne reste que très-peude pâturages proprement dits ; & les trou-peaux, beaucoup mieux que les labours,détruisent Therbe qui renaît continuelle-ment. On seme le froment depuis la fin de

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septembre jufqu’au commencement de no-vembre. En général, on peut assurer qu’ilest avantageux de le semer de bonne heure,II est bon que la plante acquière une cer-taine force avant T hiver ; qu’elle ait le temsde s’étaler, de fe faire de la racine & de lapampe. Si dans une année où Thiver feratrop doux, ce peut être un inconvénientd'avoir semé trop tôt, Texpérïence apprendqu’il y en aura dix où Ton fe repentira d’a-voir semé trop tard. II faut sur-tout fe pres-ser dans les pays où il y a beaucoup degibier, lievres, perdrix, &c.

La quantité de lievres fait au bled un tortdont on ne peut fe garantir par aucune pré-caution ; celle de semer de bonne heure &de fumer un peu plus, est suffisante pourpréserver du mal que peut faire une grandeabondance de perdrix. Pour semer d’unemaniéré avantageuse, il faut que la terre nesoit pas trop humide ; il est à souhaiterqu’elle soit fraîche : mais il vaut mieux se-mer dans la poudre, que de trop attendre.La semence doit être choisie avec soin : ilfaut que ce soit du plus beau bled de Tan-née ; & les bons laboureurs vont Tacheter àquelque distance, parce que le bled, commebeaucoup d’autres plantes, dégénéré si onle laistè dans la même terre. On lessive cettesemence dans une eau de chaux ; quelqueslaboureurs y ajoutent avec succès de T eauputréfiée avec leur fumier ; & il y a encored’autres préparations plus avantageuses.Voye\ Nielle.

Dans les environs de Paris, on seme ordi-nairement un feptier de bled, pesant deuxcents cinquante livres, dans un arpent àvingt pieds par perche : mais il est certainqu’un tiers de moins est suffisant dans uneterre bien préparée par les labours & parl’engrais : on pourroit même avec succèsen mettre encore moins.

Le froment semé un peu clair, est moinssujet à verser ; la paille en est plus forte ; lesépis font plus longs & plus gros , & la ré-colte en grain n’en est que plus abondante.

Lorsque la terre n’est ni seche ni froide,le bled leve au bout de quinze jours: aprèscela, si un reste de chaleur favorise encorela végétation, ses racines s’etendent dansl’intérieur de la terre ; plusieurs tiges se pré,parent, & la pampe s’étale. Pendant Thi-