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ver, la plante reste ordinairement dans unétat d’inaction ; & elle prend souvent unecouleur un peu jaune , lorsque la terre de-vient trop humide. Au printems, le pre-mier air doux la fait reverdir ; la tige seforme & commence à monter : c’elt alorsqu’il faut nettoyer le bled des mauvaises her-bes qui tendent à l’étouffer , & qui se mul-tiplient malgré les précautions prises pen-dant Tannée de jachère. II en est qu’il fautarracher avec la main , parce qu’elles ontdes racines très-profondes ; telles sont uneherbe connue assez généralement fous lenom de nelle , une autre appellée amarouteen beaucoup d’endroits, & celle nomméequeue de renard.
II en est d’autres, comme sont les char-dons , qu’on détruit avec un instrument ap-pellé sarcloir.Toutes ces plantes malfaisan-tes croistènt beaucoup plus vîte que le bled :elles Tétouffent ; L st on les laislè monter,leurs semences infectent la terre au pointque la destruction ne peut plus être faiteque par un travail de plusieurs années. IIfaut donc une très-grande attention à sarclerle bled : mais il faut que cette opérationse taílb avant que la tige soit à une certainehauteur : sans cela, elle seroit rompue ; Scon détruirait la plante, au lieu de la favo-riser.
Le bled fleurit vers la fin de juin ; chaqueépi n’est en fleurs que pendant un ou deuxjours : alors les pluies froides font à crain-dre ; elles font avorter une partie des grains.Un mois se pastè entre la floraison & la ma-turité: c’est pendant cet intervalle qu’onredoute avec raison les brouillards qui, íorí-qu’ilssont suivis dusoleil, causent la mala-die appellée rouille. Quelle que soit la ma-niéré dont les brouillards agissent, leur ef-fet malheureux n’est que trop certain ; lesbleds qui en ont été frappés ne grossissentplus ; les grains sent retraits, légers, &presque vuides. L’expérience n’a point ap-pris les moyens de prévenir cet accident ;& il paroît être de nature à tromper toutesles précautions que nous pourrions prendre.La rouille n’est à craindre que dans des an-nées humides & tardives. Cette maladie,quoique très - fâcheuse , Test beaucoupmoins que celle qu’on doit appeller nielle,& qui fait quelquefois de grands ravages :
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mais Thumanité doit tout récemment auxsoins Lt à la sagacité de M. Tillet, la décou-verte des causes de cette maladie, & deplusieurs remedes qui la préviendront oumême Tanéantiront dans la fuite. Voye\NIELLE. On donnera à cet article les dit-férens caractères des maladies confonduessous le nom de nielle , ou connues en di-vers lieux fous d’autres noms.
Lorsque \e froment approche de la ma-turité , la tige jaunit à Tendroit nommé lecollet , c’est-à-dire , à T extrémité de la tigequi approche de l’épi.
Lorsqu’il en est à ce point, rien ne re-tarde plus les progrès qui lui restent à faire :les pluies même semblent hâter Tinstantoù il sera bon à couper. Si Ton tarde trop,il s’égraine, & on en perd une partie : maisce qu’il y a de plus estèntiel à remarquerpour la récolte, c’est de ne lier le bled engerbes & de ne le ferrer que par un temssec ; sans quoi, il s’échausseroit dans lagrange, prendroit un mauvais goût, & onperdroit totalement le grain & la paille.
La nouvelle méthode pour la culture desterres, & lur-tout pour celle òu froment ,a fait assez de bruit pour être examinée ici.Si vous voulez vous en instruire, lisez lafin de Tam'c-se Agriculture. Cette mé-thode a eu moins de partisans St de célé-brité en Angleterre où elle est née, qu’enFrance où elle n’est qu’adoptive; elle ya été soutenue par Tactivité naturelle deM. Duhamel, par son zele plein de cha-leur pour le bien public, par une sorte detendresse paternelle qui masque les défautsde ce qu’on s’est approprié. Je ne parle pasdes difficultés que Ton trouve dans Tusagedes instrumens qui sont néceílàires pour lanouvelle culture ; je fais par expérience,que les instrumens se perfectionnent & de-viennent commodes entre les mains descultivateurs. II m’a paru que cette cultureavoit un vice intérieur, que rien ne pour-roit jamais corriger, il est certain que defréquens labours paroistènt rendre les ter-res fécondes : mais il ne faut pas beaucoupd’expérience pour savoir que si les labourssont la feule préparation qu’on leur donne,ce ne fera qu’une fécondité précaire , quiamenera une stérilité très-difficile à vaincre.
Les labours fréquens divisent, atténuent