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Tome XV.
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les molécules de la terre : mais cet avantageforcé n’est pas à comparer à celui qui ré-sulte de la fermentation intérieure & sourdede ces mêmes parties, qui s’opere naturel-lement dans le repos, & qui est encore ex-citée par le fumier qu’on y ajoute. On fait

? ^'indépendamment des labours, on a be-oin d’aider la terre par des engrais, enproportion de la quantité de récoltes qu’onlui demande. II peut arriver qu’une très-bonne terre brisée par des labours conti-nuels, produise pendant quelque tems avecune abondance extraordinaire ; mais ce se-ront ces efforts même qui détruiront fa fé-condité dans son principe ; le repos longqui deviendra nécessaire, anéantira lesavantages qu’on s’écoit promis. Indépen-damment de ces principes généraux, onpeut assurer qu’il y a eu une erreur de cal-cul très-considérable dans la comparaisonqui a été faite entre cette culture nouvelle& l’ancienne.

Dans le détail de la dépense, ce qu’il encoûte pour sarcler devroit être doublé plusde six sois. Onn’a pas vu de jardins , si l’onne fait pas avec quelle assiduité il faut arra-cher les mauvaises herbes que la culturerend vigoureuses & dominantes ; la mêmechose arrive dans la nouvelle culture dufroment ; chaque labour amene la nécessitéde sarcler de nouveau : ce n’est point uneopération facile &. prompte, comme cellequi se fait dans les bleds-ordinaires. II fautarracher avec la main des herbes fortes,dont les racines s’étendent au loin dans uneterre ameublie. Si leur tige se casse, onn’a rien fait. La répétition fréquente d’uneopération aussi longue devient rebutantepar les soins & les frais qu’elle exige. II y acu une autre erreur dans la comparaison desproduits : on fait le ^arallelle de ce querend une terre cultivée à l’ordinaire, avecce que donne la même quantité, suivant lanouvelle méthode. On établit la comparai-son fur quelques arpens dont on a pris leplus grand soin, selon la nouvelle méthode.Pour que le parallèle fût juste, il faudroitqu’on supposât l’ancienne pratiquée avecautant d’exactitude qu’elle pourroit l’étre.Je connois des terres de qualité moyenne,qui ne sont bien cultivées que depuis deuxans, & dont chaque arpent a produit dix

F R. O

septíers de bled. Si les mêmes soins leur sontcontinués , il n’est pas douteux que dans lafuite elles ne produisent douze septiersdans les années heureuses. D’aprés cela,un nouveau parallèle pourroit n’être pasfavorable à la nouvelle culture, mais je nele ferai point ici : je me contenterai de neconseiller à personne de cultiver ses terresde cette maniéré ; au reste, c’est au tems àdécider de la valeur de mes présomptions.Quoi qu’on dise de la paresse & de la stupi-dité des laboureurs, l’intérêt les éclairetoujours fur les choses vraiment utiles, désqu’une fois on les leur a montrées.

Lorsque le froment a été serré bien sec ,on peut le garder assez long-tems en gerbesdans la grange. Cependant Pusage de lebattre sur-le-champ est établi dans plusieurspays. Cette opération se fait de différentesmaniérés, dont aucune ne paroît avoir furl’autre un avantage bien marqué. Le grainétant sorti de l’épi, on le vanne pour le sé-parer encore de la paille légere des enve-loppes , qui s’est détachée avec lui. Aprèscela on le passe par le crible pour le net-toyer mieux, & on le porte dans le grenier.Pendant les premiers six mois on fait biende le remuer tous les quinze jours. Aprèscela il suffit de le faire tous les mois ; &la premiere année étant passée, on peut en-core éloigner cette opération de quelquessemaines. Le froment se conserve de cettemaniéré pendant six ans au moins. M. Du-hamel a éprouvé qu’on pouvoit portercette conservation beaucoup plus loin, avecun grenier d’une construction particulière.On y desseche d’abord le grain par le moyend’une étuve, & l’on entretient ensuite cepremier desléchement à l’aide d’un ventila-teur. M. Duhamel, sans rien oser assurer,présume avec de fortes raisons, que cettemaniéré de traiter le bled doit le préserverd’une espece d’infectes très - dangereux,qu’on appelle chcirençons , & contre les-quels on n’a trouvé jusqu’à présent aucunremede sûr. Voye% le traité de M. Duha-mel fur la conservation des grains.

L'importance dont est \q froment pour lavie des hommes, en a soumis d’une ma-niéré particulière la conservation & lecommerce à la vigilance publique. Lacrainte de disettes a fait faire beaucoup de

réglemens