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Tome XV.
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rois dn nord. Deux de ses sujets l’appeî-lerent en duel, & tous deux périrent de famain.

Frothon II. Si l’on en croît quelqueshistoriens, il ne dut la couronne de Dane-marck qu’à fa valeur. Sa force extraordi-naire lui mérita le surnom de vigoureux,qualité fort estimée dans un te ms & dansune contrée où l’on ne connoistòit d’au-tre droit que la force. II conquit la Nor-wege, en terrassant lui seul le roi Roger,& dix de ses plus braves courtisans. Dansces te ms plus que barbares, une couronneétoitleprixd’un coup de lance ou de mas-sue. Frothon II régnoit cent cinquanteans avant l’ere chrétienne ; & le duel étoitalors tellement à la mode, que lorsque lesrois manquoient de prétexte pour se décla-rer la guerre, ils prenoient celui de mesu-rer leurs forces.

Frothon III succéda à Fridlef I, versl’an 74 avant Jésus-Christ. Après une mi-norité orageuse , il envoya des ambassa-deurs au roi des Huns , pour lui demanderHannonde fa fille en mariage. Ceux-cifirent cette demande d’une maniéré quipeint bien les mœurs de leur siecle. II faut,difoient-ils , ou remettre votre fille entrenos mains, ou vous battre avec nous-.Cette harangue étoit pressante ; elle fit ef-fet , Hannonde fut conduite à la cour deDanemarck. Mais Frothon ne fut pas l’ob-jet qui fit le plus d’imprestìon fur son cœur.Le ministre Crêpa la vit, lui plut & l’ai-ma : ce favori étoit jaloux de la confianceque le roi donnoit à Ericle íage, qui étoitvenu de Norwege pour épier les desseinsde Frothon. Il conseilla au roi de le faireastà/Iiner. Ce prince rejeta ce conseil avechorreur. Bientôt Eric lui découvrit l’in-irigue sécrété de la reine & de Crêpa.Hannonde fut répudiée ; Frothon donnasa sœur en mariage à Eric, pour prix de ceservice, fi toutefois c’en est un. Eric alla,au nom du roi, demander la fille du roi deNonvege, & ? enleva tandis que ce princedélibéroit s’il devoir I’accorder.

Les Danois furent attaqués par les Van-dales ; le roi les repoustà, les poursuivit,massacra tout ce qui put lui résister , sou-mit le reste, & prit le titre de premier roides Vandales. Cependant le roi de Nor-

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wege s’apprêtoit à venger l’affront qu’ilavoir reçu ; il fit un armement considéra-ble : mais Frothon le prévint, le battit, &s’empara de fa couronne. Ce fut avec lamême facilité qu’il triompha des Huns,qu’il arracha un tribut aux Bretons, &qu’il conquit toute l'Irlande : il donna leroyaume de Suede à Eric, pour récompen-ser tous les services que ce ministre lui avoicrendus dans la guerre & dans la paix. Samort ne fut pas digne d’un si beau régné :il astìstoit au supplice d’un voleur ; une va-che vint, si l’on en croit l’histoire, le ter-rasser d’un coup de corne, & le peuplecrut que c’étoit la mere du voleur, célé-bré magicienne , qui, pour venger ou fau--ver son fils, avoir imaginé cette métamor-phose. On croyoit alors au pouvoir de lamagie : le nord a ses Circé, ses Pithonis-ses ; les rois même se faisoient initier danscet art, & leurs filles ou crédules ou four-bes rendoient des oracles.

Frothon III, plus sagequ’eux, aimamieux faire des actes d’équité & apprendreaux hommes ce qui est juste, que de leurprédire l’avenir. La longue paix dont lenord jouit pendant les dernieres annéesde son régné , le fit surnommer Y Augustedu nord. II en fut aussi le Lycurgue : toutecette contrée avoit été jusqu’alors peupléede brigands ; il les attira près de lui fousdivers prétextes, & les fit périr. Le sup-plice qu’il leur réservoir, étoit de devenirla pâture d*un loup affamé. Ce spectacleaussi effrayant que nouveau pour les Da-nois , fit fur eux une impression si forte,que le roi ayant fait suspendre des brace-lets d’or dans plusieurs forêts, personnen’ofa y toucher. II rendoit les magistratsresponsables des vols qui se commettoientdans leur jurisdiction. II fit encore d’au-tres loix qui prouvent moins ses lumièresque son zele. Ce fut lui qui régla le partagedu butin fait en guerre. Les vaisseaux prisdans un combat,dévoient appartenir au peu-ple. Celui qui le premier prenoit la fuite,étoit déclaré infâme. Les filles obtinrent ledroit de disposer de leur main sans le con-sentement de leur pere. Elles suivoient lesort de leurs époux ; & si le mari étoit es-clave, celle qui l’épousoit perdoit sa liberté.Le mariage étoit annulléparl’adultere. Ce-

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