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moins aisément quand ils font mouilles,qu’e'cant secs ; & il y a à cet égard de gran-des différences entre les différons corps,le frottement de quelques-uns étant pres-que doublé, & celui de quelques autresau contraire diminué. Je ne crois pas quedans un ouvrage tel que celui-ci, qui n’estpoint un traité complet du frottement , jedoive entrer dans le détail des expériencesfaites fur lés différentes fortes de matiè-res; jeremarquerai seulement que, commeon a des tables de la densité spécisique desdifférons corps , il seroit aussi fort à sou-haiter qu’on en eût sur leur frottement :mais en même tems que nous le désirons,nous ne pouvons nous empêcher de sentirqu’un tel ouvrage est presque impossible ;du moins il demanderoit une patience in-fatigable, & plus d’un observateur. Ilfau-droit avoir grand soin que hors la diffé-rence de la matière, il n’y en eût aucunedans les corps dont on voudroit comparerle frottement ; il faudroit employer la mê-me huile, & varier ensuite beaucoup lescirconstances, en les conservant néanmoinsles mêmes pour chaque forte de matière.Une grande difficulté qui s’y trouveroit,seroit qu’on observeront bientôt que dansde certaines circonstances, les mêmes pourle bois & le fer par exemple, le boiséprouve plus de résistance que le fer; &que dans d’autres, aussi Je s mêmes pources deux corps, le fer en éprouve plus quele bois ; ce qui obligeroit d’entrer dans deprodigieux détails , pour pouvoir tirer deces tables quelque secours.
II. La grandeur des surfaces frottéesavoit paru, jusqu’àM. Amontons, devoirentrer pour quelque chose dans f évalua-tion du frottement ; il sembloit naturel quedeux corps se touchant en plus de points,il y eût aussi plus d’éminences engagéesréciproquement dans les cavités des sur-faces de f un & de l’autre, & ainsi plus dedifficulté à les faire glisser l’un fur l’autre.M. Amontons, en examinant la chose deplus prés, a remarqué que ce n’étoit passeulement au nombre des éminences en-gagées dans les petites cavités des corps,qu’il falloit avoir attention, mais qu’il fal-loit aussi considérer le plus ou moins deprofondeur où elles pénétvoient. Or comme
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les éminences d’un corps qui en touche unautre par une large surface, doivent entrermoins profondément dans les cavités dece dernier que lorsque cette surface estétroite , puisqu’alors le poids du corps estemployé à faire entrer un plus grand nom-bre d’éminences, il en conclut qu’il se fài-soit ici une compensation , & que la gran-deur de la surface n’entroit pour rien dansdévaluation du frottement. Ce‘ raisonne-ment auroit converti peu de physiciens,s’il n’eût été accompagné de l’expérience :on auroit accordé à M. Amontons qu’ilprouvoit très - bien que , toutes chosesd’ailleurs égales, le frottement n’augmen-toit pas autant que la surface ; mais on luiauroit contesté î’exactitude de cette com-pensation qu’il supposoit, & que ce rai-sonnement ne démontroit nullement.
II eut donc recours à l’expérience , pourse confirmer dans fa conjecture, ou pourl’abandonner ; & il rapporte ( Mem. del'acad. 1703 ó 4) qu’il a toujours remarquéque la quantité du frottement étoit abso-lument indépendante de la grandeur dessurfaces. M. Camus ( Des forces mou-vantes ) , & M. Desaguliers ( Cours dephyfiq. expérim. ) confirment la mêmechose. Malgré toutes ces autorités , laquestion n’est point encore décidée. M.MVÍufTchenbroek ( Essais de phyf ) nousfait part de quelques expériences qu’il afaites fur le point dont il s’agit, & quifont entièrement opposées aux précéden-tes. Ayant mis en mouvement fur desplanches de sapin deux petites planchesaussi de sapin , longues chacune de 13 pou-ces , & larges l’une d’un pouce , & l’autrede deux pouces onze lignes , & chargéestoutes les deux d’un même poids , ycompris le poids de la planche; la pluslarge a toujours eu plus de frottement.M. l’abbé Nollet ( Leçons de phyf queexpérim. ) nous apprend aussi qu’il a tou-jours trouvé le frottement augmenté avecla surface. “
A ces expériences faites avec le plusgrand foin , si l’on ajoute que tous lesartistes qui ont besoin , pour la perfectionde leur ouvrage, de diminuer le frotte-ment , sont dans l’usage constant de dimi-nuer le contact, & s’en trouvent bien ,