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il sera bien difficile de ne pas pencher àcroire que la grandeur des surfaces ne soitde quelque influence pour 1 e frottement.Remarquons néanmoins que, fi l’on dimi-nuoit les surfaces jufqu’à les rendre tran-chantes , le frottement , bien loin d’êtrediminué, feroit dans plusieurs cas beau-coup augmenté. M. Muslchenbroek estmême dans l’idée que , pour une pressiondonnée, il y a une certaine grandeur desurface à laquelle répond un minimum defrottement ; de forte que , soit qu’on l’aug-menre ou qu’on la diminue , la résistanceest augmentée. Mais cela auroit besoind’être déterminé encore plus exactementpar l’expérience.
III. Tous les physiciens conviennentque la pression qui applique Tune à l’aucreles surfaces qu’on veut faire glisièr , estune des principales considérations qui doitentrer dans dévaluation du frottement.Non-seulement les expériences qu’ilsnousrapportent, mais aussi les observations lesplus communes & les plus journalières ,nous font voir que \e frottement augmenteavec cette force ; & l’on conçoit aisémentqu’une plus grande pression fait entrer àune plus grande profondeur les éminencesd’une surface dans les petites cavités del’autre , & augmente ainsi la difficulté qu’ily a à les en dégager. Mais il íê présenteici une question fur laquelle il faut avouerqu’il reste encore de l’incertitude ; c’estde savoir si le frottement augmente pro-portionnellement à la force qui appliqueles surfaces l’une à l’autre ; de façon qu’ily ait toujours un rapport constant entrecette force & la difficulté qui en résultepour mouvoir le corps ; ou bien , si cefrottement augmente plus ou moins queproportionnellement à cette pression.
- Les expériences de M. Amontons l’ontporté d regarder le rapport du frottementà la pression comme constant : il a cru quele frottement étoit à peu près le mêmepour les corps huilés ou graissés, & à peude chose près le tiers du poids. M. Defa-guliers le répete ; & la plupart des physi-ciens partent de cette hypothèse , quandils veulent faire le calcul du frottementde quelque machine. Cependant, après cequi a été dit plus haut des expériences de
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M. Musschenbroek , pour montrer que lefrottement des dissérens métaux huilés ougraissés, est très-différent , on ne fauroìtregarder comme aster généralement vrai& exact, que le frottement soit le tiersdu poids. Mais il y a plus : si l’on exa-mine avec foin les tables que MM. Camus& Muílchenbroek nous ont données deleurs expériences fur cette matière, onne trouve pas qu’un même corps diffé-remment chargé ait un frottement pro-portionnel à cette charge. Malheureuse-ment ces expériences , d'accord en cepoint, diffèrent en ce que celles du pre-mier font le frottement d’une surface peuchargée , proportionnellement plus grandque celui de celles qui le font plus: au lieuque, suivant celles de M. Musschenbroek ,il est souvent proportionnellement pluspetit. Par exemple , lorsque l’essieu dutribometre de M. Musschenbroek ( voye\Tribometre ) se trouvoit dans le bas-sinet de cuivre rouge , il falloir quatredragmes pour le mettre en mouvement,la charge étant de trois cents quatre-vingt-huit dragmes ; & il en falloir huit, s’ilétoit chargé de six cents quarante-huit ;au lieu qu’il n’en auroit fallu que six &deux tiers, à peu près , si le frottementeût augmenté proportionnellement à lapression.
Une telle contradiction entre les expé-riences de ces deux physiciens est d’au-tant plus singulière, qu’on n’en fauroitsoupçonner aucun de n’y avoir pas apportétoute Pexactitude & l’attention possibles.Je ne vois qu’une façon de les concilier :l’essieu du tribometre de M. Musschen-broek , & les bassinets qui le reçoivent ,font parfaitement polis , & Rappliquentainsi l’un à l’autre très-intimement , defaçon à laisser peu de vuide : cette appli-cation est d’autant plus intime, que l’essieuest plus chargé. Par-Ià l’essieu & le bassinetse trouvent dans le cas de deux plaques deverre bien polies, que la pression de Pairextérieur & l’attraction de contact col-lent si bien Pune à P autre , que non-seulement il est presque impossible de lesséparer directement, mais qu’outre celaelles gîislènt avec plus de peine que sielles eussent été moins exactement polies.