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Tome XV.
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la garde & apposition de ce scel ou an-neau comme une fonction des plus im-portantes.

Les rois de Perse avoient leur anneauou cachet dont i!s scelloient les lettresqu’ils envoyoient aux gouverneurs deleurs provinces.

Alexandre le Grand se voyant près demourir, commanda que l’on portât sonanneau sigillaire à celui qu’il désignoitpour son successeur.

Aman, favori & ministre d’Astùérus,étoit dépositaire de l’anneau de ce prince;mais ayant abusé de la faveur de son maî-tre , & fini ses jours d’une maniéré igno-minieuse, Astùérus donna à Mardochéele même anneau que portoit auparavantAman, pour marque de la confiance dontil honoroit Mardochée, & du pouvoirqu’il lui donnoit d’administrer toutes lesaffaires de son état.

Pharaon pratiqua la même chose, lors-qu’il établit Joseph viceroi de toute l’E-gypte : tulit annulum de manu sua , £?dédit eum in manu ejus.

Enfin Balthasar, dernier roi de Baby-lone, avoit aussi confié la garde de sonanneau â Daniel.

Les Romains ne connoistòient pointanciennement l’usage des sceaux publics ;ainsi l’institution de la charge de gardedes sceaux ria point été empruntée d’eux:les édits des empereurs n’étoient pointscellés ; ils étoient feulement souscrits pareux d’une encre de couleur de pourpre,appellée sacrum encautum , composée dusang du poisson murex , dont on faisoitla pourpre. Nul autre que l’empereur nepouvoir user de cette encre sans commet-tre un crime de lese-majesté, & sans en-courir la confiscation de corps & de biens;ensorte que cette encre particulière te-noit en quelque forte lieu de sceau.

Auguste avoit à la vérité un sceau oucachet, dont en son absence & pendantles guerres civiles, ses amis se servirentpour sceller en son nom des lettres & desédits ; mais ce qui fut pratiqué dans ce casde nécessité, ne formoit pas un usage or-dinaire , & les empereurs ne se servoientcommunément de leur cachet que pourclorre leurs lettres particulières, & non

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pour leurs édits & autres lettres qui dé-voient être publiques. >

Justinien ordonna seulement par sa no-velle 104., que tous les rescrits signés del’empereur seroient aussi souscrits ou con-tre-fignés par son questeur, auquel réponden France l’ofiìce de chancelier.

En France , au contraire , dès le com-mencement de la monarchie, nos rois, aulieu de souscrire ou sceller leurs lettres,les scelloient ou faisoient sceller de leursceau, soit parce que les clercs & les reli-gieux étoient alors presque les seuls quieustènt l’usage de récriture, ou plutôt par-ce que les rois ne voulant pas alors s’assu-jettir à signer eux-mêmes toutes les lettresexpédiées en leur nom , chargèrent unepersonne de confiance de la garde de leursceau, pour en apposer l’empreinte à ceslettres, au lieu de leur signature.

Celui qui étoit dépositaire du sceau duroi, du tems de la premiere race , étoitappellé grand référendaire , parce qu’onlui faisoit le rapport de toutes les lettresqui dévoient être scellées ; & comme faprincipale fonction étoit de garder le scelroyal qu’il portoit toujours fur lui, on ledésignoit aussi souvent sous le titre degarde ou porteur du scel royal: gerulusannuli regalis, cujlos regii Jìgilli.

Le premier qui soit désigné commechargé du scel royal, est Amalsindon , le-quel se trouve avoir scellé du sceau deThierri, premier roi de Metz, la charteportant dotation du monastère de Flavi-gny , au diocèse d’Autun : sgiliante , est-il dit ,perilluftri viro Amalfindone figil-'lo regio. Le titre de perillufiris que Poredonne â cet officier, marque en quelleconsidération étoit dès-lors celui qui avoitla garde du sceau.

Grégoire de Tours, liv. V, ch. 3 , faitmention de Siggo référendaire qui gardoitl’anneau de Sigebert premier, roi d’Aus-trasie, qui annulum Sigiberti tenuerat;& que Chilpéric roi de boissons, sollicitad’accepter auprès de lui le même emploiqu’il avoit eu près de son frere.

Sous Clotaire II, Ansbert archevêquede Rouen fut chargé de cette fonction,ainsi qu’il est dit en fa vie, écrite parAngrade ou Aigrade, religieux bénédictin,