Band 
Tome XV.
Seite
847
JPEG-Download
 

G A R

trie, & blessée, soit que des arçons troplarges ou trop ouverts occasionnent ladescente de l’arcade de la selle, soit quel’animal éprouve la morsure d’un autrecheval, quelques coups, ou un frottementviolent contre des corps durs.

II est certain que les blessures du gar-rot peuvent avoir des suites très-funestes,fur-tout lorsque le traitement en est con-fié à des maréchaux incapables d'en pré-voir & d’en redouter le danger. Les apo-phises épineuses dont j’ai parlé, font re-couvertes par le ligament cervical ; liga-ment qui soutient & affermit la tête desquadrupèdes : il en est deux autres atta-chés à ces mêmes apophises , servant con-jointement avec les muscles , à suspendreles omoplates & à leur donner un pointd’appui stable, fixe & déterminé. Or, s’ily a plaie dans cette partie, ou que la tu-meur survenue dégénéré en plaie, dèsqu’elle sera considérable, il est évidentqu’à moins qu’on ne favorise l’écoulementde la matière, elle cavera dans \e garrot;elle y creusera des sinus & des clapiers,qui ne pourront être alors que très-dif-ficilement susceptibles de contre-ouver-ture ; elle intéressera le ligament cervical,les muscles, les apophyses ; elle détruirales ligamens suspensoires, & l’animal feravéritablement égarroté. Voye\ PLAIES,Tumeurs , Fistule, (e)

Garrot, f. m. ( Jardinage .) c’estun bâton fort court, passé entre les deuxbranches d’un jeune arbre, pour en con-traindre une troisième qui est au milieu& est le véritable montant de l'arbre ; cequi s’appelle garroter un arbre. (K)

GARSOTE, f. f. oiseau. Voye\ Sar-celle.

GARSTRANG, ( Ge’og. ) ville d’An-gleterre , dans la province de Lancastre ,fur la riviere de Wyre , non loin de la merd’Irlande ; il s’y tient marchés & foires ; ils’extrait de bon sel des sables de son voi-sinage ; & ses habitans, moitié marins, selivrent avec succès à la pêche des perles.Long. 14. 53. lat. 53. 50. ( D.G.)

G ART Z , Gartia , ( Ge'og. ) villed’Allemagne dans la Poméranie, aux con-fins de la Marche de Brandebourg, &sujette du roi de Prusse. Barnime, premier

GAR . 847

duc de Poméranie, en fit une ville mu-rée en 1258, & lui donna des terres.Longit. 38.45. latit. 53. 13. {D. J.)

GARUM, f .m. ( Littérature . ) sau-mure très-précieuse chez les Grecs & lesRomains , qui en faifoient grand cas pourla bonne chere : mais ou la compositionde cette saumure n’étoit pas par-tout lamême ; ou, ce qui est fort vraisemblable ,elle a souvent changé pour l’appcét ; &c’est le moyen le plus simple de conci-lier les auteurs qui la décrivent si diver-sement.

Quelques modernes nous discnt que legarum n’étoit autre chose que des anchoisfondus & liquéfiés dans leur saumure,après en avoir ôté la queue, les nageoi-res , & les arêtes ; que cela se faisoit enexposant au soleil le vaisseau qui les con-tenois ; ou bien , quand on vouloit enavoir promptement, en mettant dans unplat, des anchois fans les laver , avec duvinaigre & du persil ; on portoit ensuitele plat sur la braise allumée, & on re-muoit le tout, jusqu’à ce que les anchoissussent fondus.

Mais les anciens auteurs ne parlent pasd’anchois. Quelques-uns d’eux prétendentqn’on employoit á cette saumure les ma-quereaux ,scombri, que l’on pêchoitprèsdes côtes d’Elpagne: d’où vient qu’Ho-race dit, garum de succis piscis Iberi ,en parlant de la méchante saumure dethon , que Nasidienus vouloit faire passerpour de la saumure de maquereau ; & sui-vant Pline, c’étoit là la saumure la plusestimée de son tems.

Cependant d’antres auteurs assurent quele garum étoit fait de la pourriture destripes du poisson nommé par les Grecsgaros , & que Rondelet croit être le pi-card , .qui a conservé son nom de garonsur les cotes d’Antibes. On gardoit lestripes - de ce poisson jusqu’á ce que la cor-ruption les eut fondues, & on les con-servoit ainsi fondues dans une efpece desaumure. La couleur en étoit si brune ,que Galien & Aetius Rappellent noire.Ce ragoût, qu’on est venu à détester dansles derniers siécles, a fait long-tems lesdélices des gens les plus sensuels.

Enfin l’on composa le garum des en-