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endroit, & y bâtirent une ville qu’ilsnommèrent Milan.
Quelque tems après, une autre bandede Cénomans conduits par un ehef nom-mé Elitovius , marchant fur les tracesdéjà frayées, passa les Alpes par le mêmechemin , & fiat aidée des troupes du mêmeBellovefe qui avoir amené les premiersGaulois dans le Milanès ; ces derniersvenus s’arrêterent dans le Breííàn & dansle Véronois. Quelques auteurs leur at-tribuent l’origine & la fondation de Vé-rone, Padoue, Brefce, & autres villesde ces belles contrées qui subsistent en-core aujourd’hui.
A la fuite de ces deux émigrations fefit celle des Boyens & des Lingons, quivinrent par le grand Saint-Bernard, &qui trouvant occupé tout l'espace qui estentre les Alpes & le Pô, passerent cefleuve, chassèrent les Ombriens, de mêmeque les Etrusques, & fe tinrent néan-moins au pied de l’Apennin. Les Sénò-nois qui leur succédèrent, fe placerentdepuis le Montoné jufqu’à l’Esino.
Environ deux cents ans après les pre-miers établiííèmens des Gaulois cisalpins,ils attirèrent les transalpins, & leur don-nèrent entrée fur les terres de Rome :tous ensemble marchèrent à la capitale,dont ils fe rendirent les maîtres l’an 363de fa fondation, & n’en firent qu’un mon-ceau de ruines. Sans Manlius le Capitoleauroit été pris, & fans Camille on alloitleur payer de grandes contributions ; onpesoit déjà l’or quand il parut à la têtedes troupes du sénat. « Remportez eet» or au Capitole, dit-il aux députés ; &» vous Gaulois , ajouta-t-il, retirez-vous» avec vos poids & vos balances ; ce n’est» qu’avec du fer que les Romains doivent,, recouvrer leur pays. » A ces mots, onprit les armes de part & d’autre ; Camilledéfit Brennus & fes Gaulois , qui furentla plupart tués fur la place , ou dans lafuite par les habitans des villages voi-sins.
Une nouvelle nuée de Gaulois rassem-blés des bords de la mer Adriatique , s’a-vança vers Rome l’an 386 de fa fonda-tion , pour venger cette défaite de leurscompatriotes; mais la victoire des Romains
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ne fut ni difficile ni douteuse fous ce mënrcCamille élevé pour la cinquième fois à ladictature. 11 périt un grand nombre deGaulois fur le champ de bataille ; & lereste dispersé par la fuite, & fans fe pou-voir rallier, fut astommé par les payíans.
L’on vit encore l’an 404 de Rome unearmée de Gaulois fe répandre fur les terresdes Romains pour les ravager : mais aucombat particulier d’un de leurs chefsvaincu par Valerius surnommé Corvus ,succéda le combat général qui eut les mê-mes revers pour l’armée gauloise.
Depuis cette derniere époque, les Gau-lois ne firent que de foibles & stérilesefforts pour s’oppofer à l’accroissementdes Romains. Ceux-ci, après les avoiréloignés de leur territoire, leur enlevè-rent Picenum , le Milanès, le Brestan , leVéronois & la Marche d’Ancone. Si lessuccès d’Annibal ranimèrent les espéran-ces des Gaulois , ils surent bientôt con-traints de les abandonner , & de parta-ger pour toujours le fort de cet allié.Rome , maîtresse de Carthage, porta fesarmes en orient & en occident, & aumilieu de fes triomphes subjugua toutela Gaule. Jules-Céfar eut l’honneurd’enconsommer la conquête.
11 est vrai cependant que les Gauloisfurent les ennemis les plus redoutables deRome , & qu’ils soutinrent opiniâtrementles guerres les plus vives contre les Ro-mains. L’amour de la gloire, le mépris dela mort, l’obstination pour vaincre, êtoientles mêmes chez les deux peuples ; mais in-dépendamment des progrès rapides & mer-veilleux que les Romains firent dans l’artde la guerre, les armes étoient bien diffé-rentes ; le bouclier des Gaulois étoit petit,& leur épée mauvaise, auffi snccomberent-ils fans cesse ', & ce qu’il y a de surprenant,c’est que ces peuples que les Romains ren-contrèrent dans presque tous les lieux &dans presque tous les tems, fe laissèrentdétruire les uns après les autres, fansjamaisconnoître , chercher & prévenir la causede leurs malheurs. Ils ne songèrent point àJ fe réunir pour leur défense mutuelle , & a! fe regarder comme formant une nationdont les intérêts étoient inséparables.
Enfin , la feule chose qui ait subsiste de