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restres, 011 de veaux marins, de baleines,& d’autres animaux cétacés, enterrés parhasard, par accident, en dissérens lieux dela terre ; ou quelquefois d’autres produc-tions de la nature, qui se joue souventen de pareilles ressemblances.
Ces os , par exemple, qu’on montroità Paris en i6rz, & qui furent ensuitepromenés en Flandres & en Angleterre,comme s’ils eussent été de Teutobochusdont parle l’hiíloire romaine, se trouvè-rent des os d’éléphans. On envoya en 1 6 30á MM. de Peyresc une grosse dent qu’onlui donna pour être celle d’un géant ; ilen prit l’empreinte sur de la cire ; &quand on vint à la comparer â celle d’unéléphant qui fut déterré dans le mêmetems à Tunis , elles le trouvèrent de lamême grandeur, figure & proportion. Lafourberie n’est pas nouvelle : Suétone re-marque dans la vie d’Auguste, que dès cetems - là on avoit imaginé de faire pas-sçr de grands ossemens d’animaux terres-tres pour des os de ge'ans ou des reliquesde héros. Tout concouroit à tromper lepeuple à ces deux égards. Quoique Séne-que parle des ge'ans comme d'êtres ima-ginaires , son discours prouve que le peu-pîe en admettoit l’existence. La coutumedes anciens , de représenter leurs hérosbeaucoup plus grands que nature, avoitnécessairement le pouvoir fur l’imagina-tion, de la porter à admettre dans cer-tains hommes au-dessus du vulgaire, unetaille démesurée. Les statues de nos roisne nous en imposent-elles pas encore tousles jours à cet égard ? 11 est vraisemblableque parmi ceux qui considéreront dansquatre ou cinq cents ans la figure debronze qui représente Henri IV sur lePont-Neuf, si cette statue subsiste en-core , la plus grande partie se persuade-ront que ce monarque immortel par sesexploits & ses rares qualités, étoit un deshommes de la plus haute taille.
Cependant quelques modernes , assezphilosophes pour connoître les sourcesde nos illusions, assez versés dans la cri-tique pour démêler la vérité du men-songe , assez sages pour ne donner au-cune confiance aux prétendus ossemenshumains ni à toutes les relations de l’an-
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tiquité fur l’existence des g/ans , ne lais-sent pas d’être ébranlés par les récitsde plusieurs navigateurs, qui rapportentqu’à l’extrêmité du Chili vers les ter-res Magellaniques, il se trouve une raced’hommes dont la taille est gigantesque :ce sont lesPatagons. M. Frezier dit avoirappris de quelques Espagnols , qui préten-doient avoir vu quelques-uns de ces hom-mes , qu’ils avoient quatre varres de hau-teur , c’est-à-dire, neuf à dix pieds.
Mais on a très - bien observé que' M.Frezier ne dit pas avoir vu lui - mêmequelques-uns de ces ge'ans ; & comme lesrelations vagues des Portugais, des Espa-gnols & des premiers navigateurs Hol-landois , ne font point confirmées par desvoyageurs éclairés de ce siecle ; que deplus elles font remplies d’exagérations oude faussetés en tant d’autres choses, onne sauroit trop s’en défier.
Enfin il est contre toute vraisemblance,comme le remarque sauteur de YHiJloirenaturelle , " qu’il existe dans le monde 1>, une race d’hommes composée de ge'ans ,
» sur-tout lorsqu’on leur supposera dix» pieds de hauteur ; car le volume du>, corps d’un tel homme seroit huit fois» plus considérable que celui d’un hom-» me ordinaire. II semble que la hauteur„ ordinaire des hommes étant de cinq» pieds, les limites ne s’étendent guere» qu’à un pied au-dessus & au-dessous;
„ un homme de six pieds est en esset un» homme très-grand, & un homme de>, quatre pieds est très-petit: les ge’ans„ & les nains qui font au-dessus & au-„ dessous de ces termes de grandeur,
„ doivent donc être regardés comme des„ variétés très-rares, individuelles & ac-» cidentelles. „
Inexpérience nous apprend que, lors-qu’il se rencontre quelquefois parmi nousdes ge'ans , c’est-à-dire, des hommes quiaient sept à huit pieds, ils sont d’ordi-naire mal conformés, malades , Sc inha-biles aux fonctions les plus communes.
Après tout, si ces ge'ans des terres Ma-gellaniques existent, ce que le tems seulpeut apprendre, " ils font du moins en» fort petit nombre ; car les habitans desn terres du détroit & des isles voisines