§z8 G E N
reçu dans le canal de la trompe , dontl’extrémité appelléele pavillon , embrassealors l’ovaire pour recevoir cet œuf, quide là est porté dans la matrice par le mé-chanisme dont il a été fait mention ci-devant. Alors, semblable aux graines desplantes ou des arbres , lorsqu’elles fontreçues dans un terrein propre à les fairegermer & végéter, l’œuf pousse des raci-nes de la surface des membranes dontil est composé , qui , pénétrant dans lespores de la matrice jufqu’à s’anastomo-ser avec les vaisseaux de cet organe , entirent les sucs nourriciers nécestàires pourson accroissement , & pour celui del'embryon qu’il contient, & qui fait untout avec lui ; ensorte qu’il se nourritdu sang de sa mere, comme les plantesdes sucs de la terre , & qu’il commence àvivre par une véritable végétation. Voye%Grossesse.
Au reste , qu’une espece de solidité,de du T é , qui se trouve ordinairementdans l’enveloppe extérieure des œufs desoiseaux , n’empéche pas de comparer àces œufs les sacs dans lesquels font enfer-més les embryons des vivipares ; les œufsde plusieurs animaux , des tortues , desserpens , des léfards , & des poistons,n’ont point d’enveloppe dure, & n’enont qu’une mollastè & flexible ; ce nefont pas moins des œufs , comme plu-sieurs de ceux que font bien des poules ,qui font fans coquille. Ainsi il est biendes animaux qui confirment cette analogiepar rapport aux enveloppes respectivesdes embryons ; on peut même rapprocher- encore davantage la génération des ani-maux vivipares de celle des ovipares, sil’on fait attention qu’il n’y a pas d’autredifférence , qu’en ce que dans ceux-ci lesœufs n’écîosent que quelque tems aprèsêtre sortis du corps de la femelle ; aulieu que dans les vivipares les œufs éclo-sent immédiatement en sortant du corpsde la mere : d’où il s’ensuit que l’incuba-tion qui est nécessaire pour le dévelop-pement des parties de l’embryon , toutformé dès la fécondation , se fait dans lecorps à l’égard des vivipares, & hors lecorps des ovipares ; & que par consé-quent ces deux fortes de générations
G E N
reviennent au même. Vbye\ (E u F fIncubation.
Quelque bien fondé que paroistè , partoutes ces raisons, le système des œufs »on n’a pas laiste de le trouver encoresusceptible de bien des difficultés , tantgénérales que particulières : celles-ci re-gardent principalement l’existence réelledes œufs & leur forme , à l’égard defquelson propose des doutes, des questions , quine semblent pas aisées à résoudre. Cen’est pas ici le lieu d’entrer dans ce détail.V. Ovaire , Œuf. Quant aux difficul-tés du premier genre, une de celles quel’on ne doit pas omettre ici , d’autantplus qu’on la regarde comme étantdes plus fortes , c’est la restèmblance desenfans , tantôt au pere , tantôt à la mere,& quelquefois à tous les deux ensemble.
Si le fœtus est préexistant dans l’œufde la mere , comment se peut-il quel’enfant ressemble à ton pere ? Cetteobjection passe communément pour êtreinsurmontable ; mais ne pourroit-on pasla faire cesser d’être telle , en répondantque la disposition des organes de l’em-bryon , avant & après la fécondation ,dépend beaucoup de l’activíté plus oumoins grande , avec laquelle s’exerce,s’entretient la vie de la mere, & del’influence de cette activité, pour qu’ilsoit conformé de telle sorte ou de tellemaniéré , analogue à celle dont cettemême action de Ta vie (jvìs vitré) dans hmere a conformé ses propres organes,& que cette même disposition des par-ties de l’embryon ne peut que dépendreanffi plus ou moins de la force avec laquelleelles ont été mises en jeu par l’esset del’efprit séminal du pere, dont elles ontété imprégnées : d’où il s’ensuit que la.restèmblance tient plus ou moins du pereou de la mere , selon que l’un ou l’autrea plus ou moins influé , par cela mêmequ’il fournit dans la génération & la for-mation ou le développement du fœtus ,fur le principe de la vie & l’organifa-tion de l’embryon , qui en reçoit à pro-portion une forme plus ou moins appro-chante de celle du pere ou de la mere ,ce qui peut rendre raison, non-seulemenCde ce qu’on observe par rapport à la r es-