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Tome XV.
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nous environne , qu’en aveugles, quandnous sommes dénués des secours des feus,comme dans le cas où il efî question desonder la profondeur du mystère de lagénération , donc la plupart des phéno-mènes ne font que le résultat de diffé-rentes opérations qui de leur nature sedérobent constamment à la lumière ; en-sorte que , de tous les laits qu’on a pu re-cueillir à cet égard d’après les expérien-ces, les observations les plus nombreuses& faites avec le plus d’exaclitude , il n’apu résulter encore assez de conno.ssantespour qu’on puiste seulement détermineren quoi consiste l’acie qu’on appelle la con-ception , St pour donner une définitionprécise de ce mot fi ancien , dont il se-roit si important pour l’histoire naturelledes animaux , & de l’homme sur-tout ,de fixer le vrai sens. On a été borné jus-qu’à pré.ëntâ ne pouvoir en donner qu’uneidée vague, & à dire avec Boerhaave ,que c’est faction par laquelle ce en quoile mâle concourt à la reproduction desindividus de son efpece , se joint à ce quela femelle fournit pour la même opération :de maniéré que la réunion de ces diffé-rons moyens se faisant dans le corps dela femelle, il en résulte la formation d’unou de plusieurs des êtres organisés des-tinés à perpétuer le genre animal. Voilàtouri l’idée qu’on a , & peut-être toutecelle qu’il est possible d’avoir de la con-ception. Ce que la femelle éprouve de lapart du mâle ; ce qu’il y a de passif dansles arrangemens qui se font en elle, dansl’àcte principal efficace de la génération ,est appelle la fécondation ; & ce qui s’e-pere de la part de la semelle dans cet acte ,ou par une fuite de cet acte, en tantqu’elleretient ce que le mâle lui a communiquéd’effectif, est donc proprement la concep-tion, xvhtiç, conceptio. Mais qu’est-ceque le mâle lui communique essentielle-ment ? en quoi contribuent-ils précisé-ment l’un & l’autre à la génération ?ont-ils chacun quelque chose de prolifi-que à fournir ? quel est spécialement l’or-gane de la femelle où se fait la concep-tion , la fécondation , &c ? Tous ces pro-blèmes font encore á résoudre, malgrétout ce qui a été écrit fur ce sujet, dont

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on n’a donné dans cet article, tout longqu’d est, qu’un trt's- petit abrégé, euégard aux ouvrages immen.ës ou au moinstrès-nombreux , qui ont été mis au jourfur cette matière ; ouvrages qui n’ont pres-que servi & ne serviront encore que demonumens pour l’histoire des erreurs def esprit humain, & de preuves de l’obs-curité dans laquelle le principe de la viesemble obstiné à rester enveloppé, pourse dérober aux regards des mortels , d'au-tan t que fa connoiíïànce ne leur foroitd’aucune utilité. Voye\ le recueil d unebonne partie des systèmes fur la généra-tion , & de ce qui y a rapport, dans la Bi-bliothèque anatomique de Mangct ; lesŒuvres fort détaillées de Schurigius, furle même sujet ; la Physiologie de M. dsSenac, fur VAnatomie d’Heister; les ins-titutions médicales de Boerhaave , avecleur commentaire & les notes savantesde M. de Haller ; la Vénus physique ,Y Histoire naturelle, générale £? particu-lière de M. de Buffon ; f ouvrage inti-tulé : Idée de Vhomme physique Ù mo-ral. C’est de la plupart de ces derniersouvrages qu’a été extraite une bonne par-tie des matériaux de cet article. (d )

Nous ajouterons à cet important arti-cle quelques détails fur les premiers phé-nomènes de la conception dans lVpecehumaine & dans les animaux quadrupèdes.

Hippocrate a déjà donné des marquespour reconnoître l’amour fécond. Pres-que tous les auteurs les ont répétéesdepuis lui ; mais i! est douteux encore s’ily a de la réalité. On veut que la nouvellemere fente une efpece d’orripilation, unsentiment mêlé de douleur de plaisir,un mouvement qui répond d’un côté del’hypogastre à l’autre. Comme les fem-mes ne reconnoistènt qu’au bout de quel-ques jours que la conception s’est faite,elles n’ont jamais pu m’éclaircir fur lessensations de cet important moment ; &des cas particuliers, devenus célébrés dansla jurisprudence médicinale, paroissentconstater que lu conception fe peut fairedans le sommeil & dans un état de pri-vation de sentiment.

Dans une femme qui aime & dont lasanté est parfaite , je croirois aslèz qu’une