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Tome XVIII.
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Di de lieu , vous la diriez simplementtine chose ; car par rapport au me me temsâ au méme lieu , on dit voilà une chose ,& non voilà la même chose.

Nous concevons différemment Ytden-tìte'e n diííerens êtres ; nous trouvons unesubstance intelligente , toujours précisé-ment la même , à raison de son unité ouindivisibilité , quelques modifications qu’iîy survienne , telles que ses pensées ou sessentimens. Une même arne n’en est pasmoins précisément la même , pour éprou-ver des changemens d’augmentation ou de•diminution de pensées ou de sentimens ; aulieu que dans les êtres corporels, une por-tion de matière n’est plus dite précisémentla même , quand elle reçoit continuelle-ment augmentation ou altération dans sesmodifications, telles que fa figure & sonmouvement.

Observons que l'u sage adrhet une iden-tité de ressemblance , qui se confond sou-vent avec la vraie identité ; 'par exemple ,en versant d’une bouteille de vin en deuxverres , on dit que dans i’un & l’autreverre c’est le même vin ; & en faisant deuxhabits .d’une méme piece de drap , on ditque les deux habits font de mente drap.Cette identité n’est que dansla ressemblance,& non dans la substance , puisque la subs-tance de l’un pei^t se trouver détruite, sansque la substance de l’autre se trouve alté-rée en rien. Par la ressemblance deux cho-ses font dites aussi la même , quand l’unesuccédé à l’autre dans un changement im-perceptible , bien que très-réel , en forteque ce font deux .substances toutes diffé-rentes ; ainsi la substance de la riviere deSeine change tous les jours imperceptible-ment , & par-là on dit que c’est toujoursla même riviere , bien que la substance del’eau qui forme cette riviere , change &s’écouîe à chaque instant ; ainsi le vaiíïeaude Thesée étoit dit toujours le mêmevaislèau de Thésée , bien qu’à force d’êtreradoubé il ne restât plus un seul morceaudu bois dont il avoir été formé d’abord ;ainsi le même corps d’un homme à cin-quante ans n’a-t-il plus rien peut-être dela.substance qui composoit le même corpsquand cet homme n’avoit que six mois ,c est-à-dire qu’il n’y a souvent dans les cho-

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ses matérielles qu’une Identité de ressem-blance , que l’équivcque du mot sait pren-dre communément pour uue Identité desubstance. Quekjuemíncequeparoisie cetteobservation , on en peut voir l’importancepar une réflexion de M. Bayle , dans sonDictionnaire emique , au mot Spinoíà ,lettre L. II montre que cette équivoquepitoyable est le fondement de tout le fa-meux système de Spinosa.

Séneque fait un raisonnement sophisteque , en le composant des différentes si-gnifications du terme $ identité. Pour con-soler un homme de la perte de ses amis ,il lui représente qu’on peut en acquérird’autres ; niais ils ne feront pas les mêmes*,ni vous non plus , dít-il , vous n êtes pas lemême , vous changez■ toujours. Quand onse plaint que de nouveaux amis ne rem-placent pas ceux qu’on a perdus , ce n’estpas parce qu’ils ne font pas de la mêmehumeur, du même âge , &c. ce font-làdes changemens par où nous passons ; maisnous ne devenons pas nous-mêmes d’autresindividus, comme les amis nouveaux fontdes individus différens des anciens.

M. Loke me paroît définir juste Viden-tité à'une plante , en disant que 1 organi-sation qui lui a sait commencer d’êtreplante subsiste : il applique la même idéeau corps humain.

Identité , ( Gramnt .) terme intro-duit récemment dans Ja Grammaire ,pour exprimer le rapport qui sert de fon-dement à la concordance. Voyez , Con-cordance.

Un simple coup d’œil jet té sur les diffé-rentes especes de mots , & fur Punanimitédes usages de toutes les langues à cet égard,conduit naturellement à les partager endeux classes générales , caractérisées pardes différences purement matérielles.^ Lapremiere classe comprend toutes leseq.;-ces de mots déclinables, je yeux dire lesnoms , les pronoms, les adjectifs & lesverbes , qui > dans la plupart des langues,reçoivent a leurs terminaiíons des chan-gemens qui désignent des idées accessoires-de relation .ajoutees â l’idée principalede leur signification. La seconde classerenferme les especes de mots indéclina-bles , c eu-a-dire les adverbes, les pré-

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