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Tome XVIII.
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Louis XI avoir fait rédiger étoît remplide clauses insidieuses : il envoya aussi-tótdeux des principaux seigneurs de fa courà Paris, avec pouvoir de régler tout &de lever les d ssicultés, ou plutôt les motifsde guerre qui réiultoient de ce mêmetraité : mais le rusé Louis XI avoit toutprévui & ces plénipotentiaires furent pardiverses causes si long- tems retardés fur laroute , que , loisqu’iîs arrivèrent à Paris ,le roi n’y étoit déja plus : ils se disposoientà le suivre j mais ils surent retenus , fousdivers prétextes , par les ministres deFrance ; & pendant qu’ils se plaignoientà Paris de la, mauvaise foi de ces procé-dés , î armée françoiie dévastoit la campa-gne aux en rirons de Perpignan, & rui-noit la moisson , dans la vue d’affamerplus aisément la ville , lorsqu’iís revien-draient Paffiéger. Jean 11 ne pouvoit s’op-poser à ces violences , trop occupé dansSarragosse , où tout étoit en confusion ,à réprimer la violence des factions quidésoîo’ent cette ville & le royaume. 11reçut cependant quelque secours de Na-ples , & ravitailla Perpignan autant qu’illui fut possible. Le roi de Sicile , don Fer-dinand , son fils, vint à la tête de quelquestroupes à Sarragoffe , appaisa par Pactivitéde ses foins & la sévérité de sa iustice( Voy-ez, Ferdinand V, ) le désordrequi régnois dans Sarragosse , & s’en retour-na en Castille , où de plus importantesaffaires l’appelloient. Tandis que' la mortde Henri IV , surnommé Yhnpuìffant ,rempliffoit la Castille & PEspagne entierede troubles , par Pambition des prérendansà la couronne, les François, maître du

la troisième fois. Jean II & ce qu d putpour secourir cette P ,ace > c s J1 ’ ^ § r eses efforts , fut obligée de sc rendre aLouis XI par capitulation , ot âpres etreconvenu que les habitans fer oient boresde se retirer où ils voudraient, us lerendirent presque tous en Catalogne. LouisXI , ayant réussi dans un infraction aussimanifeste an dernier traité , offrit unetreve de six mois , que le malheur descirconstances obligea d’accepter. Elle étoití peine expirée , que les François récent-

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mençant les hostilités , eurent les plusgrands avantages , ravagèrent le pays ,s’emparerent des places, s’avancerent pres-que sur les frontières de la Catalogne,insul tèrent la Castille, & tentèrent , maisinutilement, d’envahir la Biscaye ; ils furentrepoustés par don Ferdinand , qui pastàntdans cette province, eut quelques confé-rences avec Jean II , son pere , dont lasituation étoit vraiment déplorable. Lalicence, le désordre, Pimpunité , les cri-mes désoloient l’Aragon , dévasté par unefoule de brigands , qui voioient & aíîàssi-noient publiquement dans les villes & furles grands chemins : il n’y avoit plus defureté ; & les états allarmés invitèrent Ie$citoyens à prendre les armes & à formerentr’eux des associations pour défendrele royaume contre ces troupes meurtrières.Le royaume de Valence étoit dépeuplé'par la peste , qui y faisoit les plus cruelsravages ; les François, par la fureur & lesuccès de leurs armes, mettoient le com-ble à ces calamités : on r.e pouvoit leuropposer aucune résistance ; & les Catalansaccablés étoient dans l’impuisíànce de met-tre sur pied , comme ils avoient sait tantde fois, des troupes aguerries. Dans unétat en proie aux horreurs de Panarchie,íe plus cruel des maux est la perte totaledes mœurs, l’oubli de Phonneur & Pex-tinction du patriotisme : Pamour de lapatrie , les mœurs , 1 honneur n’existoientplus en Aragon ; & les seigneurs les plusdistingués, étoient ceux qui donnoient1 exemple & le signal de la perversité. Dans.le nombre de ces mauvais citoyens d'illus-tre naissance , se dislinguoit, sur-tout parses fureurs & ses atrocités , don Jaymed’Aragon , qui, suivi d’une foule de bri-gands, s’etoit forcément emparé du du-ché de Villa-Hermosa. Jean 11 , plus irri-té des excès de don jayme , que de la-licence & des vices du reste de les sujets »donna ordre au vice-roi de Valence de r as-sommer autan t de troupes qu’il ìepourroit,& de poursuivre à toute outrance ce hardi;factieux. Don Jayme , fut assiégé dans.un fort où il s’étoit retiré ; ses brigands,,le défendirent ; mais îës troupes du vice-roi, supérieures aux siennes, prirent laforteresse & le firent grisc&aiev. ll à