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Tome XVIII.
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conduit à Barcelone, oìt le roi d 5 AragonIiri fis trancher la tête ; supplice trop douxpour Î 1 énormité de fes attentats. Cet exem-ple de rigueur eut les plus^ grands effets ;fes seigneurs renoncèrent à fomenter destroubles ; ils rentrerent peu-à-peu dansîe devoir , & le brigandage cessa. Jean//espéroit de voir l’ordre & le calme serétablis :iî se flattoit de ramener la paix& la tranquillité dans ses états, & il de-voir délibérer avec don Ferdinand , fur lechoix des moyens qu’il y avoir â prendre,le lieu de la conférence étoit fixé à Da-roca , & îe jour étoit désigné , lorsqu’ac-cablé fous le poids des années > Jean II s’é-teignit à Barcelonne , le 19 janvier 1479 ,âgé de 8z ans , après avoir régné 21 ansfur l’Aragon. II fit de grandes fautes ; ilestuya de grands malheurs. Ses revers pro-vinrent de fes fautes, fes injustices en pro-vinrent auífi ; mais il fut plus foibie qn'in-juste ; crédule & non méchant. II aimatrop aveuglement fes femmes , & fur-toucdona Jeanne Henriquez , fa seconde épou-se , marâtre cruelle & violente , qui leporta à persécuter le prince don Carlos,son fils, contre lequel il n’eut jamais agi,6 la perfide Jeanne, ne lui eut persuade'que don Carlos étoit coupable des plusnoires trahisons. Outre fes deux femmes,Jean eut auífi plusieurs maîtresses & beau-coup de bâtard : ce n’eut encore rien été ;mais par malheur , il eut pour ces maîtres-ses autant de confiance qu’il en avoit eupour dona Jeanne Henriquez. 11 mourutfort âgé, & à fa mort encore il aimoitpassionnément une maîtresse catalane.Aimer éperdument les femmes, est dansun roi une faiblesse très - condamnable :mais n’agir que d’après leurs conseils ,croire à leurs délations, les laisser gou-verner , les laisser disposer des charges &des dignités , c’est dans un souverain leplus pernicieux des vices. ( L. C. )

Jean I, roi de Léon & de Castille,( Hìfioìre d'Espagne. ) La victoire ne suivitpas toujours les étendards de Jean I , &cependant il se couvrit de gloire, lors mê-me qu’il fut obligé de céder Phonneur dutriomphe à la force ou à la supériorité defes ennemis ; il ne fut point heureux danstoutes fes entreprises , & cependant jl eut

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f approbation publique , dans celles mêmequi ne Ini réussirent point, parce qu’il n’ententa aucune qui ne fut avouée par la plusexacte justice , parce qu’il ne fit rien qu’a-pres avoir consulté Péquité , que la plussage prudence guidant toutes fes démar-ches , il n etoit responsable , ni des capri-ces de la fortune , ni du hasard des événe-mens. Engagé , malgré lui, poU r la dé-fense de fes peuples dans des guerres cruel-les , il ne fatigua point fes sujets par descontributions accablantes, & ne se servitpoint du prétexte , fi souvent employé ,des besoins de f état, pour surcharger lanation d’impóts ; aussi le chérit-eile autantqu’il l’aima lui-même ; & peu de souve-rains ont eu pour leurs sujets fa sectiongénéreuse & solide que Jean I eut pourles siens. Dévoué presque dès son enfanceaux fureurs de Pierre le Crue! son oncle,il suivit dans leur fuite , dans leurs mal-heurs , comme dans leur fortune , ie roiHenri II son pere , & l'infante Eiéonored’Aragon sa mere , fille de Pierre IV ,roi d’Aragon, surnommé le Cérémonieux.( Voyez. PIERRE h Cruel , & HENRI II ).Quand la férocité de Pierre , fes crimes &fes assassinats , la somme ’& les vœux dela nation , eurent enfin placé Henri II fur3 e trône , ce bon roi, secondé par Jeanson fils , répara , fit même oublier lesmalheurs du régné sanguinaire , orageux& farouche de Pierre le Cruel. Jean alorsétoit parvenu à la seizième année de sonâge; & les Castillans remplis d’estirpe &d’admiration pour ses vertus, fes talens ,fa valeur & fa rare modération , applau-dirent aux nœuds qui le lierent à donaLéonore , infante d’Aragon- Quatre^ ansaprès cette alliance , une mort imprévueenleva le roi Henri II à la nation qui eutété inconsolable de cette perte , Le e eutété moins persuadée de retrouver ans ce -lui auialloit prendre fes renes d u gouver-nement , les talens supérieurs & los écu-nentes vertus du grand roi uont la mortvenoit de terminer les jours. Auífi set-ceaux acclamations du peuple , q ue Jean 1 ,âgé de vingt ans , monta fur le trône , &fut fo emnellement couronné à Burgos, le2 Î jwlset I J79. Quelques preuves que Jeaneut. données de fa valeur & de son habileté

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