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Tome XVIII.
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du Canada, que dans les écrits des Per-sans & des Arabes. Moins les peuplesfont civilisés, plus leur langage est figure,sensible. C’est à mesure qu ds s éloignentde la nature , & non pas a mesure qu ilss’éloígnent du soleil, que leurs idees sedépouillent de cette écorce, dont ellesétoient revêtues , comme pour tomberfous les sens.

Il y a des phénomènes dans la nature,des opérations dans les arts qui, quoiqueprésens à tous les hommes , ne frappentvivement que les yeux des philosophes oudes artistes. Ces images d’abord réser-vées au langage des arts & des sciences ,ne doivent paslêr dans le style oratoire oupoétique qu’á mesure que la lumière dessciences & des arts se répand dans la so-ciété. Lereííortde la montre , la boussole,le télescope , le prisme, &e. fournissentaujourd’hui au langage familier des imagesauffi naturelles ; aussi peu recherchées quecelles du miroir & de la balance. Maisil ne faut hasarder ces translations nou-velles qu’avec la certitude que les deuxtermes font bien connus , & que le rapporten est juste & sensible.

Le poète lui seul, comme poëte, peutemployer les mages de tous les rems, detous les lieux , de toutes les situations dela vie. De-là vient que les morceaux épi-ques ou lyriques dans lesquels le poëteparle íui-même en qualité d’iiomme inspi-ré , sont les plus abondans, les plus variésen images. Il a cependant lui-même desménagemens à garder.

i°. Les objets d’où il emprunte sesmétaphores doivent être présens aux espritscultivés.

2 °- S’ií adopte un système ,> comme ily est souvent obligé, celui, par exemple,de la théologie, ou celui de la mythologie ,cehai d’Epicure eu celui de Newton, il seborne lui-même dans le choix des images ,à s interdit tout ce qui n’est pas analogueau lyíteme qu’il a suivi.

„ 0 9 r Q:qiie k Dame ait voulu figurer par1 Hélicon , par Uranie&par îe cœurdesmuses , ce n’est pas dans un sujet commefêlai du purgatoire qu’il est décent de lesinvoquer.

3 : * Les images que l’on emploie doivent

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erre du ton général de la chose , élevéesdans le noble , simples dans le familier ,sublimes dans l’enthousiasme, & toujoursplus vives , plus frappantes que la peintu-re de I objet meme , fans quoi I’imagina-tion ecarteroit ce voile inutile ; c’est cequi arrive souvent à la ledure des noèmesdont le style est trop figuré. P

4 0 . Si le poëte adopte un personnage,,un caractère , son langage est assujetti auxmêmes convenances que le style dramati-que , il ne doit se servir alors pour pein-dre ses sentimens & ses idées, que desimages qui font présentes au personnagequ’il a pris.

5°. Les images font d’autant plus frap-pantes que les objets en font plus fami-liers ; & comme on écrit fur-tout pourson pays , le style poétique doit avoir na-turellement une couleur natale. Certe ré-flexion a fait dire à un homme de goût ,qu’il scroit à souhaiter pour la poésie Fran-çoise que Paris fût un port de mer. Ce-pendant il y a des images transplantéesque l’habitude rend naturelles : par exem-ple, on a remarqué que chez les peuplesprotestons qui lisent les livres saints enlangue vulgaire, la poésie a pris le styleoriental. C’est de toutes ces relations ob-servées avec foin que résulte sart d’em-ployer les images & de les placer à propos.

une réglé plus délicate & plusdífficile^a prescrire, c’est féconomie & lasobriété dans la distribution des images.Si í’objet de Pidée est de ceux que l’imagi-nation saisit & retrace aisément & sans con-

--V*. } H JL». M, fVUl n* C|UV

de son expression naturelle , & íe colorisétranger de l 'image n’est phis que de dé-coration ; mais si l’objet, quoique sensiblepar lui-même,. ne se présente á l’imagi-nation que foiblement , confusément,successivement , ou avec peine r . 1 imagequi le peint avec force , avec éclat&ramassé comme en un feuí point, cetteimage vive & lumineuse, éclaire & soulageÍ’eíprit autant qu’elie embellit le style'”O" conçoit sans peine les inquiétudes &les soucis dont I ambitieux, est agrK ■comiaen l’Aeen est plus se„Sb?e i ’, luœ |

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® plis des rideaux, de pourpre í.