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Tome XVIII.
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9 INTRÉPIDITÉ , s. f, ( Morale. ) Vin-trépidité est une force extraordinaire defamé qui l’éleve au-dessus des troubles,des désordres, & des émotions que la vuedes grands périls pourroient exciter en elle;& c’est par cette force que les héros femaintiennent en un état paisible , & con-servent l’usage libre de leur raison dansles accidens les plus furprenans & les plusterribles.

L 'intrépidité doit soutenir le cœur dansles conjurations , au lieu que la feule va-leur lui fournit toute la fermeté qui lui estnéceííàire dans les périls de la guerre.

Souvent entre l’homme intrépide & lefurieux il n’est de différence visible que lacause qui les anime. Celui-ci pour des biensfrivoles, pour des honneurs chimériquesqu’on acheteroit encore trop cher par unsimple désir , sacrifiera ses amufemens ,fa tranquillité , fa vie même. L’autre aucontraire connoît le prix de son existence,les charmes du plaisir , & la douceur durepos il y renoncera cependant pouraffronter les hasards , les souffrances , &la mort même , si la justice & son devoirl’ordonnenc ; mais il n’y renoncera qu’á' ce prix. Sa vertu lui est plus chere que favie, que ses plaisirs & son repos ; maisc’est le seul avantage qu’il préféré à tousceux-là.

Un moyen propre à redoubler Vintrépì-dité, c’est d’être homme de bien. Votrecomcience alors vous donnant une doucesécurité sur le sort de I’autre vie, vous enferez plus disposé à faire, S ’il en est besoin,îe sacrifice de celle-ci. " Dans une bataille,» dit Xenophon, ceux qui craignent le« plus les dieux , sont ceux qui craignent» le moins les hommes ».

Pour ne point redouter la mort, i! fautavoir des mœurs bien pures, ou être unscélérat bien aveuglé par I habitude ducrime. Voilà deux moyens pour ne pas fuirle danger : choisissez.

INTRIGUE, f. f. C Morale. )conduitedétournée de gens qui cherchent à parve-nir, à s’avancer , à obtenir des emplois,des grâces, des honneurs, par la ca-bale & le rnanege. C’est la ressource desâmes foi hies & vicieuses, comme l’escrimeest le métier des lâches»

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Intrigue , ( Belles-lettres. ) assem-blage de plusieurs événemens ou circons-tances qui fe rencontrent dans une affaire ,& qui embarrassent ceux qui y font in-téressés.

Ce mot vient du latin intricare , & celui-ci, suivant Nonius , de trìœ , entrave quivient du grec ifnas , cheveux quod pullosgallinaceos involvant & impediant capillt. Tri-pand adopte cette conjecture , & aíliiteque ce met se dit proprement des pouletsqui ont les pies empêtrés parmi des che-veux, Sc qu’il vient du grec t*, ep‘i, cheveux.

Intrigue , dans ce sens, est le nœud ou laconduite d’une piece dramatique , ou d’imroman , c’est-à-dire , le pins haut pointd’embarras où se trouvent les principauxpersonnages , par l’artifice ou la fourbede certaines personnes , & par la rencon-tre de plusieurs événemens fortuits qu’i'sne peuvent débrouiller. Fbye^ Nœud.

II y a toujours deux desseins dans íatragédie , la comédie ou le poème épique.Le premier & le principal est celui duhéros ; le second comprend tousles desseinsde ceux qui s’opposent à ses prétentions.Ces causes opposées produisent aussi deseffets opposés, savoir , les efforts du hérospour Pexécutiondeson dessein, Sc les effortsde ceux qui lui font contraires.

Comme ces caules & ces desseins fontle commencement de faction , de mêmeces efforts contraires en font le milieu , &forment une difficulté & un nœud qui faitia plus grande partie du poème; elle dureautant de temps que l’eíprit du lecteur estsuspendu fur fevénement de ces efforts,contraires. La solution ou dénouementcommence , lorsque l’on commence à voircette difficu'té levée & les doutes éclaircis.Voyei Action , Fable , & c .

Homere & Virgile ont divisé en deuxchacun de leurs trois poèmes, & ils ontmis un nœud & un dénouement particu-lier en chaque partie.

La premiere partie de l’iliade est la coíered’Achille , qui veut fe venger d’Ag; mem-non parle moyen d’Hector & des Troïens,Le nœud comprend le combat de troisjours qui fe donne en l’abfence d’Achilie& consiste d’ur.e part dans la résistanced’Agamemnon & des Grecs ; ce de l’autre %