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Tome dix-neuvième.
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feuî HoIIandois avec quelques esclaves qui { pour faire les récoltes. Dans certains quar-tiers , on ramasse le froment, tandis quedans un autre on en est éloigné de plus d’un

apparemment avoient été oubliés lorsqueles HoIIandois abandonnèrent ce pays.

Lorsqu® les François prirent possessionde cette iíle, elle ne compofoit qu’une forêtimmense dans laquelle font distribuées plu-sieurs chaînes de montagnes aussi escarpéesqu’éminentes ; la plus élevée de toutes a ,suivant mes opérations , 2.544 piqds de hau-teur & la plus basse n’en a pas moins de 6^8,le tout pris à Thorizon de la mer. Ces mon-tagnes produisent dans leurs collines des ri-vières qui arrosent passablement bien le pays& vont sc déposer de toutes parts dans lamer. Le terrein de cette iste n'est point unterrein ordinaire , sinueux , très-inégal , &presqu’entiérement recouvert d’une especede pierres qui ressemblent assez au grès grisde France; elles font cependant un peu plusporeuses & moins dures. On y trouve aussibeaucoup de mines de fer , dont la recluseexcede de deux tiers celle de l’Europe , & adonné lieu à un établissement de forges dansce pays qui promet un grand succès : Paircju’on respire sous ce climat, quoique très-chaud , est fort sain. Les jours d’été y fontcourts pan rapport à la proximité de l’équa-teur , pluvieux , orageux & très - chauds :mais en récompense les neuf autres mois deTannée font très-beaux. Les vents dépen-dent ici presque toujours de la même partie;c’est le vent de sud-est qui y régné le plus ,Sc quelquefois le vent d’ouest ; mais il netient pas long-temps , &c ce n’est que dansla saison des pluies.

Quand on voulut établir cette iíle , ondonna indistinctement à chacun de ceux quivoulurent s’établir un espace de terrein pro-portionné à leur état & condition, pour ledéfricher & le mettre en valeur ; ce sont cesdéfriché s-là qo'on appelle habitation. Onneles cultive pas de la même maniéré que lesterres d Europe , c’est-à-dire que la grandequantité de pierres qui règnent fur la super-ficie , ne permet pas qu’on y mene la char-rue ; niais chaque habitant achete suivantses facultés , nn nombre de noirs esclaves , illes occupe à piocher son terrein ; & quandil est en état, « * es semences qui consis-tent en bled de íromenc, en nz, en bled deTurquie & en di&erentes especes de légu-mes. 11 n’y a presque point de temps limité

mois. Ces récoltes font souvent ravagées parles ouragans , les sauterelles & les rats dontPiste fourmille; c’est ce quia oblige les HoI-Iandois de l’abandonner , & depuis ce tempsits i’appellent File aux rats. On y ramasseaussi du coton , on y fabrique de Tindigo &du sucre , mais on n’a pas le talent de lebiert raffiner : fur leu habitations , on trouveties-peu dc fruits. Ce font des ananas , desoranges ameres , des citrons , des pommesd’acajoux, des énangles , des bananes , desgouïaves & de très-mauvaises pêches dontTespece provient du cap de Bonne-Efpé-ranee; nous n’avons point ici de fruits d'Eu-rope : on a voulu y élever des pommiers,mais on n’a pu y réussir. On éìeve austì fur ceshabitations toutes sortes de bestiaux, de lavolaille de toute espece , & on y voit beau-coup de lievres , de la poule pintade & dela perdrix. On voit de même dans les forets,du cerf, du sanglier, des chevres sauvages,des troupeaux de singes , des perroquets deplusieurs especes , des pigeons ramiers , destourterelles & des chauves-souris d’une es-pece tout-à-fait singulière : elle sont de lagrosseur d’un fort corbeau ; leur tête res-semble, en petit, à celle du renard, & leurpoil à celui du blereau : leurs ailes sont réu-nies avec leurs pattes, ainsi que les petiteschauves-souris de France , mais latiíïùre ettest beaucoup plus forte & plus brune : pourl’ordinaire elles ne font qu’un petit qu’ellesalaitent & le portent attaché à leurs mam-melles & sous leur ventre lorsqu’elles volentd’un endroit à un autre pour aller chercherà manger. Quand ces animaux font gras , onles mange avec autant de délices qu’ils sonthideux , c’est - à - dire qu’on les préféré aumeilleur gibier de Tille. II y a de ces chauves-souris qui sont si grasses , que quatre suffisentpour remplir une bouteille de pinte de leurgraisse ; on se sert de cette graisse préféra-blement au beurre & au sain-doux pour faireâ manger : elle est très-bonne & très-faine.Les rivières de ce pays sont peu poissonneu-ses , on y trouve seulement de Tanguilíe ,un peu de carpe & une espece de petiteécrevisse qu’on nomme chevrette ; mais enrécompense la mer supplée à ce aéíaut e»