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Tome dix-neuvième.
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an née : mais Pindare qui, sur cette matiè-re , est plus croyable que Pline & Solin ,marque expressément qu’onlesdonnoit tousles trois ans.Nous ignorons dans quel tempsde Tannée , & nous conjecturons seulementque c’étoiten automne,sur ce qu Hesychius& Suidas disent qu’on les célébroit dans lasaison où les maladies règnent davantage.

On y dìsputoit comme aux jeux olympi-ques les prix de la lutte , de la course , dusaut, du disque & du javelot. II paroît par.un paííâge de Plutarque , & par un autrede Tempereur Julien , que les combats demusique & de poésie y furent encore ad-mis.

Le concours de peuple étoit si grand à cesjeux qu’il n’y avoir que les principaux mem-bres des villes de la Grece , qui puissent yêtre placés. Quoiqu’Athenes y tînt le pre-mier tang, elle ne pouvoit occuper d’espacequ’autant que la voile du navire qu’elle en-voyoit à Tisthme , en pouvoit couvrir.

Les Eléens étoient les seuls de tous lesGrecs qui ne. se trouvoient point aux jeuxi/imiques , pour éviter les malheurs desimprécations que Molione, femme d’Actor,avoir faites contre tous ceux de TElide quieseroient jamais y affister.

Mais les Romains qui y furent reçus aprèsleurs victoires , élevèrent la magnificencede ces jeux au plus haut degré de splendeur.Alors outre les exercices ordinaires du pen-tathle , de la musique , & de la poésie , ony donnoit le spectacle de la chaste , dans la-quelle on faisoit paraître les animaux lesplus rares , qu’on y eonduisoit à grands fraisde toutes, les parties, du monde connu. En-fin , ce qui augmenta le lustre de ces jeux ,c’est qu’ils servirent d’époque aux Corin-thiens , & aux habitans de Tistthme,

Au milieu de cette pompe qui attiraitune si prodigieuse multitude de spectateurs& de combattans , quels prix , me direz-vous, quelle récompense recevoient donc lesvainqueurs ? Une simple courronne d’abordde feuille de pin , ensuite de persil, selonArchias & le scoliaste de Pindare ; mais se-lon la plus commune opinion & celle dePindare lui - même , d’ache seche de ma-rais , parce que cette herbe aquatique étoitconsacrée à Neptune , & que de plus ons’en íervoit dans les funérailles. Or les jeux

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iflmiques n’étoient dans leur institutionqu’une cérémonie funebre ; leur éclat seternit quand les Romains joignirent les plusriches présens à cette courronne d’hon-neur.

Cependant ces jeux furent toujours ré-putés si sacrés dans Tesprit des peuples ,qu’on n’ofa pas les discontinuer quandMummius eut pris Corinthe, 144 ans avantl’ere chrétienne. Le sénat de Rome se con-tenta d’óter aux Corinthiens le droit qu’ilsavoient d’en être les juges : mais dés queleur ville fut rétablie dans ses prérogatives ,ils r entrer en t dans leur ancienne possession,.

Ce fut peu de temps après cet événe-ment , & dans la célébration des jeux ifimi-ques , que les Romains portant au plus loinleur générosité , dirai-je mieux , leur sagepolitique , rendirent authentiquement laliberté à toute la Grece. Voici de quellemaniéré ce fait,à jamais mémorable,est rap-porté dans Tite-Live..

II étoit venu , dit-il, aux jeux de Tisthme,une multitude innombrable de peuples, soit:par Ja passion naturelle que les Grecs ontpour ce spectacle où Ton propose toutes for-tes de combats d’adresse , de force & d’agî-lité , soit à cauíè de ía situation du lieu qtiiest placé entre deux mers , ce qui faitqu’on peut aisément s’y rendre de toutes,parts.

Les Romains ayant pris leur place dansTastèmblée , le héraut, accompagné d’un.trompette selon la coutume , s’avance aumilieu de i’arène , & ayant fait faire silenceà son de trompe , prononce ces mots à hautevoix : " Le sénat , le peuple romain , & le„ général Titus Quintius Flaminius , après», avoir vaincu le roi de Macédoine , décla-

rent qu’à Tavenir les Corinthiens , les» Phocéens , les Locriens , file d’Eubée ,7) les Magnesiens, les Thessaliens , les Per-" rhe biens , les Achcens , les Phthiotes ,v & tous les peuples ci - devant soumis à Ja” domination de Phillippe , jouiront dès-’> 3 -présent de leur liberté , de. leurs immu-." nií'és , de leurs privilèges , & se gouvet-.u neront suivant leurs loix ».

Cette proclamation causa un ravistêmentde joie que toute la multitude d’hommes;qui se trouvoient présens , ne put contenir,íls doutent s’ils ont bien entendu ; pleins

d’étonnement '