2Z4 J U R
Grecs còncevoìent fous l’idée d’une déesse.Hésiode conte fort au long , tout ce quiregarde cette divinité redoutable.
Dii cujus jurare timen , & sallere niimen.
Elle étoit, dit-il , fille de l’Océan , &épousa le dieu Pallas. De ce mariage na-quirent un fils & trois filles , le Zele, laVictoire , la Force , & Ja Puissance. Tousquatre prirent les intérêts de Jupiter dansla guerre qu’il eut à soutenir contre les Ti-tans : le maître du monde pour marquer fareeonnoissance , ordonna qu à I’avenir tousles dieux jureraient par le Styx , & en mê-me temps il établit des peinés féveres con-tre quiconque d'entre les dieux oserait feparjurer. II devoir subir une pénitence deneuf années célestes , garder le lit la pre-mière année , c’est-à-dire demeurer tout cetemps-là fans voix & fans respiration ; êtreensuite chaste du ciel, exclu du conseil &du repas des dieux ; mener cette triste viependant huit ans & ne pouvoir reprendre faplace qu’à la dixieme année.
C’est par ces fictions qu'on tâchoit derappeller l'hom me à lui-même , & le con-tenir dans le devoir. Les sages difoient sim-plement que la déesse Fidélité étoit respec-table à Jupiter même. Voye\ Styx , FI-DÉLITÉ , Fidius , & Serment. (D. J.)
Jurement , ( Théologie. ) Dieu dé-fend le faux serment, & les sermens inuti-les ; mais il veut que quand la nécessité &l’importance de la matière demandent quel'on jure, on le fasse en son nom, & non pasau nom des dieux étrangers, ou au nom deschoses inanimées & terrestres , ou mêmepar le ciel & par les astres , ou par la vie dequelque homme que ce soit. Notre Sauveurqui étoit venu , non pour détruire la loi,mais pour la perfectionner , défend aussi lesjuremens ; &. les premiers chrétiens obler-voient cela à la lettre , comme on le voiedans Tertullien , dans Eufebe , dans saintChrifostome , dans saint Basile , dans saintJérôme , &c. Mais ni J. C. ni les apôtres ,ni les peres, n’pnt pas universellement con-damné le jurement , ni même les sermenspour toutes occasions & pour toutes fortesde sujets. II est des circonstances où l’on nepeut moralement s’en dispenser ; mais il nefaut jamais jurer fans une três-grande nçces-
J U R
site ou utilité. Nous devons vivre avec tantde bonne foi & de droiture , que notre pa-role vaille un serment, & ne jurer jamaisque selon la justice & la vérité. Voye\ saintAugustin , ép. z §y, n. 40 , & les commen-tateurs fur saint Matthieu , v. 33. 34. Cal-mes , Dictionnaire de la Bille,
Jurement , ( Jurispmd. ) fe prendquelquefois pour serment ou affirmation quel’on fait d’une chose en justice, Voye\ AF-FIRMATION & Serment.
Mais le terme àe jurement, fe prend plussouvent pour certains termes d’emporte-ment & d’exécration que l’on prononcedans la colere & dans les passons. S. Louisfit des réglemens féveres contre les jure-mens & les blasphémés ; les ordonnancespostérieures ont auss établi des peines con-tre ceux qui profèrent des juremens en vain.D article &6 de l’ordonnance de Moulinsdéfend tous blasphèmes & juremens du nomde Dieu , fous peine d’amende & même depunition corporelle , s’il y échet. Voye\Blasphème. ( A )
J URE N SIS PAGUS , (Géogr. dumoyen âge. ) le defert de Jura ou terre desaint Claude.
Le mont Jura qui , selon César , étoitentre les Sequani & les Helvetii , que Stra-bon appelle Jurajsus , & Ptolomée Jora ,& Jonas dans la vie de S. Colombarre ,Ju^ranus , a donné le nom à ce pagus. Grégoirede Tours rapporte que Romain & Lupicin,fieras bugistes , établirent leur monastère ,in Jorenfis desertisecretis : ce lieu s’appel-loit Condate ou Condatìxone depuis saintOyan , du nom du quatrième abbé, Eugen -dius ou Augendus , & enfin A. Claude , dunom du douzième abbé , mort à la fin duVII e siecle. La montagne a auss pris le nomde Mont-Saint-Clande.
Cette célébré abbaye érigée en évêché en1742 , est désignée dans les anciens titresfous le nom à'Ecclefta Jurenfis.
Ce pagus s’ctendoit depuis la Serriere-fous-Jougne à Echalon en Bugey , & étoitborné par la Serine , le lac des Rousses &Orbe.
On lit dans la vie de S. Colombarre ,écrite par Jonas , que Ramelene , duc de lahaute Bourgogne, fonda au commencementdu vii e siecle un monastère dans le mont