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Tome dix-neuvième.
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L’église a présentement deux sortes dejarisdiclions qui font regardées l’une & l’au-tre comme ecclésiastiques ; l’une qui lui estpropre & eflentielle, l’autre qui est de droithumain & positif.

La jurifdiclion qui est propre & essen-tielle à l’église , est toute spirituelle ; elletire son origine du pouvoir que J. C. a lais-sé à son église de faire exécuter les lois qu’ilavoit prescrites , d’en établir de nouvellesquand elle le jugeroit nécessaire , & depunir ceux qui enfreindroient ces loix.

Cette puissance & jurifdiclion qui appar-tient à P église de droit divin , ne s’exerceque fur le spirituel ; elle ne consiste que dansle pouvoir d’enseigner tout ce que J. C. aordonné de croire ou de pratiquer ; d'inter-préter sa doctrine ; de réprimer ceux quivoudroient enseigner quelque chose de con-traire; d’assembler les fideles pour la prièreêt 1 instruction ; de leur donner des pasteursde differens ordres pour les conduire , & dedéposer ces pasteurs s’ils se rendent indi-gnes de leur ministère.

J. C. a encore dit à fes apôtres : « rece-» vez le Saint-Esprit ; ceux dont vous re-« mettrez les péchés , ils leur seront}> remis , & ceux dont vous les re -» tiendrez , ils leur seront retenus ». IIleur a dit encore, " si votre frété a péché

contre vous , reprenez-le seul à seul ,» s’il ne vous écoute pas, appeliez un ou33 deux témoins ; s’il ne les écoute pas , di-33 tes-le à l’église ; s’il n’écoute pas l’é-33 glise, qu’il vous soit comme un payen33 & un publicain. Tout ce que vous aurez33 lié fur la terre fera lié dans le ciel, &33 tout ce que vous aurez délié fur la terre

ssra délié dans le ciel 33 . L’églsse a doncreçu de J. q j e pouvoir de juger les pe-cheurs , de distinguer ceux qui doivent etreabíous, de ceux qui ne font pas en étatde recevoir P absolution , & de retrancherde l’église les pécheurs’rebelles & incor-rigibles.

Enfin l’église a pareillement le pouvoird’assembler le clergé d’une ou de plusieurséglises pour ordonner conjointement cequi est nécessaire par rapport au spiri -

La jurifdiclion ds 1 eglise etoit dans son

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origine bornée à ces seuls objets , & pourcontraindre les réfractaires d’exécuter feslois & ses jugemens, elle n’avoit d'autresarmes que les peines spirituelles.

Mais on lui a attribué peu à peu une au-tre espece de jurifdiclion qui est de droithumain & positif ; on l’a aussi comprisesous le terme de jurifdiclion ecclésiastique ,soit parce qu’elîe a été attribuée à l’église ,soit parce qu’elles’exerce principalement furdes matières ecclésiastiques;elle a néanmoinsetc 3 ,ufli etendue a. des matières purementtemporelles, lorsqu’elles intéressent des ec-clésiastiques , ainsi qu’on l’expliquera dans lafuite.

Cette partie de la jurifdiclion eccle'fiaf-tique y qui est de droit humain & positif, luia été attribuée à l’occasion de la puissancespirituelle.

L’église ayant droit de retrancher de sonsein ceux qui ne rendoient pas justice àleurs stères , les apôtres défendoient auxchrétiens de plaider devant les magistratsinfidèles, & leur ordonnoient de prendredes arbitres d’entr’eux-mêmes.

Les jugemens que rendoient ces arbitresn’étoient que des jugemens de charité dontpersonne ne pouvoir se plaindre , parcequ’ils n’étoient exécutés que par la soumis-sion du condamné.

On trouve qu’encóre du temps de saintCyprien,l’évêque avec son clergé jugeoientde tous les différends des fideles avec tantd’équité, que les assemblées de l’église étantdevenues plus difficiles dans la fuite à causedes persécutions , c’étoit ordinairementl’évéque seul qui prononçoit , & l’on s’ysoumettoit presque toujours.

On étoit si content de ces jugemens , quelors même que les princes & les magistratsfurent devenus chrétiens , & qiie l’on n’eutplus les mêmes raisons pour éviter leurstribunaux ; plusieurs continuèrent à se sou-mettre par préférence à I’arbitrage des évê-ques.

, ^ donc alors la connoissance

des différends concernant la religion, Par-ias 6 des causes qui lui étoient déféréesvolontairement, &. la censure & correc-tion des mœurs que Tertullien appelle ex-hortations y castigations, & censura divina\mais elle n’avoit pas cet exercice parfait de