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Êeaucoup d’huile epaiííe & fétide, qui lesrend stupéfiantes ; car le sel neutre lixivielqu’on tire de leurs cendres, n’a point derapport à cet effet.
Leurs graines ont une saveur un peu vis-queuse , & une odeur narcotique , désagréa-ble. Elles contiennent une huile, soit sub-tile , soit grossière, puante , narcotique ,susceptible de beaucoup de raréfaction, &jointe avec un sel ammoniacal.
Les qualités vénéneuses , stupéfiantes &turbulentes de la jusquiame , fi connues desmodernes , avoient été jadis observées parGalien par Scribonms Largus, & par JJioi-coride \ mais les observations des médecinsde notre siecle,sont encore plus détaillées &plus décisives pour nous. On en trouverades exemples intéressans dans f excellenttraité de Wepfer, de cicutâ aquaticd j dansles éphémérides des curieux de la nature ,anno 4 Sc $. Decur. r. observ. tzcf.De-cur. 3. ann. 7. & §- pag. 1 o 6 ; & anno q.& to. p. 78. in Appendic. Enfin , dansì’hist. de l’acad. des Sciences , année 1709 ,page 30, année 1737 , page 72 & ailleurs.Voye\ aussi JUSQUIAME. mat. me'dic. (D./•)
Jusquiame noire ou Hannebane€? Jusquiame blanche , ( mat. me'd. )chez plusieurs médecins de réputation , telsque Craton , Heurnius , ces deux plantesfont censées les mêmes quant à leurs effetsmédicinaux. Platerus & quelques autres ontvanté la graine de jusquiame prise intérieu-rement comme un remede très-efficace con-tre le crachement de sang ; mais il est prou-vé par trop d’observations que la jusquiameest un poison dangereux & actif, & qu’onne Peut fans témérité la donner intérieure-ment ; son usage extérieur n’est pas mêmec^mpr de danger.
outes i es p art j es (j e cette plante fontan j*f re ? ? s ' fi"r qu’on les prenne en subs-f ,°i r f?' U ° n en âvale la décoction , ou
*l u s 0 . n I fíim /a Gn * avem ent, soit qu’on enrespire la fumee, ou mémel’odeur Le poi-son de la jusquiame por^ particulièrementà la tete , altéré les fbn&ons del’ame d’unefaçon fort singulière, u jette dans une efpe-ce d’ivresse ou de manie furieuse.
Wepfer rapporte dans son traité de cìcu -tu aquaticd 3 une observation fort remar-
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quable sur les effets de racines de jusquiamequ’on servit par mégarde en salade à unecommunauté nombreuse de bénédictins. Cesreligieux furent pour la plupart attaquéspendant la nuit qui suivit ce repas , de di-vers genres de délire , de vertige & de ma-nie. Ceux qui furent le moins malheureux ,en furent quittes pour des fantaisies & desactions ridicules. On trouve dans divers ob-servateurs un grand nombre défaits quicon-courent a établir la qualité vénéneuse abso-ue de la jusquiame , & s on action particu-lière fur les fonctions de l’ame. Simon Scult-zius, ephem. nat. cur. ann. 4. £? 3. decad.j. observ. z 24, raconte que quatre jeunesécoliers & leurs cuisiniers \ ayant mangé parmégarde des racines de jusquiame & depanais bouillies avec du boeuf, avoient eul’esprit fort troublé ; qu’ils étoient devenuscomme furieux; que d’abord ils s’étoiencquerellés & ensuite battus avec tant d’achar-nement , que si on ne les eût séparés , ils seseroient peut-être tués ; qu’ils faisoient desgestes ridicules, & étoient remplis d’imagi-nations singulier es. Geoffroy , de qui nousvenons de copier cet extrait, a ramastë dansfa matière médicale, article HYoSCYA-MUS , une suffisante quantité de faits quîconfirment ce que nous avons déjà avancé jsavoir , que la décoction de jusquiame don-née en lavement, que sa fumée & ses exha-laisons , sur-tout Iorsqu’elles étoient resser-rées dans un lieu fermé, pouvoientproduireles funestes effets que nous venons de rappor-ter.
On prévient faction vénéneuse de la jus-quiame , comme celle des autres poisons ir-ritans , en procurant son évacuation par levomissement si l’on est appellé à temps j fai-sant avaler après à grandes doses, des bouil-lons gras, du lait, du beurre fondu , &c.insistant furies purgatifs doux & lubréfians ,& sollicitant enfin l’évacuation de la peaupar des diaphoniques légers. Voye\ Poi-SON.
La jusquiame entre, malgré ses mauvaisesqualités,dans plusieurs compositions pharma-ceutiques , la plupart destinées à l’usage ex-térieur ; mais heureusement en trop petitequantité pour qu’elle puisse les rendre dan-gereuses.
L'huile exprimée des semences de jus-t