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Tome dix-neuvième.
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tal y faisoit des sages & des braves. C’est-làque , par une morale purement naturelle ,on voyoit des hommes assujettis a la raison;cjui , par leur propre choix , se rangeoientsous une austere discipline , & qui soumet-tant les autres peuples à la force des armes,se soumettaient eux-mêmes à la vertu : unseul Lycurgue leur en traça le chemin , &les Spartiates y marchèrent fans s’égarerpendant sept au huit cens ans : aussi je dé-claré avec Procope, que je fuis tout lacédé-monìen. Lycurgue me tient lieu de touteschoses ; plus de Solon ni d’Athènes.

Lycurgue étoit de la race desHéraclides;l’on fait assez précisément le temps où ilfleuristbit, s’il est sûr , comme le prétendAristote , qu’une inscription gravée sur uneplanche de cuivre à Olympie, marquoitqu’ilavoit été contemporain d’Iphitus , & qu’ilavoit contribué à la surséance d’armes quis’observoit durant la fête des jeux olympi-ques. Les Lacédémoniens vivoient encorealors comme des peuples barbares : Lycur-gue entreprit de les policer , de les éclairerêt de leur donner un éclat durable.

Après le mort de son frere Polydecte, roide Lacédémone , il refusa la couronne quelui offroit la veuve, & qui s’engageoit de fefaire avorter de Pensant dont elle étoit gros-se , pourvu qu’il voulût l’cpouser. Pensantbien différemment de sa belle-sceur , il laconjura de conserver son enfant, qui futLéob otés ou Labotés ; & selon PlutarqueCharilaiis : il le prit fous fa tutelle , & luiremit la couronne quand il eut atteint Pagede majorité.

Mais dès le commencement de fa régenceil exécuta le projet qu’il avoit formé dechanger toute la face du gouvernement deLacédémone , dans la police, la guerre , lesfinances, la religion & l’éducation ; dans lapoffeíîìon des biens , dans les magistrats ,dans les particuliers , en un mot, dans lespersonnes des deux sexes, de tout âge & detoute condition. J’ébaucherai le plus soi-gneusement que je pourrai ces choses admi-rables en elles-mêmes & dans leurs suites ,& Remprunterai quelquefois des traits d’ou-vrages trop connus pour avoir besoin d’ennommer les auteurs.

Le premier foin de Lycurgue, & le plusimportant , fut d’établir un sénat de L 8

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membres, qui , joints aux deux rois, com-posoient un conseil de 30 personnes ; entreles mains desquels fut déposée la puissance dela mort & de la vie , de Pignominîe & de lagloire des citoyens. On nomma gérantes lesz8 sénateurs de Lacédémone ; & Platon ditqu’ils étoient les modérateurs du peuple &de l’autorité royale, tenantl’équilibre entreles uns & les autres , ainsi qu’entre les deuxrois, dont Pautorité étoit égale. VoyezGéronte.

Lycurgue , après avoir formé le sénatdes personnes les plus capables d’occuper ceposte , & les plus initiées dans la connois-sance de ses secrets, ordonna que les placesqui viendroient à vaquer fussent rempliesd’abord après la mort, & que pour cet effetle peuple éliroit, à la pluralité des suffrages,les plus gens de bien de ceux de Sparte quiauroient atteint 60 ans.

Plutarque vous détaillera la maniéré dontfe faisoit sélection. Je dirai feulement qu’oncouronnoit fur le champ le nouveau séna-teur d’un chapeau de sieurs, & qu’ils serendoient dans les temples , suivi d’unefoule de peuple, pour remercier les dieux.A son retour ses parens lui présentoient unecollation , en lui disant : la ville t honorede ce feflin. Ensoite il alloit souper dans lasalle des repas publics, dont nous parlerons,& on lui donnoit ce jour-là deux portions.Après le repas il en remettoit une à la pa-rente qu’il estimoit davantage, & lui disoit:je vous offre le prix de F honneur que jeviens de recevoir. Alors toutes les parentes& amies la reconduisoient chez elle au mi-lieu des acclamations , des voeux & des bé-nédictions.

Le peuple tenoitses assemblées générales& particulières dans un lieu nud , où il n’yavoit ni statues , ni tableaux , ni lambris ,pour que rien ne détournât son attentiondes sojets qu’il devoit traiter. Tous les habi-tans de la Laconie aíïistoient aux assembléesgénerales , & les seuls citoyens de Spartecomposoientles assemblées particulières. Ledroit de publier les assemblées Scffy pro-poser les matières , n’appartenois qu’auxrois & aux gérontes : les éphores 1 usurpè-rent ensuite.

On y délibérois de la paix» .“ e ' a guerre,des alliances, des grandes affaires de f état,

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